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Absences

Et une fois de plus, nous etions partis bien trop tot, beaucoup trop tot. Il faisait encore nuit, lorsque nous avions pris la direction de Narita et son aeroport international, il n’etait meme pas cinq heures le matin.

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Apres, presqu’une semaine de conges passees aupres des miens, vendredi, il avait ete temps de  les accompagner « jusqu’a l’avion ». Mes deux nenettes m’abandonnant ainsi pour trois semaines, pour Paris. Il etait temps de se serrer dans les bras et de se dire  » a dans trois semaines ». Elles vont me manquer !

Nous avons donc repris la voiture, Teruko et moi, apres les avoir regarde, Noriko et Lumika, s’eloignant vers le controle de securite avant l’embarquement.. Nous n’avons pas beaucoup parle sur le chemin du retour. Qu’aurions-nous pu nous dire sur la route du retour et sa traversee de Tokyo du haut de ces autoroutes aeriennes, sous ce ciel bas, crachant sur le pare-brise, une pluie fine et silencieuse. Kameidoryogoku, Ginza, Otemachi, Kasumigaseki, Gokokuji, Kita-Ikebukuro, 12 km de bouchons qu’ils annoncent a la radio, par chance, cela ne nous concerne pas, il s’agit de la voie circulant dans le sens inverse. Il n’empeche, on roule au pas.

« – C’est la plus ancienne autoroute construite a Tokyo, c’etait pour les jeux olympiques de 1964 »

Me dira Teruko, brisant ainsi, un long silence qui etait peut-etre pesant. Deux fois-deux voies qui se faufilent aux milieu des batiments, les encerclant parfois et enjambant des fleuves. Je remarque que tout semble etre au meme niveau ce jour-la. L’autoroute, le toit des batiments et ce ciel bas dont la couleur, un blanc-gris, donnera a l’ensemble une atmosphere allant a merveille avec la melancolie du jour. Je voyage dans un Tokyo en 2D !

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On finira par retrouver notre quartier dans la prefecture de Saitama, retrouver la maison froide et sans vie. Nous ne sommes pas en ville, malgre ces constructions qui s’etendent depuis Tokyo. Nous ne sommes pas en campagne pour autant, bien que ces champs voisins pourraient me faire penser le contraire. La chant des oiseaux egalement.

Presqu’une semaine de conges, sans rien faire de special, si ce n’est, passer du temps avec les siens avant ce long moment d’absence. Ainsi, nous avons eu la visite de « Ji-chan », l’arriere grand-pere de Lumika qui avait fait le deplacement en Shinkansen depuis Miyagi, au-dela de Sendai, pour voir la petite avant ses grandes vacances de printemps. Pour lui donner avec fierte, quelques billets de 10 000 yen aussi. Ce fut le moment de le taquiner un peu apres le repas, pendant qu’il realisait une grue en papier pour la petite.

« – Dans dix ans, tu feteras tes 100 ans Oji-chan, combien vous donnent-ils pour l’occasion par chez vous ? »

Je fus surpris, d’apprendre, apres la question soulevee par Teruko, que les collectivites locales, offraient aux personnes passant le cap des cent ans, une prime speciale. Toujours rien ou si peu pour les naissances alors que la question de la baisse de la natalite est un veritable probleme dans ce pays.  

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« -SA-YO-NA-RA et n’oublie pas de bien t’entrainer au saut a la corde en France »

Hurleront en choeur, les camarades de classes de Lumika apres le petit discours declare par l’un d’entre eux. La veille du depart, Noriko et moi, etions passes a l’ecole remercier Madame Misawa pour l’annee passee et recuperer ses dessins egalement. En avril prochain, elle sera en deuxieme section et elle aura une nouvelle maitresse.

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Le lendemain, il faisait a nouveau tres beau dans mon quartier qui n’est ni la ville, ni la campagne. Elles sont bien arrivees a Paris, le voyage s’est tres bien passe.  

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Po-chan, Sciences de la vie

 

 

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Nous avons eu Po-chan à la maison ce week-end ! Po-chan, c’est un des deux hamsters de la classe. Parce que outre, les mathématiques, l’écriture et la lecture, le sport, les travaux manuels et la musique, il y a aussi, les « sciences de la vie » en première année d’école primaire. Où l’on y apprend à reconnaitre quelques fleurs, ou l’on ira récolter des patates douces dans les champs voisins ou bien encore par exemple, où l’on découvrira avec quels jeux les enfants d’autrefois jouaient. Po-chan, fait donc aussi partie de cette matière et passe ses week-ends chez les enfants de la classe de Mme Misawa. Ainsi, il n’est pas difficile d’imaginer que Po-chan, aura maintes fois, regardé la télévision, déjeuné avec des poupées en plastiques, voyagé dans des autos télécommandées, mangé des gâteaux à la fraise, et que sais-je encore !

Ce week-end dernier, c’était à notre tour d’accueillir le hamster vedette de la classe et bien je sais a présent, qu’un hamster, ça adore le kotatsu.

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Coefficient 4

« – Ne serait-il pas préférable que vous ne différiez votre voyage en France d’une dizaine de jours ? » 


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Deux-trois jours durant, c’est la tête baissée, la démarche lente et les yeux mouillés qu’elle rentrait de l’école. J’avais fini par comprendre que la raison de cet état avait pour nom Nawatobi, le saut à la corde. J’avais un peu rit avant de lui dire qu’il y avait dans la vie, des choses bien plus importante que de savoir sauter à la corde. Lumika ne semblait pas convaincue par mon discours, j’essayais alors d’en savoir un peu plus en commencant par me renseigner sur l’attitude de ses camarades. Ceux-ci se moquaient-ils d’elle ? Non, au contraire, apparemment, ils l’encourageaient tous à reussir des aya-tobi, des oshiro-tobi, des kenken-tobi, des oshiro-aya-tobi ou encore des buiji-dome

Quelques jours plus tard, Noriko me dit qu’elle rencontra Madame Misawa, la maîtresse de Lumika au sujet de Nawatobi. Lumika était la derniere de sa classe « en saut à la corde » mais aussi en Koma-mawashi, le lancer de toupie. Elle ajouta dans la foulée que, comme elle commençait à faire quelques progrès visibles, il était ainsi peut-être préférable de différer de quelques jours ce voyage en France qu’elles doivent faire toutes les deux, quelques temps avant la fin de l’année scolaire (en mars).

« – Tu étais fort toi, en Nawatobi à l’école ? »

Je compris donc, en discutant avec Noriko que ce qui était, à l’epoque où j’étais un tout jeune marmot, « un sport de récré » était sous ces latitudes, une veritable matière scolaire de cours primaire ! Alors, le soir même de notre discussion, je filais au 100 yen shop du coin afin d’équiper toute la famille en cordes à sauter et en toupies et dès le lendemain matin, juste apres le petit-dejeuner nous nous entrainions pour l’examen final. Le papa du petit Haru-kun se joindra à nous. Lui il était sacrement balèze en koma-mawashi.

Lumika reussit de justesse son examen et pourra donc partir à moindres frais pour Paris dans quelques semaines, avant que les prix eux aussi ne s’envolent.

 Plus! Dans la meme « collection » :

Rentree des classes, les 2 jours J (avril 07) – ; – Sauterelles squatteuses (juillet 07) – Histoires naturelles (juillet 07) – ; – Des p’tits ronds avec Madame Misawa (septembre 07)

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Des p’tits ronds avec Madame Misawa

 Des p’tits ronds avec Madame Misawa : (<♪ lien sonore mort peut-etre retabli sur demande)

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C’est parce que ce jour là, je commencais le travail à 15h, que je pus me rendre au jour « classe ouverte » de l’école de la petite et ainsi assister à son cours de peinture avec la dynamique Madame Misawa, sa maîtresse. Les jours de « gribouillage » c’est simple, on vire tout, les tables et les chaises, les « landosel », … enfin tout quoi ! Par contre, faire des ronds des p’tits, des gros, des jaunes, des bleus, des rouges_et des verts ; ce n’est pas pour développer son esprit creatif hein Sensei ?! C’est pour habituer l’enfant à la calligraphie, à tracer des traits le bras levé ? Dîtes, enlevez moi d’un doute, il y a une idée pédagogique la dessous, hein ? ! … J’espère.

 » – Allez, on va a present, faire un rond beaucoup plus gros … comme ca …. OOoh ooooooh ooooh oooh …! »

PLUS!  Sur le meme theme :

Rentree des classes, les 2 jours JSauterelles squatteuses

Sotsuenjiki, la quille (dernier jour de maternelle ou, « youchi-en »)

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Histoires naturelles

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Il devait être entre minuit et demi et une heure le matin, je rentrais tout juste du travail. Comme chaque soir, après m’être déchaussé à l’entrée de la maison et après y avoir posé mon sac, je tatonne le mur de la cuisine à la recherche de l’interrupteur. Le lieu est à présent éclairé par deux tubes néons, s’en suit alors, un rapide tour d’horizon de ce qui m’attend sur la table. Salade de chou, mini-tomates et viande froide le tout généreusement arrosé de mayonnaise ; maki-zushi aux oeufs de saumon, au thon gras et au concombre … Voila donc ce qui composait mon en-cas nocturne du jour. Une Sapporo Draft One, en sus. Des petites choses simples mais qui ont le don de vous mettre de très bonne humeur.

Ce qui m’amène à penser à la mère de cette amie chez qui, il nous est arrivés a deux ou trois reprises de rendre visite du côté de Cahors. Elle nous sortait toujours la même phrase en meme temps qu’elle sortait pour le dessert, ce petit chèvre frais célèbre dans la région, que l’on appelle le Cabecou avec un vin de pays « pas piqué des hannetons« , elle s’exclamait toujours : « Alors, elle est pas belle la vie » ?!

Ce soir-là, avant de prendre connaissance du menu de la soirée posé sur la table et surtout avant de m’attabler, je dus me livrer à une enquète express sur deux choses inhabituelles qui s’étaient intercalées dans mon rituel quotidien. La première est survenue très rapidement pendant la recherche de l’interrupteur. Alors que j’avançai doucement dans le noir en tatonnant le mur, mon pied heurta un objet de forme rectangulaire et qui selon le son emit qui suivit la rencontre avec mon pieds, devait vraissemblablement être en polystyrène. Ainsi donc, avant d’analyser mon repas, j’eus à identifier cet objet qui ne l’était pas encore :  Il s’agissait bien d’une caisse en polystyrène qui était posée à même le sol aux pieds de la table de la cuisine. Il y avait à l’intérieur, deux petites plantes vertes, et, après une analyse plus poussée, bien que succinte, … Malgré l’heure tardive, je m’écriai :


 
 » – Mais, Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Qu’est-ce que c’est que ce machin vert qui me regarde avec ces deux petits points noirs … Une chenille ?? Puis deux, ah non … ce sont trois chenilles de couleur verte plantes-vertes … Un mini-élevage de chenilles dans la cuisine ! »

Il était trè facile de savoir qui était à l’origine de tout cela. Je repensai alors aux sauterelles de Mme Misawa et de l’attraction qu’il y eu à la maison avec ces invites ! Ma fille élevait des chenilles a la maison !

 

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La deuxième chose, quant à elle, survenue immédiatement après que la cuisine s’éclaira grace aux tubes néons. En effet, « une petite chose » se mit à sauter jusqu’aux tatami du salon qui jouxte la cuisine et alla se réfugier sous la table basse. C’était un petit Kamado-Uma. Je crois bien que j’avais oublié leurs venues régulières dans cette maison que nous occupons. Eux, ils s’invitent toujours par eux-mêmes !

Ce soir-là, je n’étais donc pas seul au rez-de-chaussée de la maison, outre « l’engin sauteur » qui s’en donnait à coeur joie sur les tatami, il y avait mes voisines qui devaient être également à table. Accrochées aux branches des plantes vertes de la caisse en polystyrène,  je pouvais entendre à intervals réguliers, le bruit de leurs petites crottes qui finissaient leurs courses sur le fond de la caisse en polystyrène, qu’elles lachaient du haut de leurs branches, …

La famille s’agrandira dès le lendemain matin avec trois specimens de « Kabuto Mushi » que nous apportera la petite voisine accompagnée de sa maman avec en cadeau bonus, une sorte de gelée vitaminée aux fruits, pour des insectes en pleines formes ! …

Merci, c’est trop sympa, fallait pas ! Elle les a eu par un camarade d’école qui, selon la maman de la petite voisine, en possèderait chez lui, une bonne centaine … Doux Jesus !  C’est bien l’été au Japon.

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Ci-dessus, livraisons par la petite voisine de quelques insectes et gelées nutritives

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sauterelles squatteuses

Cette semaine, la petite est allée avec sa classe à la chasse aux sauterelles. A la chasse aux sauterelles dans le petit parc situé derrière la maison. Comme il faisait plutôt chaud ce jour-là et que la maîtresse avait oublié de dire aux enfants de prendre les gourdes ; que la maison, comme je viens de le dire, est vraiment tout près du parc … Les 28 momes de Mme Misawa ont débarqué à la maison pour boire de l’eau avant de reprendre le chemin de l’école. Lumika était fière de nous montrer les 5 insectes qu’elle avait capturé à cette occasion et à qui elle avait donné des noms qu’elle oubliera dans les minutes qui suivent.

Le soir venue, la copine de ma petite, s’est pointée avec sa mère à la maison. Elles venaient d’acheter un petit vivarium en plastique au supermarché du coin. Comme elles avaient peur de transférer ces sauterelles, de la petite boîte ou elles logeaient depuis leur capture, au nouveau vivarium, je me suis transformé en super heros et ai effectué le délicat transfert (en prenant soin qu’aucune de ces bestioles vertes ne se retrouvent à sauter partout dans la maison)

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Le lendemain après-midi, toutes les deux sont revenues à la maison avec leur boîte à sauterelles. On a sorti les chips, surtout que la voisine et son petit, qui voulaient voir le résultat de la chasse, ont débarqué dans la foulée.

Le lendemain soir, la copine de Lumika a appelé en pleurant … Ses petits insectes étaient tous morts. Apparement, les sauterelles ça n’aiment pas le concombre !

Alors moi j’ai dit … Ras-le-bol ! La prochaine fois, ces sauterelles … On les bouffe !

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Mais Noriko m’a dit que les sauterelles que l’on mange dans certains coins du Japon (Inago) avec cette petite sauce caramelisée sucré-salée, ne sont pas du tout les mêmes que celles que Lumika avaient capturé avec sa classe ! … Ah ?!

 

 

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Classé dans Les enfants, les gens

Rentrée des classes, les 2 jours « J »

Ca y est ! A l’heure où j’écris ces lignes, Lumika est en classe. Normalement, c’en est fini de ces coloriages quotidiens, de ces poupées que l’on confectionne avec des packs de lait, de ces comptines que l’on chante en mimant l’éléphant ou la girafe … Désormais c’est du serieux, « tu vas apprendre à compter, lire et écrire ma fille !« 

Ce matin tout le monde s’y est mis : J’ai préparé le bento de mademoiselle – aujourd’hui il n’y a pas cantine – tandis que Teruko et Noriko ont préparé le randoseru (landosel), ce cartable standard bleu marine ou noir pour les garcons, rouge ou rose pour les filles … Nous avons opté pour un cartable sans marque ! J’ai été étonné de voir que certains enfants portaient des « landosel » de chez « Puma », « Nike » ou « Adidas » !! Contrairement à l’école « maternelle », ce cartable, le badge de l’ecole ainsi que la patite casquette(*) sont les seuls accessoires obligatoires cette année. C’est à partir du lycée, si elle poursuit sa scolarité dans ce pays, qu’elle retrouvera l’uniforme.

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Une couverture jaune réflechissante sur le « landosel » des premières années. La voisine habituée nous guide 

Autre grand changement, nous ne l’accompagnerons plus à l’école, comme par le passé. C’est seule qu’elle s’y rend à présent … Au sein d’un petit groupe constitué de petits voisins et voisines qui ont la particularité de se rendre à la même école, située a dix minutes de la maison, cela sous la responsabilité d’un élève de dernière année. Dans notre cas, c’est Yoka, 12 ans qui ouvre la marche, ce sera comme cela tous les matins, par tous les temps…

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C‘est endimanchés, que nous avions été la veille dans le groupe scolaire (lundi 09 avril) pour nyuugakushiki … Oui, bingo, une fois de plus, nous avons eu droit à une cérémonie officielle d’entrée en primaire ! C’est si important dans la vie d’un enfant, que l’arrière grand-pere de Lumika avait fait le déplacement depuis Miyagi-ken (2h30 de Shinkansen) pour y assister. Sur le chemin, les voisns postés sur le peron de leur maison nous lancaient des « félicitations ! » (merci, merci !)

Alors, dans l’ordre : Discours du chef d’établissement à l’attention des enfants, courbette devant le drapeau du pays, présentation du corps enseignant et du personnel administratif et technique, discours du chef d’établissement à l’attention des parents, courbette devant le drapeau du pays, chorale des enfants de dernière année et enfin, photo de classe des parents et enfants !

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ambiance « religieuse » dans le gymnase transformé en « chapelle »

Cela avant de rejoindre la salle de classe no 3 et d’écouter la tres dynamique Madame Misawa qui sera cette année la maîtresse de Lumika. Elle nous a informé des règles de l’école ; la façon de saluer, la façon de répondre à l’appel, la façon de ranger ses chaussures à l’entrée du groupe scolaire, …

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La classe de Madame Misawa 


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(*) casquette reversible, jaune sur le trajet puis violette dans l’etablissement (premiere annee)

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