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Nakamura, Shimada puis Iseki

 

 

 » – Prend garde à toi Roban, à la fin du mois je ne serais plus là et tu deviendras à ton tour leur souffre-douleur. « 

Il tira alors à trois reprises sur sa Seven Star. Trois rapides mais grosses bouffées tout en fixant en silence l’extrêmité de sa cigarette qui en se consumant formait une longue carotte rougeoyante puis il quitta l’espace fumeur de l’immeuble sans attendre un quelconque commentaire de ma part. Qu’aurais-je bien pu d’ailleurs lui répondre ?

Il y venait régulierement dans la journée dans ce local qui n’était en fait que le local à poubelles dans lequel on avait déposé un seau de couleur rouge sur un petit tabouret en guise de cendrier. Cela était fort pratique pour Nakamura de pouvoir venir fumer non loin du dépot des ordures qui devenait de ce fait le meilleur alibi qui soit. Ces petits instants volés, lui permettaient certainnement de pouvoir a nouveau encaisser les « coups », de respirer quelques minutes, « avant d’y retourner ». Je pense que l’on puisse dire que Nakamura était persécuté en permanence sur son lieu de travail ; du matin au soir, de l’instant ou il embauchait a 10h30 au soir a la fin de son service peu après 22h30. Il était sans cesse surveillé, ses faits et gestes examinés, épiés a chaque instant et plus particulièrement lorsqu’il avait une tâche a éxécuter. Aussi, à la moindre erreur, Toyoda surgissait de nulle part et il en sortait de sa bouche, un flot d’injures sans discontinué. C’est dans ces moments là que l’on voyait le front de Nakamura perler de mille gouttes. Nakamura avait 35 ans mais il en faisait bien dix de plus. Il avait une tête un peu particulière ; une grosse tête en forme de triangle ; une coupe de cheveux à l’ancienne avec une grande raie qui semblait départager les deux hémisphères de son cerveau. En voyant le personnage, on ne pouvait s’empêcher de penser a ces dessins de caricatures que l’on croque sur les places des lieux touristiques.

 » – Roban, tu n’as pas remarque comme Nakamura sent mauvais ? « 

J’avais répondu à Endo que non, je n’avais pas remarqué ce détail. Bien sûr que je l’avais remarqué et j’imaginais bien que la cause en venait du stress qu’il subissait continuellement. Je ne voulais simplement pas participer a ces mesquineries quotidiennes.

Toyoda vient de fêter ses 28 ans. Il est le manager, le maître du bureau de Shinjuku et cela, meme lorsque le président est dans les murs. Ce dernier lui laissant une totale liberté de management. Toyoda est grand et maigre, plutôt bel homme si l’on en croit les rares femmes qui travaillent dans l’entreprise. D’ailleurs, il attache une attention toute particulière à son apparence et comme il le dit, trouve la force après le travail d’entretenir son corps en faisant des étirements, des pompes et toute une série d’exercices musculatoires. C’est un jeune homme solitaire qui vit seul, sans compagne et sans ami aussi. Dans l’entreprise, Toyoda est craint mais il est surtout détesté et Je devine dans les yeux de mes collègues des envies de meurtres. Les premiers jours où j’avais fait mon apparition dans la boîte, j’avais également détesté ce type et j’espérais alors que l’on m’envoie a Ginza, dans cette nouvelle filliale du groupe avec une partie de l’équipe nominée. Il n’en fut rien, tout du moins pas dans un premier temps. Je n’aimais pas cet être sadique qui donnait l’impression de prendre tous les autres pour de profonds demeurés. Cela était accentué par sa grande taille qui lui permettait de regarder tout un chacun de nous de haut. Ca a été immédiat, lors de la petite formation de base qu’il me dispensa. Le débit de ses mots étaient rapides, des mots qu’il machait même tout en employant un vocabulaire compliqué.

 » – Tu ne prends pas de notes ? « 

Finit-il par me demander après cette longue tirade de mots et de phrases qui couraient le 100 m haies.

 » – Non ! Je ne prends pas de notes M. Toyoda. J’en prendrais lorsque cela s’avèrera nécessaire. Pour l’instant il ne s’agit que de tâches routinières qui rentreront facilement après les avoir exécuté au moins une fois. Si je prenais des notes, cela ne voudrait-il pas dire que je ne comprends pas grand chose au travail à effectuer ? « 

Mon insolence aurait pu, aurait du, me donner quelques petits soucis d’intégration mais je crois bien que j’avais destabilisé, sans l’avoir cherché, mon formateur. Cela me fait penser à ces premiers jours où je vendais du fromage dans ce grand magasin de Saitama. Ma formatrice de l’époque m’avait crié dessus comme quoi, je mettais trop de temps à emballer ces cubes de cream cheese, que pour chaque cube, je devais mettre au plus, 15 secondes. Apres quoi, en utilisant un ton « maternel » me demanda si elle faisait peur ! Je lui avais alors répondu que « non-non, elle ne faisait pas peur, qu’elle etait juste hystérique et que si elle continuait de la sorte, Roban, c’est sayonara qu’il dirait ! » J’avais eu par la suite, une paix royale.

Toyoda me regarda droit dans les yeux, certainement un peu énervé.

« – Ok-ok, on verra ! « 

Puis demanda à Nakamura de m’expliquer tout en détail ou plutôt, ordonna à Nakamura de finir la formation. J’avais alors de la compassion pour ce type brime et harcele par notre manager mais je me rendis compte que mon nouveau collegue allait reproduire avec moi, ce qu’il subissait a longueur de journee avec son tyran. Il ne m’expliquait pas le travail, il m’ordonnait l’execution de taches les plus ingrates qu’ils soient.

 » – Roban, qu’est-ce qu’il t’a dit Nakamura ? « 

« – Je n’ai pas tres bien compris ce qu’il m’a dit « 

 » – Ne t’inquiete pas, ici, personne ne comprends ce qu’il dit celui-la ! « 

Endo m’avait surpris soupirer fort devant Nakamura. Ce genre de soupir que l’on fait lorsque l’on est énervé après quelqu’un. Nakamura était en fait, comme ces enfants battus qui une fois parents, reproduisent exactement les mêmes schémas d’éducation qu’ils vécurent. Nakamura cherchait à reproduire avec le petit nouveau que j’étais, l’attitude de Toyoda. Je ne l’avais pas dit à Endo qui ne se génait pas non plus pour aboyer sur lui. Je ne me rebellerai pas non plus sur mon senpai, il avait sa dose quotidienne, je n’allais pas en rajouter. Nakamura était un être faible à la triste existence, point.

Il y eu par la suite, d’autres chocs avec Toyoda comme celle de « la prise de notes » mais au lieu de me porter préjudice, cela accèlera mon intégration et réussit à me faire respecter au sein de l’entreprise.

Nakamura quitta les lieux a la fin de son préavis comme cela avait été convenu. Il avait été licencié, je ne sais pas exactement pour quelles raisons mais je pense que cela était préférable pour lui de quitter ces lieux et de retrouver sa « liberté ». J’espère seulement qu’il aura réussi a trouver un emploi plus confortable. Après son départ, je repris une partie du travail qui lui incombait mais pas celui de souffre douleur. On pouvait encore, quelques temps après, entendre des moqueries sur son compte. Quelqu’un s’était demandé si le forcené d’Akihabara qui avait foncé sur la foule à l’aide d’un poids lourd puis qui était descendu sur la chaussée poignarder sept personnes, n’était pas Nakamura. Cela ne m’avait pas fait rire, mes collègues, oui, beaucoup.

 » – Enchanté, je m’appelle Shimada « 

 » – Himada-san ? Enchanté moi c’est Roban « 

Toyoda explosa de rire, la nouvelle recrue avait un problème de locution et ne parvenait pas à prononcer correctement le son « Sh ». A chaque fois qu’un mot comportait le son « sh », il se formait sur son visage une sorte de petit rictus du à la contraction de ses lèvres. Shimada était tout comme Nakamura, agé de 35 ans mais en paraissait dix de moins. Je m’étais gentiement moqué de ses chemises a carreaux qui ressemblaient beaucoup à celles que portent les employés de Tokyo-Metro. Toyoda, lui reprenait mon erreur et parlait de Himada en imitant son rictus, parfois presque devant l’intéressé en personne.

Il fallait se rendre à l’évidence, Shimada était certes très sympathique mais il ne semblait vraiment pas doué pour le travail, bien qu’il prenait soin de tout noter sur un calepin, ce qui parfois lui donnait des petits airs d’inspecteurs de police ; d’ailleurs, il ressemblait beaucoup a Columbo, de 20 ans plus jeune. Shimada devait fournir des efforts considérables pour mener à bien le travail qui lui était demandé. Malgré tant d’énergie déployé, il ne parvenait toujours pas à assimiler le travail et ce, même au bout de deux mois après s’être présenté à nous. Shimada était toujours ce petit nouveau à qui il fallait sans cesse tout expliquer, à qui il fallait dresser des listes afin d’éviter de facheux oublis, après qui, il fallait passer derrière pour contrôler le travail. Ce qui, bien sûr, provoquait d’énormes colères de qui on sait.

 » – Shimaaaaada ! Où est-il encore allé celui-là ?  » 

Pouvait on alors entendre a longueur de journee dans les couloirs.

 » – Il fume en secret au meme endroit que le faisait Nakamura, je le sais « 

Répliquait Endo, en pouffant de rire.

 » – Roban, Shimada il n’y arrive pas, il n’y arrivera jamais … Hein !? « 

Bien que la phrase d’Endo était tournée à l’interrogative, cela était en fait une affirmation qui n’attendait plus que mon approbation. Je craignais fortement que se mette en place un « Shimada-bashing » et qu’il lui arrive le meme sort qu’à Nakamura. Quel emploi nouveau aurait-il bien pu trouver ? Il aimait le surf et un peu trop le whisky, difficile d’en faire carrière.

 » – Il est pratique ! Oui, Shimada est pratique « 

Avais-je un jour déclaré afin de mettre fin a une énième plainte collective. Et, c’était vrai qu’il était pratique. C’est Shimada qui passait la serpillère, qui apportait le thé aux clients ou qui restait tard pour finir un travail.

Je fus finallement envoyé a Ginza, cela émanait du président qui souhaitait que je m’occupe des clients étrangers beaucoup plus presents à Ginza qu’à Shinjuku.

 » – Alors comme ca, Shimada est pratique ? « 

Ma petite phrase avait pris la ligne de metro Marunouchi me précédant ainsi. Le manager des lieux ponctua d’une petite tape amicale son message de bienvenue. J’en profiterai alors pour évoquer le cas Shimada avec lui. Je lui expliquait qu’en le menageant et qu’en y allant doucement avec lui, il pourrait sans doute y arriver. Mon nouveau manager, qui ne porte pas Toyoda dans son coeur acquiessait. Les jours passaient, j’avais retrouvé Ginza que j’avais quitté quelques mois auparavant lorsque je travaillais dans ce grand magasin. Je repensais a Mori et Naito, véritables promoteurs du quartier. J’avais de temps en temps des echos de ce qui se passait a Shinjuku, notament lors de réunions ou j’y rencontrais d’anciens collègues.

 » – Avant-hier, il l’a frappé a la tête avec un dévidoir de ruban adhésif et hier, c’est avec un carton de photocopies A4 qu’il lui a porté un coup. Depuis que tu es partis, l’ambiance s’est déterioré, déjà que … « 

Quelques jours suivirent et j’appris à la fin de mon service que j’étais à nouveau rappelé à Shinjuku.

«  – Toyoda est triste sans toi, a partir de demain tu retournes là-bas, il nous a fait tout un pataquès « 

Le manager m’expliquait alors que Shimada, irait quant a lui à Ginza et qu’en le prenant en douceur, il arriverait a en tirer quelque chose.

 » -Ah ! Et puis, Iseki ira aussi a Shinjuku avec toi, tu verras, Iseki est très … Pratique « 

 

 » – Isekiiiiii ! Ou est-il encore passé celui-là ? 

Depuis deux semaines, un nouveau nom circule dans les couloirs avec la même intonation.

 » – Iseki, il fume une cigarette au local a poubelle, comme le faisait Shimada avant, je le sais !

Non, Iseki était cette fois-là aux toilettes, Toyoda s’entrediendra quelques peu avec lui puis se retournera vers moi et sans faire attention à Iseki, mimera de ses deux mains, mille gouttes de sueurs perlant le long de son front. Je regardai Toyoda en secouant la tête.

 » – Toyoda, tu sais ce que tu es ? Un sadique ! « 

 » – Oui, Toyoda est sadique, Toyoda est mechant … Mais, regarde les tous, ils sont faineants, ne savent prendre aucune initiative, ne cherchent pas a reflechir, repetent les memes erreurs et c’est comme ca, ou que l’on aille au Japon. Tu en as deja vecu quelques unes d’experiences dans des entreprises japonaises, tu sais de quoi je parle non ?  »  

 » – Et puis, ils prennent tous des notes mais sont capables de rien ! … « 

 

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Miki

Le train quittait à present la gare de Shiki où il venait de marquer un arrêt, où il s’était déleste d’une bonne partie de ses voyageurs même. Ce qui alors me permettait enfin de m’assoir et pour encore quelques stations avec pour voisins, des salary-man endormis, des femmes sur le retour après une journée de shopping à Ikebukuro et des lycéennes en tenues de gymnastique. La nuit etait deja tombée depuis un moment et les néons  qui diffusent une lumière blaffarde a l’intérieur du semi-express ne permettaient pas de poser ses yeux sur le decor qui défilait derrière les fenêtres du train … Et puis, de toute facon, je le connais par coeur ce paysage. 

« – Waaaoh »

Je me suis mis à suivre du regard cette jeune fille qui traversait la voiture en ma direction. Malgré les talons hauts qu’elle portait et le balancement du train, sa démarche était fluide et assuree. Elle portait un mini-short en jeans moulant tandis qu’en haut, une tunique blanche agrémentée d’un decolléte plongeant laissait entrevoir les dentelles de son soutien-gorge ainsi que le haut de ses seins. Elle avait les cheveux longs, des cheveux longs qui se balançaient en ordre de gauche a droite, rythmés par sa demarche … Oui, exactement comme dans une pub télé pour un shampooing ultra-doux ! Ils étaient teints en une couleur que l’on pourrait presque qualifier de blond. Enfin, son maquillage discret ne venait pas tout gâcher comme cela est souvent le cas sous ces latitudes. Je pouvais alors imaginer (je n’avais que ça à faire) qu’elle avait eu ce train de justesse ; qu’elle avait sans doute traversé quelques wagons afin de se rapprocher des escaliers de sorties de sa gare de destination. Elle avait tout aussi bien pu traverser cette rame afin de chercher une place assise disponible.

Elle mit fin a sa « course » et s’arrêta devant moi, juste en face de moi.  Je ne m’en étais pas rendu compte sur le moment mais j’occupais deux places, alors je me rapprochai de mon voisin de gauche afin de partager la banquette que j’occupais. Puis je lui fis je crois bien, un petit signe lui signalant qu’elle pouvait à présent prendre place ; n’ayant bien sûr strictement rien contre, a ce qu’une très jolie jeune fille vienne s’assoir à côté de moi, j’étais cependant surpris ; des places libres, il y en avait plus d’une dans cette voiture.  Seulement, elle restait immobile ainsi debout devant moi. En levant les yeux, je la vis me sourire tout en me faisant quelques salutations de la main.

« – Euh … ?! »  

Oui, et comme cela m’arrive parfois, je ne voyais pas du tout à qui j’avais a faire. Surtout que je ne me souvenais pas d’avoir dans mon entourage feminin, ce genre de jeune fille a l’allure ; a la plastique … enfin bref !

« – Ginza … ! ? Tu te souv … « 

 Je la coupai immediatement car Je venais de comprendre qui était le mannequin qui me faisait face dans ce semi-express qui avait pour destination Shinrin-koen. C’est a sa voix que je reconnu Miki ! Une voix légèrement « cassée » qui lui donnait un charme fou.

 « – Oui, oui … Miki !! Quelle surprise ! Tu as pas mal changé »

Elle acquiessa. Nous travaillions ensemble dans ce grand magasin de Ginza. Elle vendait des patisseries jusqu’en janvier dernier. Nous avions eu par le passé, l’occasion de rentrer ensemble puisque nous habitons tous les deux sur la meme ligne de train. Cette même ligne où nous nous trouvions ce soir et c’est vrai qu’elle avait changé. Elle avait quitté le monde des gâteaux pour un nouvel emploi dans une école maternelle privée. Elle m’avait expliqué à l’époque qu’elle adorait les enfants et qu’elle souhaitait travailler dans l’éducation.

« – Je ne travaille plus dans cette youchi-en dont je t’avais parlé à l’époque, ce serait trop long à expliquer, … Et toi ? Comment ça se passe a Ginza ? »

Je lui expliquai à mon tour, que j’avais cessé de travailler dans ce department store, je lui parlais de ma nouvelle activité nourricière (ce serait trop long à vous expliquer). Elle me dit que j’étais beau en costume.  Je lui demandai ou elle se rendait ainsi. Elle se rendait à son travail, à Kawagoe.

« – Ah !? Tu travailles dans un bar ? … « 

« – Pas vraiment, enfin … Un pub, un … club. Un … »

Il aurait été difficile de ne pas comprendre dans quel milieu elle évoluait à présent. Bien different de celui des patisseries, encore plus de celui des enfants. Sa tenue vestimentaire qui l’avait complètement transformé, m’avait déjà mis sur la voie de ce qu’elle allait me dire.

« – Euh … Kyabakura. je travaille dans un kyabakura a Kawagoe ! Tu vois à peu pres ce que c’est ? »

Je lui expliquai que j’avais deja passé une soirée dans un tel lieu. Elle me sourit. Je la sentais un peu plus décontractée.  Je lui demandai alors l’adresse du club où elle offrait ses services, il n’est pas exclu que si je passe dans le coin … Elle sortit une carte de visite du kyabakura ou elle y inscrit son nom ainsi que son téléphone au dos.  Je plongeais dans son decolleté. 

« – N’hesite pas. Viens me voir, tu … Auras droit à quelques services ! »

 

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Department-story : Comme un sac !

« – Tu as rencontre Amai-san (*) en arrivant ? »

Ce jour-la, voila en gros, les mots qui m’accueillirent lorsque je m’etais presente a la boutique, juste avant de prendre mon service dans le depaa-chika de ce grand magasin de Ginza. Et bien non ; je n’avais pas encore rencontre Amai-san en arrivant. Ce jeune « food expert » comme le precisait sa carte de visite. Amai-san fait en quelque sorte partie d’une brigade qui se melange a la clientele et arpente, sans discontinuer les allees de son secteur respectif afin de superviser le bon deroulement des ventes. Le tout en distribuant des irrashaimase-sourires commercants jusqu’aux oreilles a profusion et le cas echeant, tachera egalement de reperer les cleptomanes, de regler les menus conflits qui arrivent de temps a autres entre un commercant et un aimable client,  d’aider un commercant en cas de problemes avec la caisse-enregistreuse (qui appartiennent au grand-magasin). Mais egalement et peut-etre surtout,  de veiller a ce que les commercants « independants » ou, comme ils le sont appeles en interne, les « partenaires » ; se tiennent bien aupres de la clientele ! Gare au coude pose nonchalement sur le showcase, gare aux bras croises, eventuellement aux doigts dans le nez … L’image du grand magasin, c’est l’affaire de tous !  Bon …

« – C’est sa veste ! C’est l’attraction du jour, je ne t’en dis pas plus, tu verras par toi-meme. Pour te dire, il s’est meme fait remonter les bretelles par le chef du secteur ! »

Ouh la, a ce point ?! Puisqu’il s’agissait de l’attraction du jour, j’etais donc presse de rencontrer notre vedette.

« – Elle est pourtant bien ma veste, non ? »

Personnellement, je l’a trouvais pas trop mal cette veste. En plus, ca change un peu de ces costumes classiques de salary-man que portent ses collegues. Il y avait pourtant quelque chose qui clochait mais je n’arrivais pas a voir dans l’instant. Je lui expliquais que partout, de la salle fumeur a la salle des frigos, du vendeur de cremes glacees au magasin de the, partout on ne parlait que de la veste d’Amai-san. Puis, a force de l’avoir dans mon champ de vision, je finis par comprendre ce qui avait peut-etre provoque la colere de son chef.

« – Ah mais oui ! Je sais ! Tu es habille en fait, comme … Aux couleurs … d’un sac de chez Isetan ! »

Isetan Un grand magasin tokyoite, dont le vaisseau amiral est situe a Shinjuku,  un concurrent en quelque sorte ! La veste d’Amai-san, c’etait de la publicite subliminale ?

 

(*) Le nom a ete deliberement change.

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Confidentiel

Bon premier mai. Bouquets de muguet et defiles du premier mai. Une annee, j’avais assiste a un sage defile du cote de Harajuku. C’etait peut-etre la seule manifestation liee aux evennements sanglants pour l’obtention de la journee de travail de 8 heures. En meme temps, … Une journee de 8 heures de travail ?!  … Au Japon ?  

Finalement, je l’aurais trouve mon defile du  1er mai. Un peu par hasard, alors que je cherchais dans Ginza, du papier essuie-tout pour le travail ! C’est pas evident de trouver du papier-essuie tout dans ce quartier. Il m’aurait ete plus simple de ramene un sac de marque chic, une montre Suisse ou un anneau incruste de pierres precieuses !

 

 

C’est propret, c’est discipline, on ne manifeste pas au-dela des plots disposes par la marichaussee, on ne traverse pas la rue au « rouge », on ne trouvera pas de camions de frites, non plus ! En fait, ca ne ressemble pas du tout a un premier mai !   

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Only Japanese

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Bon ! J’ai encore loupe les « poubelles-canettes » de la semaine ! Elles  « passent » a huit heures precises, l’heure a laquelle je reussis a m’extraire du lit. Un petit coup d’oeil a la liste « bonnes actions »,  me permettant de me maintenir dans la categorie « gendre ideal » pendant que belle-maman est a deux heures de Shinkansen de la, pour une semaine a Miyagi, chez ses parents.

Ah ! Donc, … Nous avons le petit jardin ouvrier a arroser et ses futurs ; carottes, salades, artichauts (merci !) fraises, poireaux, oignons et pommes de terre ! Je n’ai surtout pas interet a l’oublier ce passe-temps de retraitee situe a cinq minutes a pieds de la maison. Parce que les mots-fleches et les series a l’eau de rose, ca rempli pas une journee.

« – Vous avez mis du persil aussi ? »

« – Oui, … Euh, oui on dirait bien ! »

C’est pas week-end aujourd’hui, il n’y a pas grand monde autour de ces parcelles et ce voisin de jardinet ne pourra malheureusement pas  profiter de ma presence pour passer le temps en discutant autour du vegetal. C’est que j’ai les futon a sortir, moi ! Nourrir les poissons rouges, aerer en grand la maison, lancer une machine … Avant d’aller au travail !

Ohayo gozaimasu par-ci,  … « Il fait beau aujourd’hui – n’est-ce pas ». Ohayo gozaimasu par-la, … « Et oui, je suis tout seul en ce moment ». Ce matin, comme les trois precedent matins, il fait vraiment tres beau. J’irais aujourd’hui un peu plus tard au turbin parce que, deux semaines presque non-stop du matin au soir, ca finit pas fatiguer forcement. Les freins bruyant de la bicyclette de ce sympathique facteur® de la tournee No 27, rencontre sur le chemin du retour du jardinet, precederont une remise du courrier en main propre.

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En fait, je me rends compte que le printemps s’installe petit a petit, sans faire de bruit. Je n’avais pas eu le temps de faire attention aux pruniers, pechers et cerisiers, qui a tour de role coloraient le paysage. Les seuls signes que j’avais su percevoir, etaient cette demonstration de masques en coton dans l’underground tokyoite. Ces memes masques que l’on voit aussi fleurir dans de nombreux sujets sur le Japon accompagnes d’un « regardez comme ils savent faire preuve de citoyennete et de vie en collectivite ces gens-la, en portant le masque afin de ne pas transmettre leurs miasmes a leur voisin« .   Cette annee, j’en aurais croise quelques-uns, se protegeant du pollen en portant en plus, des lunettes de plongee. Pour certains, le debut de printemps de cette annee serait-il plus difficile a supporter ?  

« – Jusqu’a l’age de 30 ans, je ne connaissais pas le kafuncho, j’ai 32 ans » 

Me declarait un collegue de la salle fumeur du grand magasin, les paroles alterees par le masque en ouate lui couvrant le visage en ajoutant que si je continue de vivre dans ce pays, je suis succeptible, un beau matin de printemps, de me reveiller avec cette allergie.

« – Ce n’est pas propre aux seuls Japonais, peut-etre au Japon tout simplement ! » 

On dit aussi, que c’est l’epoque ou les chikan sont plus nombreux dans les trains ; c’est donc l’epoque ou l’on palpe, ou l’on se frotte. Amusant, il enchainera sur une toute autre conversation : Sa soiree de la veille, passee au kyabakura, a Ueno

Arrivee a Ginza, pres du grand magasin ou je travaille, des jeunes gens distribuent des echantillons de the vert pour une marque qui distribue par correspondance. Je tends la main ; 

« -Only for Japanese »

Connasse !

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Department story : Ginza, c’est bath !

 « – Et m’ssieur Roban, il va toujours travailler à Ginza ? »

La « smoking-room » du deuxieme sous-sol de ce grand magasin tokyoïte, est l’endroit idéal pour causer avec moults personnages que l’on a pour habitude de croiser dans ces couloirs, docks de livraisons, vestiaires ou encore cantine du personnel, salle des frigos, bref ; toutes ces parties que la clientèle ne verra jamais … Aujourd’hui, le billet du jour, c’est avec ces messieurs, Mori et Naito, livreurs pour une grande compagnie de transports et logistiques que nous le passons. 

Cela fait de tres nombreuses années que notre couple vedette livre quotidiennement des gâteaux que ces dames de Ginza dégusteront avec un coffee blend à un étage élevé de ce department store.

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Ce dimanche dernier, je leur avais dit que j’irais peut-etre au mois de mars, m’occuper de l’ouverture d’un nouveau point de vente prévu a Ikebukuro, situé également dans un grand magasin. C’est en choeur qu’il me feront un petit « sightseeing-Tokyo-tour » facon Mori et Naito :

« – Aaaah ! Mais pourtant Ginza, c’est ce que l’on fait de mieux au Japon ! Tu ne vas tout de meme pas aller à Ikebukuro ! »

Me dit l’un avant que son compère ne renchérisse. Visiblement, j’avais à faire à des fans de Ginza :

« – Oui, à Tôkyô, que dis-je au Ja-pon ! C’est Ginza le top. Partout ailleurs, c’est gucha-gucha. Ikebukuro c’est gucha-gucha. »

« – Oui ! Ikebukuro, c’est gucha-gucha mais Shinjuku aussi, c’est gucha-gucha, Ueno ou encore Shibuya c’est gucha-gucha !

Ne pouvant en placer une, sur le fait par exemple que Ikebukuro était plus proche de mon domicile. Je reussirais finallement a clore cet inventaire des quartiers de la capitale fournis en grands magasins. En m’inquiétant sur la raison pour laquelle je n’avais pas vu mes deux amis dans la matinée comme à l’accoutumée. 

 

« – Ah la la ! Ne nous en parle parle pas de ce marathon ! Quel bordel, impossible de traverser Ginza, ils avaient fermer tous les accès !

 

 

 

 

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neige, bis repetita

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Ce fut d’abord via un e-mail sur mon telephone portable accompagne d’une photo un peu floue et un mot :

« – Yuki (neige) « 

Plus tard, Noriko m’appelera pour me mettre en garde. Dehors, il neige beaucoup ! Mais vraiment beaucoup. Il ne serait pas prudent de rentrer a velo avec tout ce qu’il a tombe. Je travaille en sous-sol, je ne pouvais imaginer une seconde, ces caprices du ciel. Je sentais que cette annee nous serions servis en neige mais pas a ce point-la ! J’informai alors immediatement ma collegue presente sur le chemin de la sortie de l’immeuble, en lui repetant ces informations qui m’avaient ete delivrees, usant du meme ton catastrophique. Seulement dehors, une simple petite pluie fine arrosait quelques parapluies. Rien de plus.

« – … Hum … Il fait plus froid a Saitama qu’a Tokyo, n’est-ce pas ! »

Me dit-elle pas vraiment tres convaincue, cela sans doute afin de ne pas me mettre mal a l’aise.   

ginza-ame.jpg  meteo-yuki31.jpg

Et bien … Oui mademoiselle vous avez raison ! Il fait bien plus froid a Saitama qu’a Tokyo !

Pour clore ce bulletin meteo : Ce 09 fevrier aux alentours de 6h, ce matin la terre a tremble dans le Kanto. Il s’agit du premier seisme ressenti de l’annee 2008.

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