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Capsule et sauna

Il finira bien par me donner mal à la tête celui-ci, à force de répéter continuellement au micro qu’il s’agit du dernier train pour Narimasu – omnibus qui plus est – le conducteur de queue de la rame. Narimasu, dernière gare Tokyoite de la ligne Tôjô avant Saitama. Peut-être presque 20 kilometres avant mon arrêt habituel. Comment avais-je pu oublier que le week-end, les trains se couchent plus tôt ! J’étais donc parti pour passer une nouvelle nuit dans un de ces mangakissa qui, à cette heure-ci, accueille une clientèle constituée majoritairement de gens qui tout comme moi, ont laissé filer leur dernier train. Ceci dit, cela ne colle t-il pas parfaitement avec l’actualité de mon journal ? J’en parlais déjà, il y a deux jours de ces lieux. Comme cela est bien fait. Mais je m’en serais bien passé.

Cependant, à l’approche du terminus, j’aperçus et ce pour la première fois, alors que je passe très souvent par cette gare, une enseigne-néons bleue située sur un batiment moderne qui allait finallement changer mes plans pour la nuit : « Capsule et sauna« .

 

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« Capsule et sauna » ! Apres tout, je n’avais encore jamais testé cette formule d’hotellerie. C’était l’occasion et je dois dire que cela m’a bien amusé en fait. J’allais donc passé la nuit dans un hôtel-capsule.

3500 yen la nuit dans une des capsules, moitié moins cher qu’une chambre classique du 2ème étage (6800 yen). J’aurais bien aussi pu dormir dans cette grande salle du 3ème étage ou une vingtaine de lits se cotoyaient (1575 yen) mais je tenais à mon espace … en polypropylène. La réception, que l’on accède directement par un ascenceur, car située au 4ème étage, ainsi que les vestiaires et enfin le sentô ou je me prélasserai rapidement. Je finis par rejoindre, en yukata de l’hotel,  le 1er étage ou m’attendait mon « lieu » pour la nuit. 

Il y a quelques va-et-vients dans les couloirs de l’établissement. Personne ne porte attention à mon étrangeté, personne ne me regarde dans les yeux comme cela l’aurait été dans un hotel classique. Je me joindrais dans le mini-salon-bibliothèque réservé aux « clients capsules », à un homme d’a peu près le même âge que moi. Il lit avec passion, un des tomes d’une manga qu’il a du certainnement lire à plusieurs reprises. Il y a un aussi un distributeur de bières et de nihon-shu à proximité. Ce soir ça suffit, c’est bien à cause de cette soirée alcoolisée que je me retrouvais ici. Je m’allumai une cigarette avec un café en cannette et après ce sera au lit. Sur l’étagère il y avait « battle Royal » en manga, que je remarquai alors que je feuilletais rapidement le Playboy du mois.  

Dans ma cabine, un peu par automatisme, je passai en revue les programmes de la nuit des chaines de TV, mais le petit haut-parleur situé a hauteur d’oreille ne me permet pas de capter grand-chose de ce qui s’y dit. Un peu par curiosité, j’insérerai également 100 yen dans le boitier qui me permettra de visionner dix minutes des programmes de Yellow Cherry TV. Ce coup-ci, je trouvais que le son diffusé par le petit haut parleur était trop fort, tout comme celui que fit la piece en tombant dans ce boitier métallique, je ne rajouterai pas d’autre pièce. A gauche, en bas, peut être à droite aussi, ça ronflait mais l’heure tardive me permit néanmoins de trouver le sommeil.

C’est peut-être cette promiscuité qui me procura les sensations d’un voyage lointain. Un voyage que je mis fin, assez tôt le matin en attrapant un train qui me ramènera enfin chez moi, depuis la gare voisine d’à peine deux minutes de marche.

 

 

 

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