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Du bois et de l’eau à Naguri

 » – Je viens d’appeler. Il faut que l’on aille jusqu’à Ikebukuro – 35mn – d’où l’on prendra la ligne Seibu Ikebukuro  jusqu’à Hanno, il y a une bonne quarantaine de minutes de trajet. De la gare de Hanno, il y a 50 mn de bus qui nous emenera à destination. L’arret de bus est à approximativement quarante minutes a pieds. « 

 

Nous avions à présent dépassé l’agglomération de Hanno ; dans l’autoradio, y passait un morceau chanté par une jeune femme, en allemand. Une mélodie plutôt suave, aux accents country qui collait parfaitement avec ce que nous pouvions voir par delà le pare-brise de la voiture. Une belle route assez large à l’enrobage lisse sinuant autour d’une petite chaine de montagnes densément boisées. Aussi, par moment et souvent après avoir franchi un petit tunnel, se présentait à nous, confortablement installées sur des plateaux, quelques maisons éparses et leurs jardins verdoyant. Si nous avions été en Europe nous aurions parlé de villages traversés, ici nous parlerons de quartiers excentrés de la ville de Hanno à l’extrème Est de Saitama. Il y avait tout de même du monde sur cette route ; peut-etre l’unique route desservant les environs. Alors, lorsque celle-ci devint un peu plus étroite, je redoublais d’attention au volant car ces riverains connaissant par coeur leur trajet quotidien au milieu des montagnes, roulent à allure plutot soutenue. Comme ces bus que nous croisâmes à deux ou trois reprises qui faisaient le voyage entre la gare Seibu de Hanno et ses différents quartiers, parfois perdus en hauteur et situés plutôt loin de toute agitation comme la où nous allions ce jour-là. Un de ces bus que nous aurions eu a prendre si nous n’avions pas opté finallement pour la voiture, juste après le coup de fil que Noriko avait passé avant le depart.

Mercredi 29 octobre, deuxième jour de congés. Un petit voyage d’une demi journée à Naguri. Jusqu’à ces montagnes que l’on devine parfois, par temps clair depuis les fenêtres des chambres de l’étage supérieur de la maison mais qui procure les sensations d’un lointain périple tant le contraste est saisissant.

La veille Noriko avait reçu un mail d’une connaissance qui évoquait cet endroit.  Elle y parlait de ces monts boisés, de ce bois qui ne demandait qu’a être exploité, qu’il y avait un réel potentiel économique s’inscrivant dans une démarche écologique.  

 

 » – J’aimerai bien que vous y fassiez un tour, tous les deux avec ton mari. Peut-être que ce lieu vous donnerait de l’inspiration. Mon patron voudrait travailler avec l’atelier de menuiserie artisanal qui surplomble le lac de Naguri. »

 

Je ne sais pas si son patron, s’était réveillé un beau matin avec l’envie d’oeuvrer pour la planète parce qu’il se sentait concerné ou s’il avait envie de flirter avec l’air du temps en lancant un business ecolo ; je ne sais d’ailleurs rien sur l’activité principale de cette société et bien entendu, rien sur le degré de relation qu’ils entretenaient avec la petite menuiserie. Tout ce que je savais, se résumait en une phrase : Une petite entreprise basée dans un des quartiers d’affaires de la capitale, cherchait à travailler avec une petite menuiserie perdue dans les montagnes de Saitama dont l’unique employée nous avait demandé de faire le voyage jusque-là afin d’y réflechir à ce qu’il serait possible de créer. Et voilà comment nous nous retrouvions sur le chemin de la menuiserie des montagnes de Saitama.

Durant le trajet, Noriko en avait profité pour me raconter une petite anecdote sur son amie. Celle-ci avait été à Disneyland avec son patron dans le but d’y étudier d’un peu plus près, le marketing maison qui était selon eux, un des meilleurs au monde. Parce que même avec une démarche écologique, il fallait savoir sans inspirer.

Enfin ! Après une côte au pourcentage élevé et ces courbes en pleine forêt, nous finîmes par arriver dans un lieu dégagé et très lumineux, le lac artificiel de Naguri se présentait à nous. Un petit lac hydro-electrique mais dont la petite taille me laisse supposer que celui-ci ne doit pas pouvoir alimenter en électricité un nombre élevé d’habitations à moins que cela ne soit surtout pour servir l’activité forestière de la région que cette pièce d’eau a été créée …   Un peu plus loin, surplombant le lac, se dressait un bâtiment en bois qui dépassait légèrement des cîmes d’arbres jeunes. Nous comprîmes tout de suite qu’il s’agissait là, de notre destination finale à la vue de ces quelques canoës en bois qui y étaient amarrés, en contre-bas sur le lac. L’atelier de menuiserie de Naguri, ayant pour activité principale, la fabrication de canoës d’inspiration canadienne et le plan d’eau d’ailleurs, servant également au club de canoës qui est animé par la menuiserie elle-meme. Pendant les beaux jours, on peut même se faire ballader sur le lac dans un grand canoë de 16 metres de long.

Nous garerons la voiture sur le petit parking adjacent, juste après avoir passer en revue, en roulant au pas, l’atelier situé sur le bord de la route et la réserve à bois qui lui faisait face. L’endroit était particulièrement calme tout comme les environs d’ailleurs. Aucune autre habitation et autre bâtiment n’avait été visible près de ce lac en chemin à part, celui de la petite usine hydro-électrique qui semblait ne pas fonctionner à ce moment là.

La porte était grande ouverte. Nous entrâmes à l’intérieur après avoir lancé un ; « bonjour » amical signalant notre présence. Nous resterons planter là quelques secondes attendant que quelqu’un surgisse nous accueillir, il n’en fut rien. Il y avait bien à l’entrée ce petit comptoir qui semblait faire office d’accueil mais personne n’y était assis derrière. Seul un gros chien y roupillait à côte du pôele à bois qui chauffait cette partie de l’atelier. Ce dernier ouvrit une paupière puis la referma presqu’aussitôt. Le clebs en avait strictement rien à foutre de notre visite et dans un sens, c’était tant mieux n’ayant jamais été fan de ces truffes froides qui te reniflent partout. Pendant que Noriko faisait une petite revue des prospectus touristiques du coin et avant de se décider à visiter la menuiserie seuls, j’observai cette grande photo sous cadre qui était accrochée au mur devant nous. Il s’agissait d’une photo remémorant la visite de l’empereur héritier qui avait fait le déplacement jusqu’ici. Il portait un costume déparaillé ; un pantalon en flanelle et une veste écossaise de couleur ocre. Ce qui donnait au personnage un petit côté britannique en campagne de chasse. Cette photo m’amusait beaucoup et c’est surtout le choix de cette tenue vestimentaire pour cette visite officielle au kitch profond qui m’amusait. On voyait également le maître de ces lieux, qui lui par contre portait un simple bleu de travail. Celui-ci semblait expliquer la fabrication des canoës au monarque qui avait l’air extrêmement attentif et concentré.   

L’endroit sentait le bois fraîchement coupé. Tout était en bois, le bâtiment, les canoës, les étageres, les bureaux ainsi que quelques objets-souvenirs qui était vendu sur place. Cela très certainement pour tous ceux qui n’ont pas un coffre suffisamment large pour repartir avec une embarcation d’inspiration canadienne. Ce qui nous permettait alors de penser qu’eux aussi avaient déjà réfléchit à diversifier leur activité. D’exposés, il y avait des bijoux fantaisies en bois, des porte-bouteilles décoratives, des dessous de plats, des planches à découper, des jouets anciens en bois, des cadres ; tout un bazar en fait, ce qui ne pouvait intéresser que le touriste de passage qui repartait avec son bibelot « I love Naguri » et qui finirerait par atterrir dans la vitrine du buffet de la cuisine du vieille tante. Rien de plus. 

M.Yamada finit par nous apparaitre, il était accompagné par un petit groupe d’éco-touristes venus apprendre les mystères de la forêt et son écosystème et puis, les canoës et leur fabrication bien sûr. Nous commencions à nous impatienter. Il y avait bien un ouvrier dans le fond de l’atelier avec qui on aurait pu entamer une discussion en attendant comme par exemple, sur l’histoire de ce lieu, sur les differents produits qui y sont fabriqués mais juste au moment ou nous le hélions, il mit en route une machine à bois qui émettait un bruit puissant l’empêchant ainsi de nous entendre, empêchant notre message de solitude de parvenir jusqu’à ses oreilles tout au fond de l’atelier. Il était occupé aux finitions d’une embarcation ; peut-être une commande importante.

Nous aurions du, en fait, prendre rendez-vous avec ce monsieur Yamada avant de venir, lui aussi était visiblement très occupé ce jour-là. C’est un petit bonhomme d’une cinquantaine d’années, aux cheveux gris légèrement bouclés et à la tete ronde. Il portait un bleu de travail comme sur la photo qui était accrochée au mur. Il se dirigea rapidement vers nous, profitant que son petit groupe ne s’était pas encore reuni dans sa totalité près de lui. Il nous accueilli avec un large sourire chaleureux. Noriko profita de ce très court instant pour se présenter à lui et sans entrer dans les details, lui présenta l’objet de notre visite ainsi que le nom de la jeune fille qui nous avait demandé de visiter ce lieu. En le regardant, je trouvais qu’il avait vraiment la tête de l’emploi. Je me disais aussi que si nous avions évolué dans un film de cinéma, M.Yamada aurait été sans aucun doute, l’acteur recherché pour jouer ce menuisier écolo qui fabrique des canoës en bois près d’un lac de montagne. Noriko lui dit, avec politesse, que nous repasserions le voir prochainnement pour bavarder avec lui, cela pour ne pas géner notre homme qui ne pouvait guère nous accorder de temps. Nous nous dirigeâmes alors vers les canoës exposés dans l’atelier et faisions mines de découvrir son travail pour la première fois. M.Yamada nous salua.

 » – A bientôt ! « 

 

 

Nous quittions l’atelier, seuls pour reprendre la voiture et nous décidâmes de faire le tour du lac en roulant lentement pour mieux observer ce coin de nature qui, bien que faconnée en partie par l’homme, semblait vivre en harmonie avec celui-ci. Nous y croisions quelques randonneurs et de l’autre côté de la rive nous aperçûmes M.Yamada et son petit groupe qui le suivait de près en partance pour une nouvelle visite extérieure.

Du bois, il y en avait et pas seulement dans la menuiserie. Avant de quitter Naguri, après avoir une nouvelle fois garer la voiture, nous pénétrâmes dans la dense foret, empruntant un petit sentier aménagé. 

Nous respirions l’air que nous trouvions pur, l’odeur de la mousse, des champignons et du bois. Nous écoutions les sons des oiseaux, des branches qui craquent sous les pieds, de cette cascade qui gronde au loin. Je me disais que c’était plutôt cette jeune fille qu’il nous fallait rencontrer à présent. Comprendre ce qu’ils ont vraiment derrière la tête …    

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Une journee au centre des permis de conduire

Voilà une bonne chose de faite ! Aujourd’hui, j’ai été renouveller mon permis de conduire !

Avant-propos : Lorsqu’un ressortissant Francais, Allemand ou Suisse souhaite conduire au japon, il lui suffit de se rendre a la Japan Automobile federation (JAF) afin de se faire remettre une traduction officielle de son permis de conduire. Document qui doit etre presente aux forces de l’ordre lors de controles eventuels. Ce document est valable une annee, la date prenant effet a partir de la date d’entree sur le territoire japonais.

 

Dans une poignée de jours, cela fera une année que je réside au Japon, je me suis donc décidé à tester l’efficacité du service publique japonais, en rendant une petite visite surprise au  » centre des permis de conduire du département de Saitama » (c’est la où je réside !). Avant de me déplacer, je m’étais bien évidemment renseigné sur les heures d’ouvertures des bureaux et sur les documents à fournir : L’accueil des ressortissants étrangers se fait, au centre de Saitama, à Konosu-shi en semaine entre … 10h et 11h30 !

Il est dix heures et quelques :

Ce sont des policiers qui accueillent ces étrangers, et vérifient les documents (passeport, carte de résident, document JAF, une photo d’identité, une attestation de … Je sais plus quoi (type « état-civil »). Ensuite, nous devons remplir un questionnaire et répondre, soit par « oui », soit par « non » … Avez-vous deja commis des infractions qui vous ont valu une sanction de retrait de permis ? Etes vous sujet a des sommenolances inopinées ? Avez vous déjà été blessé, vous empêchant ainsi de conduire ?  Bien entendu, j’ai répondu « non » à tout cela ! (en plus, c’est vrai !). L’inspecteur, me signale ensuite que mon dossier est complet. Super ! Donc, entre mon arrivée à ce centre des permis de konosu-shi et la constitution de mon dossier, 15 mn chrono ! Quelle efficacité !

Sauf que … M’sieur l’agent me signalera dans la foulee que je dois à présent me rendre au rez de chaussée afin de me procurer un timbre fiscal à 4000 et quelques yens, à la suite de cela je me présenterai, face au guichet « 1 », (toujours au rez de chaussée), à 13h precises ! Alors résumons : Il n’est que 10h30, je vais donc devoir poirauter dans ou aux alentours de ce centre administratif durant deux heures et demi. Génial ! Surtout qu’à proximité, pas le moindre débit de boissons n’est présent, comme cela aurait pu être le cas en France. Pas de « bar du centre » ou de « brasserie le balto, couscous tous les vendredis« . Non, rien ! Il est sur qu’en étant au Japon, je n’allais pas trouver ce genre de commerce, cependant, un coffee-shop ou même, oui même, un Mc Donald (c’est dire) aurait pu me satisfaire ! Après avoir marche une bonne demi-heure dans le coin et sous la pluie, je me résignai à chercher quoi que ce soit dans les environs pour revenir àla case départ. Il aurait été trop con que je me perde.

Je me suis donc présenté comme convenu à 13h, devant le guichet n.1. Afin de se faire une idée de l’ambiance générale, on pourrait non sans mal s’imaginer … Tiens, par exemple dans le hall d’enregistrement d’une aérogare d’un petit aéroport de province un jour de grand départ ! « Tinnng taannnng teeennnng … Monsieur machin , Monsieur machin … Vous etes attendu, guichet n.7 … Les passagers du vol Meikyo’air sont priés de se présenter porte 1… »  Bien … Ah ! 13h precises, les portes s’ouvrent et un agent d’accueil nous invite alors à pénétrer dans une grande salle située derrière ces guichets, … pour atterir devant un comptoir ou se trouvent des policiers en uniformes, qui tamponneront les timbres fiscaux présents sur nos dossiers complets.

Immediatement après cela, viendra ce fameux test de vue que je craignais tant. Je le craignais car je crois bien que j’ai pas une super vue. Au quotidien, cela ne me gène pas. Lorsque j’avais passé mon permis de conduire en France, j’avais très peur que l’examinateur me demande de lire des plaques d’immatriculations afin de tester ma vue … A ce propos, il ne m’a encore jamais été utile de pouvoir lire des plaques d’immatriculations sur la route. Je n’avais vraiment pas envie de me faire recaler de permis de conduire nippon, parce que ma vue ne pouvait pas détecter des points microscopiques dans une boîte lumineuse ! Moi qui ai roulé sur toutes les routes d’Europe, par tous les temps, sans jamais le moindre pépin … Euh … Dîtes, on sent le style de l’automobiliste français type là, non ?

A présent, dans cette grande salle où sont disposées ces fameuses machines « eyes tester », les quelques étrangers présents seront mélangés avec les Japonais venant renouveller leur permis. On reviendra sur ce point du renouvellement plus tard. L’agent de police m’invita donc a prendre place devant cette boite, il fit défiler quelques exemples :

« Voici des ronds coupés, a chaque fois vous me direz, s’il est coupé en haut, en bas, à gauche ou à droite » 

Facile me suis-je dit, ils étaient bien gros, aux contours bien nets ces ronds !

« C’est parti, premier rond … ? «  

Ce rond-ci, etant nettement plus petit, je ne vis pas ou il était coupé, je pensai alors, qu’il s »agissait d’un piège et dit fièrement : « au milieu » ! évidemment qu’il était coupé quelque-part et pensant certainement que j’avais quelques difficultés avec le vocabulaire japonais, il me rappela que hidari cela signifie à gauche, migi équivaut à, à droite, shita c’est en bas et enfin, pour en haut on dira ue … Ce cours express de japonais me permettra de me concentrer sur ce mini rond et d’habituer ma vue à ces petites choses que je voyais au travers de cette boîte ! J’ai ainsi, du correctement répondre à toutes les questions, comme l’énoncé de ses trois couleurs (bleu, orange et rouge) prouvant à mon interlocuteur en uniforme que si mon japonais n’était pas parfait, je n’étais pas daltonien.

« – C’est bon, vous allez a present au 3eme etage, salle n.6 ».

Je me suis abstenu de lui demander, si c’etait vraiment vrai que j’avais eu tout bon ?! ( « nan sans deconner? Vrai de vrai ? » )

Il est 13h30, nous voici réuni dans une grande salle avec des tables et des chaises. Avec des numéros sur les tables également. Nous sommes placés, un par table. Après l’ambiance « départ de vacances », ambiance « session d’examen » ! D’ailleurs, l’agent qui nous accueille ne porte pas l’uniforme et ressemble beaucoup a un prof. il recolte nos dossiers, et nous place en nous adressant un petit commentaire sympa … Oui, un peu a la maniere du prof qui cherche a detendre ses ouailles avant le grand examen ! Pendant cet accueil, nous avons eu la chance de visionner un petit film sur la securite, celui-ci tourne exactement comme les dramas que regardent les femmes japonaises l’apres-midi a la maison. C’etait l’histoire d’un lyceen qui, pour epater sa belle, roulait dangeureusement a bicyclette jusqu’au jour ou, il renversa une mamie toute courbee qui rentrait du supermarche en poussant son « cabas-chaise a roulette » (si vous voyez de quoi je parle ?) Bref, je m’attendais a un document expliquant les mefaits de l’alcool ou du portable au volant, sur les franchissements des passages a niveau si frequent au Japon … Non ! Rien de tout cela, aujourd’hui, c’etait « securite routiere a velo ». De toute maniere, la moitie de la salle piquait un roupillon, comme les japonais en ont le secret !

La salle se remplissait petit a petit, il y avait beaucoup de jeunes gens, venant renouveller leur permis apres leur periode probatoire. Il y avait aussi quelques « bad-ojisan » qui avait du faire quelques menus conneries au volant et a qui ont a du  retirer le permis quelques temps.

Nous venions, pour obtenir notre permis « vert », que l’on renouvellera au bout de 3 ans plus un mois apres notre date d’anniversaire. C’est l’agent qui nous a accueilli qui nous explique cela. Ensuite, nous aurons un permis « bleu » qui, lui, sera a renouveller apres cinq annees. Enfin, viendra le permis « gold » ! (bon, on en est pas encore la !)

A ce moment la, changement d’ambiance avec l’arrivee d’un nouvel agent. Ambiance … « Predicateur texan ». L’homme parlait tres fort, en faisant des grands gestes. Il nous distribua un formulaire, sur lequel, il ne fallait rien inscrire ! Il s’agissait en fait d’un fac-simile de la gueule qu’aura notre permis, nous etions cordialement invites a prendre connaissance des informations que ce dernier comportera : date de validite, son numero, l’adresse, l’emplacement de notre photo etc … Puis il nous fit un petit discours sur la securite routiere qui se limitera a : « En ce moment, c’est les vacances d’ete,  vous allez obtenir votre nouveau permis de conduire, vous allez certainement utiliser la voiture, faites pas les cons les jeunes ! »  (en gros, hein !) Puis, il nous montra de magnifques etuis a permis de conduire :  » Tout a l’heure, vous irez chercher un nouveau timbre fiscal, sachez que vous pourrez egalement acquerir pour une modique somme, un de ces etuis. Vous l’avez en plusieurs coloris, voici le « buraku » (noir en nippo-english), le « orenji », le « pinku », le « buru » (blue !) etc … » Il rangea ses echantillons et sortit un petit livre de son attache-case et nous dit, qu’avec l’achat d’un etui, etait offert un super guide routier de Saitama !

A present, nous descendimes tous, soit environs 150 personnes, au second etage afin d’acheter notre second timbre fiscal (1650 yen pour un permis auto n’autorisant pas la conduite de motocyclettes). Pour la petite histoire, je ne vis personne acquerir un de ces magnifiques etuis ! Nous devions remonter pour 14h40, avec un nouveau document, sur lequel etait colles ces timbres et sur lequel nous inscrivimes, notre nom et notre adresse.

Ce n’etait pas encore termine. Notre bon « prof », nous expliqua qu’a 15h10, nous descenderions cette fois-ci, nous faire tirer le portrait. Avant cela, il devait nous expliquer, que si nous portions des lunettes, il etait imperatif que nous les mettions pour la photographie. Je passe les petits details sans importance, a 15h10, nous sommes donc descendus, une nouvelle fois, tous ensemble pour nous presenter devant un mini studio de photographie ou l’on nous prit en photo. Celle-ci figurant sur le permis de conduire. Plusieurs postes etaient presents afin de prendre tout ce beau monde en un temps record. Puis, nous sommes remontes, une nouvelle fois, dans notre grande salle. Une nouvelle personne fit son entree : Une grande femme, d’une rare beaute ! Quelle chance d’avoir ete place au premier rang ! Il est bientot 16h20, nous passons un a un devant le bureau de notre « prof » a qui nous donnons notre dossier sur lequel figure les timbres fiscaux qu’il tamponnera avec energie (trois tampons par feuilles X 150 personnes … Ouh la !) il ne sourit plus, il, il tamponne  et dans le meme temps, la charnante femme nous remet notre permis qu’elle accompagne d’un « otsukare-sama deshita ».

Ca y est ? C’est termine ? Je peux rentrer chez moi ? Rendez-vous dans 3 ans, plus ! … un mois  apres notre date d’anniversaire pour le renouvellement du permis ! (si je suis encore dans ce pays, bien sur !). Resultat de ma decouverte de l’administration japonaise relative a la circulation routiere : j’aurais integralement consacre ma journee du 16 aout a transferer mon document m’autorisant a conduire au japon pour une duree d’un an, en un permis japonais. Soit, six heures et trentes minutes passees a l’interieur du centre des permis de conduire de Konosu-shi, departement de Saitama

J’etais venu en train, je repars par la ligne d’autobus qui assure une liaison directe avec Kawagoe (temps de parcours 70 mn) se trouvant non-loin de chez moi.

A l’interieur du bus, je me dis que j’ai bien fait de ne pas marcher trop aux alentours du centre sous la pluie, en decouvrant le paysage … Je me dis que j’aurais du visiter le centre des permis plutot que de partir comme un ane dans le vosinage, puisque c’est en sortant, que je remarquai l’existence d’un grand restaurant a l’interieur meme ! 

Ce soir, c’est onsen, et au lit ! Je suis claque !

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