Une nuit au Kozan bar

こうざん

Le vieux Sony Trinitron placé légèrement en retrait sur une étagère dans le fond de la salle y crachait un catch US et heureusement aphone ; quant au son, quelques tubes des années 80 y ambiançait le lieu.

Je m’étais commandé un whisky irlandais, un Bushmill sur de la glace. Après avoir fait tourner machinalement les glaçons dans le verre, j’y tremperai lentement mes lèvres afin de m’assurer de la qualité et surtout de la force de ma consommation, de la même manière que si, ce qui venait de m’être servi avait été un bouillon fumant, peut-être brûlant. Cela faisait un bon bout de temps que je n’avais pas bu de whisky et un Irlandais de surcroit ! Le comptoir en bois était pratiquement vide, les derniers clients, ou presque avaient désertés le lieu peu après mon arrivée. Il était à peu près deux heures, je n’avais pas prévu de m’arrêter au Kozan bar, je n’avais fait que passer devant la large devanture vitrée du rade. J’en avais déjà entendu plusieurs fois parler. Juste voir à quoi ressemblais ce lieu si populaire chez les oiseaux de nuits du coin. Je ne faisais que passer devant la devanture vitrée de l’établissement lorsque je remarquai que l’on me faisait de grands signes depuis l’intérieur.

 » – Qu’est-ce que tu fais dans le coin à cette heure-ci  ? Rentre donc ! « 

J’ai raté le dernier métro et je m’apprête à partir à la découverte de ce quartier qui m’a vu débarquer il y a si peu de temps. Marcher by night dans ces petites rues pittoresques, dans ce qui semble être un énième village tokyoite, un lieu d’histroireS réservés aux seuls initiés, comprendre pourquoi les habitants de cet endroit aiment tant y vivre et pourquoi ceux qui y sont étrangers, les envient toujours … Finallement je prendrai place au comptoir après que la femme de mon patron m’ait invitée à m’asseoir. Je saluai également, une amie à elle, accompagnée d’une de mes clientes, un vieil Anglais qui réside dans l’immeuble au-dessus de « mon » bar puis enfin le bar-tender lui-même que j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer et qui, je l’apprendrai ultérieurement, habite à quelques pas de chez moi, dans une ville voisine à la mienne. Je ne me serais pas attendu à connaitre les trois-quarts de cette improbable assemblée, cela me fit sourire. A cette heure presque avancée, l’ambiance était festive et on s’amusait à sortir des jeux de mots pour tenter de faire rire la compagnie présente.

 » – Tu ne connais pas Niku Jaga ( ? ), le leader des rolling stones ? « 

 » – Ah ah ah ! « 

Le temps passa tranquillement, avec ce petit monde et nous bûmes ensembles quelques verres, jusqu’a ce qu’ils prirent congés de moi et tant pis pour ma balade de nuit  !

After à Kagurazaka.

Après un coup d’oeil à l’horloge murale qui indiquait à présent trois heures, puis à mon verre dont il ne restait plus qu’un peu de glace qui nageait dans une eau légèrement aromatisée au Bushmill ; je commandais alors « la même chose ».

 » – Do you live in Kagurazaka ? « 

Cela venait de ma gauche. Il était donc à peu près trois heures, le bar-tender n’avait pas encore remplacé mon verre aromatisé par un nouveau Bushmill et j’avais des voisins de comptoir à ma gauche. Il y avait là une dame, dont j’estimais l’âge à la soixantaine passée, à la voix extrêmement abîmée, une voix roque qui se mélangeait aux tubes des années 80. Une voix fort déplaisante mais qui au final collait parfaitement avec le décor de mon étape nocturne, un bar ! Cela devait certainement être le fruit de trop nombreuses années de consommations alcooliques et de tabac dans les bars de Kagurazaka, à moins qu’elle n’eut à subir une opération de la gorge mais son hygiène de vie ne devait pas y être étranger. Tant pis pour le confort d’écoute de ces vieux hits qui commençaient à me rappeler quelques souvenirs de jeunesse. Quant à celui qui m’avait posé la question en anglais, je l’avais remarqué pour l’avoir précédé de peu dans ce bar. Il avait d’abord cherché des yeux une quelconque connaissance avant de se résigner à chercher une place autour du comptoir, il se cala alors entre la vieille dame, qu’il devait connaitre au moins de vue, et moi. La cinquantaine toute proche, son allure se démarquait néanmoins ostensiblement du salary-man moyen. Il portait un costume dépareillé aux tons sombres au dessin plutôt moderne et dont la qualité du tissus permettaient de penser qu’il s’agissait là, du travail d’un bon tailleur ou de celui d’un grand couturier. Il n’avait cessé de fixer du regard, tête baissée, son verre de scotch jusqu’à ce qu’il tente d’engager la conversation avec moi. Nous nous présentâmes alors brièvement. Je pris possession de mon nouveau whisky irlandais ; la vieille dame se commanda un nouveau Gin Rickey ; l’homme triste me demanda si je connaissais Jacques Attali et je crois bien que c’est la première fois que je rencontre un Japonais qui connaisse ce personnage. Voilà qui me changeait des références habituellement entendu, Adamo, Polnareff, Jean Reno ou plus récemment Sarkozy. L’homme au scotch on the rocks etant dans le conseil stratégique économique et financier, quelque chose comme ça ; c’est ce que je compris tout du moins. On enchainera alors quelques bavardages sur le thème de l’économie mondiale, chacun de nous deux y cherchant ses mots dans les profondeurs de son verre. Quant à la vieille dame, elle cherchait à participer à la conversation mais ne parvenait à sortir de sa bouche que des évidences inintéressantes, que sa voix bousillée accentuaient. L’homme ne cherchait pas à la mettre de côté, préférant prendre son temps ou bien le perdre pour lui expliquer le monde d’aujourd’hui. Le problème des retraites, la privatisation de la poste, le nationalisme nippon ; un tableau sombre se dessinait, l’éclatement de la bulle immobilière, internet puis les subprimes, la chute des exportations et le chômage, le Japon et ses voisins et puis l’Inde qui est le prochain grand pays à surveiller.

 » – Par contre, le Japon, … C’est fini, ter-mi-né ! « 

Je laissais mes yeux dans le fond de mon irlandais et me laissais aller à quelques réflexions personnelles. Je pensais à mon emploi actuel, gérant-barman d’un bar à vin dans le quartier ; aux objectifs que j’aurais du mal à atteindre, tout du moins, ce mois-ci ; aux améliorations que je pourrais apporter et je restais silencieux laissant mes voisins débattre seuls sur l’avenir.

 » – Tiens, voilà 3000 yen paye-toi donc avec ça, il m’emmerde celui-là avec son économie, moi je rentre ! »

Finallement elle se commanda un nouveau Gin Rickey.

La Porsche jaune criard de mon patron s’arrêta devant le bar, il était presque 4 heures le matin, c’est à cet instant que je remarquai que le soleil avait fait lui aussi son apparition. C’était sa femme qui lui avait apprit que je stationnais dans ce bar puis salua le bar-tender qui lui préparait un jus de fruits. Ils parlèrent tous les deux automobiles. Le bar-tender finit par abandonner son comptoir et accepta sans se faire prier les clefs de la belle auto pour un tour de manège autour du pâté de maison. Nous en profitâmes pour parler travail et je lui fis un rapport express de la soirée. Au retour du bar-tender, la conversation reprit son thème automobile et nous raconta son périple en Porsche. Il évoquait la direction ultra-sensible ; les accélérations aussi qu’il avait également pu tester quelques secondes durant  en empruntant la Sotobori doori. Mon patron aimerait bien pouvoir s’offrir une Aston Martin, le dernier modèle mais, quand il aura un peu plus d’argent.

 » – Ah ? « 

On se séparera ainsi, je refuserai d’aller dormir quelques heures dans le bureau et remerciai, préférant marcher un peu dans Kagurazaka qui s’éveille, juste avant de prendre le premier métro. Le bar-tender pourra ainsi fermer ce bar qui venait tout juste de se séparer de ce drôle de couple de comptoir, sans que je le remarque vraiment. Le bolide du patron disparut dans un train d’enfer puis j’entendis le chant des oiseaux qui m’accompagnaient dans cette dernière promenade.

かぐ1 かぐ2

Je finis par m’engouffrer dans la bouche du métro n° B3 de la station Iidabashi, sur la ligne Yurakuchô, je finis par trouver à nouveau une lumière artificielle en ce dimanche matin. Un agent de Tokyo-Métro me salua depuis son comptoir « informations » juste avant que je n’accède au quai n°4. En descendant ces marches, je vis juste devant l’escalator, celui qui mène au bout du quai, une petite forme noire qui gisait sur les bandes jaune de guidage pour mal-voyants. C’était Ratatouille l’imprudent, qui avait très certainement trouvé sur son chemin de la mort-aux-rats. Son petit coeur battait encore. Il tentait à fréquence régulière de se remettre sur ses pattes afin de fuir mais n’y parvenait pas. Le lieu était encore désert, on annonça l’arrivée imminente du premier métro. Depuis la banquette où je pris place, je pouvais observer une dernière fois le rat gisant  jusqu’à la fermeture des portes.

La veille j’avais raté mon métro et le rat est mort, pensais-je. Je fredonnais un air entendu au Kozan bar, un vieux hit des années 80 puis je m’assoupis bercé par le roulis de la râme.

ratatouil

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With Mr. Navitime (bestiaire marketing N°8)

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Wahoo, quelle chance cette image et les deux suivantes se cliquent pour apparaitre format poster que tu pourras afficher dans ta one room, 6 tatami !

With Mr.Navitime un nouvel épisode de notre bestiaire marketing, tout en photos ! Et pour une fois, un character qui paye réellement de sa personne puisque la mascotte du célèbre soft pour keitai de navigation en temps réel ou navigation engine ; train-métro-bus étendu peu de temps après à l’aérien puis à l’auto; avec des spéciales meilleurs spots et accès pour les sakura ou pour Golden-week, pour les stations de ski, les plages etcetera. Cette mascotte est devenu un talento qui ne fait plus que Mr Navitime, il n’est plus lui, il est devenu, … Mr Navitime ! Sur des affiches ou sur les routes, dans le métro, sur des feuilles de plateaux de fast-food, le jour et puis la nuit, à la radio, sur Internet ou à la TV, sur les écrans des immeubles de Shibuya à Shinjuku, sur les écrans de la Yamanote, ceux de chez Tôkyû et dans ceux du métro pour ne citer qu’eux, sur les bus et dans les taxis de la capitale puis tout récemment, associé à un autre produit comme avec Olonamine C, une boisson énergisante …  Après ce cross-marketing vont-ils se marier ?

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Ah ! Pour d’autres icônes marketing, on tapera « bestiaire », dans le formulaire de recherche de ce site.

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Tout ça pour dire que je me serais bien vu au Japon devenir mascotte de Navigation Engine pour téléphone portable, quite à payer un peu de sa personne mais j’aurais mis une moustache en plastique que j’aurais enlevé le soir afin de marquer ma différence … Enfin bref !

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Ratatouille

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Tu sortis brusquement de sous le distributeur, ta cachette !

Au moment même ou je m’apprêtais à prendre possession de ce café froid ; ma canette !

Tu me fis penser à ce DVD Pixar que l’on a regardé à la maison, Ratatouille !

De te voir courir ainsi sur ce sol glissant pour éviter les hommes ; la trouille !

C’était pourtant pas encore l’heure de sortir, bien trop en avance !

Coincé entre eux et moi mais aucune animosité contre toi ; quelle chance !

Sans cesse, l’agent s’égosille à rappeler les arrivées des trains puis les fermetures des portes ; au micro !

Je te regarderai enfin tracer sans t’arrêter vers le bout du quai en montant dans la rame ; dernier métro !

A cette heure-ci encore,  il y a du monde et c’est toujours serré que je rejoins mon domicile, odeur de parfums, d’alcool et de sueurs ; ratatouille !

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Japanese refreshing flavor

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Et bien … Oui ! Je sais aussi faire dans le reportage « tête de gondoles » et pour l’occasion, j’ai ressorti le bon vieux verre Sailor Moon, ça faisait longtemps.

Ah ! Je l’attendais cette sortie commerciale, ce hit saisonnier, ce tube de l’été, ce buzz marketing qui s’installe en rayon et qui à ce propos, dépasse même les frontières pour s’installer sur les blogs et webzines de la planète, estampillés « cool Japan ».

« -Tiens, il parait que Coca-Cola Japan a sorti un cola au thé vert dernièrement ? »

Non, ce n’est pas celui-ci dont il est question mais de l’autre. Celui qui a coutume de faire parler de lui à la même époque chaque année dont je voulais parler.

Je suis un peu à la bourre cette année et je me serai donc fait griller la politesse par tous mes camarades du web mais que voulez-vous, pour les nouvelles bulles, habiter Saitama, au Nord de Tôkyô, c’est comme avec l’éclosion des fleurs de cerisiers, on est servit après ! Bref, … Tout commença en 2007, l’été 2007 ; Suntory sortait sous pavillon Pepsi, un « Cuncumber cola ». Oui, un cola au goût de concombre ! Une série ultra-limitée estivale qui allait se répéter chaque année à la belle saison. En 2007, il était bien question d’un cola, d’ailleurs je me souviens encore bien de cet arrière goût de cola qui se dissimulait inside.

Mais visiblement, puisque les combinaisons cola + des-trucs-marrants-à-foutre-dedans-qui-fera-parler-de-son-produit ne semblent pas être légion, Suntory qui distribue, gère et créé pour la marque au Japon a dès l’année suivante, décider pour son buzz saisonnier de généraliser l’offre en un soda de l’été, en lieu et place du cola tout en conservant cependant l’appellation Pepsi ! Ainsi sortira en 2008, le Pepsi Blue Hawai qui, comme avec son predecesseur, le cola cucurbitacé, on pourra en tendant l’oreille écouter les remarques de ces spectateurs-consommateurs, se taper sur le ventre aux cris de « oouuh-ouh cola-liquide vaisselle » puis « Ah aah soda-bain moussant » ! Et pourtant, …

Et pourtant, le coup de Suntory, force tout de même l’admiration pour celui qui s’intéresse un tant soit peu, au marketing et à la créativité utilisée pour se faire remarquer sans que cela coute un rond (ou presque).

Cette année, le millesime 2009 est au shiso ! Cette plante aromatique nippone, qui contrairement a ce qui a été écrit un peu partout, n’est pas uniquement utilisée avec les sushi, principalement ceux à la seiche (ika), en maki-ume (prune) ou encore en décoration de plateau (kazari). Le shiso se consomme souvent frit, en tempura, aromatisant parfois le ponzu ( ? ) ou encore accompagnant les somen, ces nouilles que l’on mange froides en été, … Tiens justement !

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Alors, que cela soit avec le Blue Hawaii de 2008 et sa référence à un des sirops qui nappent le kakigôri ( ? ) ou bien avec celui de cette année, le Pepsi au shiso ou basilique japonais, il sera donc question d’utiliser des référents culturels forts et de les associer à une boisson qui à la base ne fait pas partie de la culture japonaise. Point d’exotisme ici, on communique nippon avec le soda de l’été.

Mais quel peut être l’interêt d’y ajouter dans la composition du summer soda ces références culturelles ? Parce que c’est fédérateurs ? … Mouais maiz’encore ?!

La sortie de cette boisson événement à la même époque de l’année a pour but d’asseoir la marque – Pepsi – en lui donnant cette visibilité nécessaire au sein de l’immense choix qui bataille pour capter les faveurs des habitants de cette île. A une saison où tous, s’apprêtent à suffoquer de chaleur dans les quelques jours à venir. Il n’y aura certes jamais de Pepsi shiso dans les distributeurs de boissons, il n’y aura bientôt plus de soda au shiso dans les points de ventes mais, il y aura toujours du Pepsi ! Tout laisse à penser que Suntory souhaite et capter ceux qui ne jurent que par les soft-drinks sucrés à bulles (et se désengager du leader Coca) mais aussi peut-être à capter une clientèle jusqu’à présent peu enclin à délaisser leurs habitudes estivales en matières de rafraîchissements. Parce qu’au Japon, jusqu’à présent, qui dit boissons de l’été, dit thé vert ou mugi-cha ( ? ) difficile de faire plus locale, c’est un fait maisdes annees de Blue hawaii ou de soda au shiso y changeront t-il quelque chose. Il faut cependant reconnaître que Suntory aura, très rapidement réussi à faire parler du Pepsi qu’il distribue et pas uniquement à l’aide de très grosses campagnes de pub mais en savant aussi jouer avec une certaine créativité puis en rigolant bien avec tous ces  » Ah-ah Cola detergeant  » puis, « ouh-ouh gel wc » ! Que tout cela engendre, sur le web …

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Cockpit-view by night

L-50

J’y aperçois au loin les lumières de la ville et celles qui me guident vers ma destination …

Le son qui va avec le billet,

500.


Le soir, le chemin du retour, c’est la même chose, à la difference qu’il y fait nuit noire, que l’on n’y croise pas de vieille dame presque sénile ni personne qui y cherche le petit bureau de poste. Quelques salary-man qui auront donné de leur personne pour des heures supplémentaires, … A l’izakaya voisin du bureau ou quelques voisins qui rentrent du « snack » en titubant après s’être égosillés sur  » Ooh Hokaiii-do, je veux te revoir Ooh mon îiile » ; quelques taxis « super Saloon » qui fendent la brise en excès de vitesse. Oui c’est ça, c’est à peu près tout ce que l’on peut y rencontrer à cette heure-ci.

Mais certains soirs … Plus particulièrement après avoir somnelé jusqu’à la gare, sur la confortable banquette collective du métropolitain et de m’être subitement réveiller m’évitant de poursuivre mon voyage jusqu’à une lointaine gare dans les profondeurs d’un Saitama rural, je ne sais comment, ni pourquoi … J’atteris directement sur l’oeuvre inachevée, la route toujours en construction depuis 30 ans, sur cette portion qui est située juste  derrière la serre !

Minimum


L-52

L-65

100

L-75

50


L-83

… 40 , … 30 , … 20 , …

L-80

Ten.


L-85

L-90

L-100

Ca vous étonne, hein ? … La température de la nuit est fraîche, 24°. On annonce encore quelques pluies éparses avant l’été qui s’installera d’ici peu. Il ne reste plus qu’a patienter quelques minutes jusqu’à l’arrêt complet. A destination, il est également conseillé de patienter un peu avant d’ouvrir la bière acheté au supermarché de la gare, suites aux secousses générées pendant le voyage. Yôkoso !

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Le plus court chemin

parc58

Une constance tout de même : avec tous ces changements d’employeurs qui au final m’auront permis de vivre des dizaines de quartiers de la capitale. Hamatsuchô-Shiba Daimon, la Tokyo tower et le temple Zozo-ji

 » – Non ! Zôjo-ji ! « 

 » – Ah oui Zôjo-ji ! « 

Ningyôchô, la ville basse et sa rue amazakeyoko-chô ; Ikebukuro, Shirokane-takanawa, et ses habitants CSP++ ; Shinjuku-kabukichô, ses néons et ses girls, Isetan et ses clientes. Ginza 1 chôme puis Higashi-Ginza puis à nouveau Ginza, Sukiyabashi doori cette fois-ci. Et à présent, oui dorénavant, Iidabashi ! De nouveau, utilisateur de la ligne Yurakuchô (Y) et son atmosphère, différente de ce qui transpirent des lignes Marunouchi, ou Fukutoshin ; Hanzômon ou encore Namboku, Hibiya sans oublier la Yamanote qui elle aussi fit partie de mon lot quotidien à une époque. A nouveau quelques visages inconnus que l’on finit par reconnaître dans cette voiture de tête, dans celle de queue parfois … A force ! Cette constance, ce qui ne change pas, oui c’est ce trajet à vélo de la maison à la gare, un trajet identique et ce, qu’elle que soit mon lieu de destination. Presque immuable puisque seule l’heure à laquelle j’enfourche ma monture diffère.

14:57:23 Je me méfie peu des tournée de la kuroneko à la différence de celles de Sagawa où les chauffeurs semblent être spécialement formés pour rassurer les voisinages grace à une conduite souple agrémentée de multiples salamalèques et autres attentions.  Moi j’adore prendre ce virage en descente, à fond. Je sens alors le vent me caresser le visage, … Je prends l’élan nécessaire avant de débuter ma journée de travail.

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14:59:54 Devant le mami-mato, à cette heure, il n’y a pas foule. Le rush-time c’est avant midi où la ménagère de plus de cinquante ans, une cible pleine d’avenir ici, se remarque avec ses daikon qui degueulent des cabas là où dans d’autres contrées, ce pourrait être la baguette de pain. Le rush-time c’est aussi après midi, lorsque les ouvriers du coins viennent s’y approvisionner en bentô. A ces moments-là, ce sont des dizaines de vélos qui envahissent la chaussée et qui cohabitent tant bien que mal avec les voitures qui se croisent avec difficultés. Des cyclistes qui déboulent de partout. Il est quinze heure, je peux accélérer l’allure, le rush-time de la soirée est encore loin.

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 » – Maido ! « 

 » – Ah ! Bonjour ! « 

15:02:18 Allez m’ssieurs dames on en profite, on en profite des fruits et legumes, juste devant la grande surface droguerie-entretien-medicament !

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15:04:58 Autrefois, je m’assurais qu’il n’y avait pas de véhicule ou de vélo surgir à cet endroit. Depuis la rue a disparu, elle est à chercher 20 mètre plus loin, une maison y a été construite à la place. On a cependant oublié d’enlever les miroirs d’intersections.

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15:05:35

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 » – Excusez-moi madame, la petite poste du quartier Ouest, ça vous dit quelque chose ? »

 » – La poste … ? « 

 » – Du quartier Ouest ! Pas la Centrale, s’il vous plaît « 

 » Ah oui … Vous allez tout droit, puis au croisement devant le Seven eleven, vous tournez à… Ah ! Non le mieux, c’est de passer le passage à niveau puis vous irez à gauc… à droite … Oui je crois bien que c’est cela, comme je vous le dis … A gauche ! « 


15:06:47 Je marque un arrêt dans ma course et m’incruste dans ce dialogue capté en indiquant à l’homme au costume et à la grosse voiture la direction de la poste, quartier Ouest. A l’opposé de la direction indiquée par la vieille dame. Qui en voudra semble t-il à mon insolence

 » – Ah non ! C’est comme j’ai indiqué ! Enfin … Non mais ! « 

L’homme, nous remercie rapidement, chaleureusement tous les deux et prend congés de ces deux autochtones.

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15:08:36 Me voila sur l’oeuvre inachevée, quelques centaines de mètres de plat et de « tout droit ». L’oeuvre inachevée, comme il me plaît de la nommer. Cette grande avenue qui n’est toujours pas inaugurée, trente années après les débuts des travaux. On ne cesse donc jamais de fignoler et de bricoler, à defaut de pouvoir en terminer sa construction.  » La rue est à moi », je pédale comme un fou et rattrape mon arrêt de tout à l’heure. Je me demande tout de même, quel chemin, jusqu’à la poste, l’homme à la grosse voiture aura choisi ! L’explication de cette vieille dame, très couleur locale, qui a très certainement toujours vécue dans le coin mais qui présente néanmoins quelques signes avant-coureur de … « J’ai pas toute ma tête » OU, cet étranger à vélo qui a surgit de nul part pour infirmer les propos de la dame ? Il a prit trop vite congés de nous, l’homme ! Les deux chemins mènent bien à la petite poste quartier Ouest ! Seulement, un des deux, ne peut être emprunté qu’à pieds !

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15:07:06 Le batiment de la gare est en vue, encore quelques coups de pédales et on y sera !

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15:08:12 Le parking à vélo, propriété de cultivateurs dont le tracé du chemin de fer aura fortement lésé leurs ancêtres en rognant quelques parcelles de terres. Le développement urbain et la gare située à deux pas du vieil hangar à machines agricoles qui sera transformé en parking à vélo ; quelle aubaine ! 2800 yen par bicyclette.

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15:10:32, le train de 15:12 est à l’approche …

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The cone’z, double messieurs under the rain

The cone’z,

ils font pourtant, plus que n’importe où sur la planète, entièrement parti du paysage. Et pourtant, qui les remarque ?

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Double-Messieurs under the rain, doit on l’annuler pour « intempéries » ?

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