Archives de Tag: Tobu

Zen

 

 

 

« – Degage de la. Tu es trop pres de moi, tu pus ! « 

Le shochu on the rocks m’avait légèrement chauffé les oreilles, pourtant je n’en avais pas bu tant que ça. Juste ce qu’il faut en fait pour me transformer en superhero justicier, comme cela arrive parfois dans ces moments et a chaque fois dans le train.  Les affiches placardées ici et là, jusqu’à l’an dernier par la compagnie de chemin de fer, invitant son aimable clientèle à adopter les bonnes manières pour une meilleure vie en société, ne sont pas suivies par tous. Ici, la racaille du train de banlieue porte souvent le costume-cravatte. Apres une longue journée passée à caresser son patron dans le sens du poil et après quelques verres dans le pif, un fort besoin d’affirmer sa virilite se fait sentir chez certains qui alors se donnent en spectacle dans l’anonymat du transport collectif.

 

 » – Tu entends ce que je te dis ? Retourne toi et montre moi ta sale face d’abruti « 

L’homme à qui était adressé cette poésie ne prit pas la peine de se retourner et continuait a deviner à travers la fenetre le paysage qui défilait dans la nuit. C’était le dernier train pour Kawagoeshi et, bien que lundi, la rame était bondé et transportait son lot de salary-men alcoolisés mais bien entendu, pas autant qu’un vendredi soir. Alcoolisé, il devait l’être aussi sûrement ce quinquagénaire au costume rayé qui avait prit en grippe son voisin qui s’était adossé à la porte et qui visiblement devait faire de l’ombre à notre homme. Ils avaient très certainement à peu pres le même âge. 

 

 » – Allons mônsieur, c’est le dernier train, c’est normal que celui-ci soit bondé, non ? »

L’homme au costume rayé me fit un clin d’oeil complice me disant en substance « attends tu vas voir on va s’amuser un peu. » Et l’autre, de me regarder en levant les yeux d’un air tout aussi complice qui semblait quant à lui me dire ; « Oui, tu parles d’un abruti de première« . Ce dernier portait un costume sombre et discret tout ce qu’il y a de plus classique et était peut-être de ce fait, un petit employé de bureau sans grande responsabilité qui rentrait à son domicile après avoir offert à son entreprise quelques heures supplémentaires. C’est tout du moins ce que je m’imaginais en tant que simple spectateur.

 

 » – Allez descends, viens on descend tous les deux. »

« – Non, je ne descendrai pas du train, ce n’est pas encore ma station »

Il descendra pour laisser le passage aux voyageurs qui etaient quant à eux, arrivés à destination puis dû lutter pour retrouver sa place contre la porte du train et cette fenêtre qui lui permettait de regarder à nouveau défiler ces bâtiments d’habitations, ces routes encombrées illuminées de rouge et de blanc, ces quelques parcelles encore cultivées qui temoignent d’une ancienne activité maraîchère dans cette grande plaine du Kantô. Il dû lutter car repoussé a plusieurs reprises par son contemporain qui souhaitait vraiment avoir le dernier mot.

 

 » – En fait tu es un bon a rien, c’est ça, tu ne sais rien faire, tu n’es qu’un moins que rien ! 

 » – Oui voila, c’est ca, je suis un bon a rien »

 

 » – Et comment ca se fait que tu ne sais rien faire ? Hein ?! »

 » – Veuillez m’excuser …

 » – C’est donc vrai, tu ne sais rien faire alors ! »

« – Je suis desolé, excusez moi »

« – Allez tu … Descends je te dis »

 » – Non, excusez-moi, excusez-moi … Excusez-moi »

Oui j’étais plutôt surpris du comportement de notre homme au costume discret et ce, alors que son « compagnon de voyage » assena un violent coup de poing contre la porte métallique de la porte du train, élevant ainsi un peu plus haut le degré de provocation. En y réfléchissant bien et après analyse de la morphologie de nos deux protagonistes,  tout laisse à penser que notre petit salary-man aurait pu régler rapidement l’affaire en acceptant l’invitation, voire peut-être même en élevant à son tour la voix mais au lieu de cela, seules ces excuses répétées semblaient vouloir concluer l’entrevue.

 

 

 

 » – sumimasen « 


 

 

L’homme au costume rayé, fini par descendre, tout seul. C’était sa gare de destination. L’homme au costume discret me sourit.

 

 » – Je suis désolé, excusez … Il avait bu et était saoul »

 » – Non non, ne vous excusez pas … » 


 

L’homme au costume discret le superhéros de la soirée.

Publicités

12 Commentaires

Classé dans Densha de go !, les gens

Tokyoites -2-

Une rencontre furtive. Une banquette de train, une banquette de metro et les voyageurs qui y ont pris place pour un voyage a l’interieur de la Megalopole. Une petite plongee dans le vrai Japon de tous les jours en deux photos. Tokyoites.

japonais-banqebloui2.jpg

Alors, et cette revue pipole ? Elle est comment … ?

Eblouissante !

japonais-banqeblouissant.jpg 

Et cette manga elle est comment ?

E-blou-i-ssante !

Ah !?

1 commentaire

Classé dans Tokyoites

molletonné

hiver-zabut.jpg

Ce n’est bien evidemment pas, ce joli bleu que nous offre le ciel ces jours-ci, qui nous rappelera que l’on se dirige tout droit vers l’hiver et ses basses temperatures !

Mais plutot …

Comme chaque annee, la gare qui dessert mon domicile, couvre les fauteuils metalliques du quai de jolis coussins molletonne tres « japonisants ». C’est a ma connaissance la seule gare qui agit de la sorte dans la region. Quelle chance pour mon posterieur.

 

2 Commentaires

Classé dans Four Seasons

Foire au vin

 Lundi-market’express :

La compagnie de chemin de fer privee « Tobu« , fete ses 110 ans ! La chaine de distribution du meme nom, « Tobu » egalement, quant a elle, fete ses 45 ans.

pub-tobu1962.jpg

Pour cet anniversaire, les grands magasins « Tobu » proposent a la vente un « Romanee-Conti » de 1962 (il y a 45 ans) au prix fantastique de 3,200,000 yen soit environs 20 000 euros la bouteille de jaja ! Outre un affichage dans chaque gare du groupe, des centaines de milliers de prospectus ont ete distribues dans les boites aux lettres … Oui, oui, un peu a la facon d’un anniversaire Intermarche  !

Sinon, …

Sinon, … Je crois bien que j’ai deniche le distributeur de boissons le moins cher de tout le Japon !

conso-hanbaikidiscount.jpg

3 Commentaires

Classé dans Societe de consommation

Collection automne-hiver

Ci-dessous ; gare de Wakoshi, le 16 octobre 2007 en matinee. 

tobu-home2.jpg

Ci-dessous ; gare de Wakoshi, le 14 octobre 2007 en matinee

tobu-home.jpg

C’est que cela s’est rudement rafraichit, ma p’tite dame (mon p’tit monsieur) et d’un coup n’est-ce pas. Et oui, on a tous sortit la veste !

Cela permet neanmoins d’engager une petite conversation avec des voisins que l’on connait peu ou avec des collegues avec qui l’on ne travaille pas directement et avec qui on ne sait jamais quoi dire. Cela permet aussi, d’ecrire quelques mots qui accompagnent ces deux photos qui ne me deplaisent pas dans ce journal, presque quotidien, tout du moins qui essaie de l’etre.

Poster un commentaire

Classé dans Four Seasons, meteo, un instant-ané- s'il vous plaît

Sur le balast de la voie désafectée

 

 

 

trainji-tsufoule.jpg

 

cette epoque de l’année, il fait normalement une chaleur moite et étouffante, ce jour-là, il faisait un temps chaud mais un petit vent léger rafraichissait l’atmosphère. 

Les riverains ainsi que les « de passages », s’etaient agglutinés le long de la vieille barrière en béton, le regard rivé dans la même direction. Ils étaient encore nombreux massés de la sorte, bien que le spectacle était sur le point de se terminer. Les observateurs encore présent le long de la vieille barrière tout près de la sortie Est pouvaient alors renseigner les quelques badauds qui continuaient à affluer et qui, après un tour d’horizon rapide finissaient alors par demander à leurs contemporains ce qui pouvaient bien se passer là.

Je n’avais encore jamais vu autant de monde stationné ainsi près de la gare. Durant les grands rushes de la journée – comme celui du matin qui fait transiter des centaines d’employés se rendant à leur travail et inversement, celui du soir qui les ramène – la foule compacte se dirige à la même vitesse vers la même direction, dans le même but ! Là, elle était immobile et presque silencieuse. Il était pas loin de trois heures de l’après-midi.

Noriko me préviendra par mail. Elle avait emmené Lumika à Ikebukuro, au planetarium de Sunshine-Ikebukuro et, sur le chemin du retour son train s’était immobilisé en gare de Wakôshi. :

« Il y a eu un jinshin jiko, les trains sont arrêtés« .

 

En temps normal, j’aurais pu encore trainer un peu à la maison mais je préférai me dépêcher de rejoindre a mon tour la gare pour ne pas trop me mettre en retard. Je me disais que je préviendrai mon travail d’un éventuel retard, sous les haut-parleurs du quai qui diffusent continuellement les excuses d’usages lors de ce genre d’évennement. Cela étant bien entendu, le meilleur alibi qui puisse exister…

Avertissement : La suite du texte de ce billet ainsi que les 2 images associees, peuvent heurter.

Lire la suite

6 Commentaires

Classé dans Densha de go !

Drivers

♪ C’est moi le contrôleur, c’est toi le machiniste / C’est toi le gros, et moi le petit / C’est moi le contrôleur, c’est toi le machiniste / Et nous sommes de bons collègues …♪

train-leth.jpg

10 ans ? 15 ans ? … Ou peut-être même 20 ans que ce machiniste est aux commandes de trains omnibus, semi-express ou encore express de la ligne Tôbu Tôjô. Qui dessert une partie du département de Saitama à Tôkyô ( Ikebukuro ). « Tôjô » car initialement, cette ligne devait rallier Gunma-ken à Tôkyô. De TOkyo à JOshu. Elle ne sera jamais prolongée au-delà de Saitama. Une partie de cette ligne ne dessert que l’arrondissement tokyoite de Itabashi (Quais 3 et 4, ) une autre partie (opérée par les semi-express et les express, quais 1 et 2) permettent à des milliers d’employés de rejoindre leur lieu de travail depuis KawagoeOgawamachi ou encore Yorii.

Ce jour-là, il n’était pas seul dans sa cabine, un « petit chef » y avait pris place, qu’il déposera plus tard, à une gare intermédiaire. On remarque aisément les machinistes (ou les shashô situés à l’arrière) qui ont de la bouteille ; on le remarque à leur facon de pointer du doigt la signalisation ferroviaire, tels que, les feux ou encore les signaux lumineux précédant les passages à niveau, qui informe de la bonne fermeture de ceux-ci. Leurs gestes sont brefs et expédiés et semblent exprimés un « debarras », comme blasés de ces répétitions excessives qui ponctuent la voie jusqu’au  terminus. Il en est toujours tres différent chez les jeunes recrues qui effectuent ces gestes de sécurité avec convictions, précisions et … Fieretés !

Le machiniste ne semble pas se soucier du grade de son hôte dans sa cabine et fait à peine attention aux feux et aux signaux, le strict minimum. Son corps se balance exagérément, de gauche à droite sur son fauteuil en suivant les mouvements du train. Il se tourne régulièrement vers son « invité » et bavarde.  De temps en temps, on entendra son rire fort qui réussit à couvrir le bruit des rails ou du vent qui siffle dus à une mauvaise isolation du matériel qui accuse le poids de l’âge. Peut-être, le même age que nos acteurs du jour. Le contrôleur, quant à lui, ne rit pas, ne bavarde pas. Quelques brèves réponses à son collegues par-ci, par-là, le strict minimum ! Bien que visiblement à peu pres de la même génération, celui-ci s’applique dans l’exécution de ces gestes de sécurité en fixant sans relache la voie. Sa position hierarchique lui incombe certainement d’être irréprochable dans ce domaine.

Il finira par déposer son contrôleur à la gare intermédiaire. Il se retrouvera à nouveau seul dans sa cabine. Il n’aura plus personne pour l’écouter. Jusqu’à la cafet’ du terminus …

 traintobu-tsuruse.jpg traintobu-tsuruse2.jpg

 traintobu-kimono.jpg traintobu-ekichef.jpg

traintobu-worldsquare.jpg

5 Commentaires

Classé dans Densha de go !, les gens