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Les couleurs du ciel N° 20090525

  crepusk

 

 » – Tu vois cette ligne, qui se croise avec celle-ci, il parait que cela signifie qu’un jour, j’irais vivre à l’étranger. Oui, dans un pays étranger mais pas pour raisons professionnelles … »

Puis elle sourit. Les derniers clients venaient de quitter le bar, nous étions au bout du comptoir et nous regardions la paume de nos mains en tentant de déchiffrer les secrets qu’elles détenaient. Elle devait très certainement penser à Patrick, ce jeune client anglais qui était venu lui dire au-revoir et qui avait promis de venir au restaurant de temps en temps.

Demain, oui demain, elle se sera éclipsée, Harumi.

Je n’aurais travaillé que trois jours à ses côtés, le temps pour elle de m’expliquer deux-trois trucs comme, entre-autres, la caisse ou la prise des commandes auprès des fournisseurs. Elle n’aura donc été qu’un mois derrière ce comptoir, après le départ de Kazu pour le bar à Ebisu et ce, jusqu’à ce que le boss décide que ce serait à présent moi, qui animerait le comptoir de ce petit bar à vin. Au début, j’appréhendais ces trois jours de passation avec elle. Je la savais extrêmement déçue de cette décision, je savais qu’elle n’était pas ravie de devoir retourner au restaurant, quelques rues plus loin. Je craignais qu’elle ne me mette des batons dans les roues, il n’en fut rien.  

Oui, c’est cela, il était presque 18 heures. Je revenais d’une énième errance tokyoite et en marchant depuis la gare, je regardais la grosse boule qui se couchait. Demain à cette heure-ci, j’ouvrirai le bar mais sans Harumi. Je crois bien que c’est à tout cela que je pensais à ce moment-là, sur le chemin de la maison. J’aurais tant aimé que l’on continue de faire équipe tous les deux. Je crois bien que l’on se serait très bien entendu et je pense que cela se serait même ressenti sur la recette du bar.

Dans ma tête, résonnait encore le son qui sortait de son Ipod qu’elle avait branché sur l’ampli du bar. Il y résonnait surtout ce morceau electro, qui passait souvent sur Nova, à Paris …

 

Le morceau démarre, 20 secondes après.

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Quelle foire !

 

 » – Bon et … Bien, à cet automne alors ! « 

 

Je venais tout juste de rendre mon badge, ma carte et mon pass Suica permettant l’accès aux portillons automatiques des différentes entrées reservées aux staffs du magasin. M. Yamazaki me saluait une dernière fois ; ainsi s’achevait cette folle semaine, la semaine des vins et fromages du monde. Une foire bi-annuelle qui se tient chaque année au 11ème étage du grand-magasin Daimaru de la gare de Tôkyô.

J’arpentai à présent le long couloir qui relie les quartiers de Yaesu à Marunouchi afin d’attraper mon métro. Ces deux entrées principales dont « Gran-Sta« , le centre commercial inaguré il y a a un peu plus d’un an traverse en souterrain les lignes de trains classiques JR et celles de Shinkansen. « Gran-Sta » grosse veine de circulation qui permet également de relier les sous-sols des buildings de Marunouchi et cela jusqu’à la gare de métro de Ootemachi. Ce sont des centaines de commerces de services, de boutiques de souvenirs ou de bentô pour voyageurs pressés, bars et restaurants et dont le Daimaru en est la … Locomotive commerciale ! En attendant l’achèvement de « Gran-roof« (sic !) un toit de verre qui coiffera la vieille gare en briques rouges de style 1900, la gare de Tôkyô. Il était presque dix heures, mis à part quelques rires et quelques bruits de tablées qui s’échappaient des izakaya de la galerie marchande, l’ambiance tranchait avec ce que je venais de vivre pendant une semaine à la foire des vins et fromages du monde. J’étais sur les rotules mais d’humeur joyeuse et me remémorait ces instants passés et encore bien frais, ces bruits et ces odeurs, ces paroles échangées avec les clients, ces impressions derrière un show-case gâvé de Roquefort papillon, de Langres de Champagne, de Taleggio, de Mimolette extra-vieille ou de Selles-sur-Cher. Une fois de plus, j’aurais donc vendu du fromage dans un grand magasin de la capitale mais cette fois-ci, à des Tokyoites sur-excités. Récit :

 

daimaru-wine1

 » – Aujourd’hui, il y a encore un con qui s’est appuyé sur mes bouteilles pour y faire une pause, il font chier ! »

La belle équipe,

La foire aux vins et aux fromages du monde, c’est deux fois par an, au Printemps et en Automne, une foire commerciale qui réunit plus d’une cinquantaine d’exposants, principalement des marchands de vin. Comme par exemple, M.Yamazaki, qui y distribue quelques crus bourguignons. Pour d’autres, ce seront les petits vins de pays du Sud de la France ; les vins d’Italie, d’Allemagne, du Chili, les Côtes du Rhône, les vins en canettes, le Bordelais puis la Bourgogne again et puis, outre le fromage, viennent se greffer un vendeur de saucisse germanique, de bacon Iberico ou encore; un importateur de bière belge ou un producteur de fruits secs, et voilà je crois que je n’oublie personne.

Et donc, deux fromagers se partageront les clients de cette foire venus d’abord, parce qu’il y a quelques bonnes affaires à faire au niveau du vin. Il y a donc, l’importateur pour lequel je travaille, dans le circuit depuis de très nombreuses années mais qui a bien du mal à résister à la concurrence agressive de … Euh, ses concurrents ! Et, il y a surtout, le number one du secteur, l’ogre crémier nippon, the king of the piece of Camembert in Japan, Chesco ! Oui, ce même Chesco qui fournit la majorité des supermarchés du pays de ses fromages, tient également boutique à la foire du Daimaru avec des produits que tout le monde connaît en fait. Seulement voilà, cette année, the King devra se contenter chaque jour d’un chiffre d’affaire de moitié de celui du petit importateur ! Coup dur pour le leader, dont l’arrivée en cours de semaine de quelques cadres du groupe venus finalement épauler les jeunes filles en arbaito, ne suffira pas ! Il faut dire que le petit fromager avait cette année mis les moyens sur ses forces de vente en composant une equipe de choc, un casting hollywoodien, oui, un 4-4-2 d’exception qui ne laissera aucune chance à son concurrent pourtant, dix fois plus gros !

Comme chaque année et deux fois par an, la jeune et très jolie et très dynamique, Mlle Ozawa ; fan de Brigitte Fontaine (sic !) également chanteuse dans un petit groupe de rock amateur et ayant pour signe particulier de ne pas savoir monter à vélo (mais est-ce bien nécessaire que cela apparaisse ici ?) dirige du haut de ses 25 ans, une petite équipe de quelques dames, la cinquantaine passée. L’équipe est bien rôdée et a une bonne connaissance du monde fromager mais, … Mis à part Miss Ozawa, tout ça est plutôt mou comme un Taleggio bien fait ! Alors pour y remédier, notre crémier fera appel à deux personnages atypiques, à deux jokers pour renforcer cette équipe et appuyer ainsi le pep’s d’Ozawa :

Le premier de ces personnages ; allez, on commence par lui… Et bien c’est moi ! Oui, moi l’auteur de ces lignes. Déjà quelques expériences réussies en grands magasins de la capitale, pour qui la vente de fromages n’est pas une nouveauté ; j’y apporterais mon expérience, une touche d’insolence (oui aussi) et puis également, un peu de masculinité au milieu de toutes ces femmes, un peu d’AOC aussi, au vue de ma tête et de mon japonais parfois approximatif ! 

 » – Et oui M’ssieurs-dames, c’est un Irish-Porter, un fromage à la bière brune, allez on en profite, c’est plutôt rare comme fromage ! »

 » – Aah ? A la bière brune ? Irish porter ?! « 

 » – Non m’dame, je n’ai pas dit que c’était le fromage de Harry potter, Ah ah ah ! »

 » – Ah Ah Ah ! Bien, je vous en prends un ! »

Enfin, la deuxième recrue de ce mercato de printemps, elle aussi pour la première fois au Daimaru-Tôkyô. Une personne qu’il n’était pas nécessaire de me présenter car nous nous connaissions déjà. Je n’avais pas remarqué dans l’immédiat sa présence. Puisque, tout juste après avoir enfilé mon tablier et après avoir salué timidement le staff qui se tenait à mes côtés, J’inspectais les show-cases avec Mlle Ozawa afin de prendre la température de ce que nous avions à vendre durant cette semaine. C’est à ce moment là, qu’elle m’apprit par exemple, qu’il y avait 600 sets de fromages à pâte pressé à 2100 yen pièce, à écouler ! Merde, tant que ça, pensais-je. Elle, la nouvelle, je l’a remarquai environs cinq minutes après, lorsqu’elle passa devant moi, avec son tablier ocre et son béret aux couleurs de notre fromager, tenant dans ses mains, un fromage …

 » – Eh ? … Mais ? … Ca alors ? Mais c’est … Mais qu’est-ce qu’elle fait là elle ? … Mary ?? … Mary ! »

 » Roban, … Euh ! »

Elle éclata de rire, je fis de même puis elle passa son index le long de sa gorge, mimant son égorgement, … Couic ! Un signe qui exprime le licenciement ici au Japon. Mary ou, la mère supérieure comme nous aimions l’appeler autrefois. Autrefois ? Oui, Mary fut ma chef de département lorsque je travaillais en entreprise dans ce quartier d’affaire de Hamamatsu-chô. Elle y dirigeait le service relation clients et promotions. Ensemble, nous voyagions très régulièrement à travers tout le Japon afin de rencontrer nos plus gros acheteurs ; à Oosaka, Nagoya, Fukuoka, Mito, … Et nous logions dans les plus grands hôtels comme les New Otani, Imperial hotel, Hilton, Sheraton, … C’est aussi elle qui me recruta avec le N°2 de la boîte, un jour de juin 2005, à l’hôtel Concorde Lafayette à Paris ! Aujourd’hui, elle venait de se faire licencier et en attendant d’intégrer une nouvelle entreprise, prévu pour le mois de Juin, elle acceptait quelques missions en intérim, … Mary est Taiwanaise naturalisée Japonaise.

Après de si longues années passées dans cette entreprise, Mary avait gardé ce style si particulier de langage et d’attitudes que l’on utilise lorsque l’on s’adresse à une clientèle qui s’apprête à débourser de grosses sommes pour l’achat d’un bien. Ainsi, ses clients du Daimaru étaient chouchoutés comme jamais, surtout pour l’achat d’une pointe de Brie de Meaux à 1050 yen ! L’ensemble avait un petit côté comique qui faisait sourire toute l’équipe mais moi seul, était apte à en comprendre l’origine. Ce qui m’amène à dévoiler le constat suivant ; chacun, avec ses différences marquées, fruit d’improbables rencontres, il se créera en un temps record, un groupe soudé et complémentaire, une force de vente exceptionellent efficace qui travaillera dans la joie et dans une incroyable bonne humeur ou de fréquents éclats de rires ponctueront ces longues journées. Mlle Ozawa refusant le rôle de petit chef qui lui incombait pourtant et puis aussi, l’absence de pointeuse ainsi que l’absence d’objectifs chiffrés inlassablement répétés comme trop souvent dans ces situations, participeront aussi, je le pense, à cette ambiance particulière. Cette semaine-ci, au Daimaru de la gare de Tôkyô, le chiffre d’affaire explosa et les 600 sets de fromages s’écoulèrent presque tous, si bien que nous dûmes rapidement limiter la vente à deux sets par personne de crainte de ne plus rien avoir à vendre les jours suivants.

 » – Alors il parait qu’on rigole bien ici ! »

Cette facon d’appréhender le travail est rarissime dans ce pays et c’est encore plus vrai en department-store. Ce qui d’ailleurs fera déplacer les différentes huiles du grand-magasin venu voir d’un peu plus près, cette equipe qui ne respecte pas les règles usuelles mais à qui on pardonnera tout aux vues des chiffres réalisés chaques jours. Alors oui, le spectacle avait pris place derrière les show-case du fromager mais le spectacle était surtout dans les allées de la foire aux vins et aux fromages du monde. Il suffisait de se promener autour des différents stands, d’y tendre l’oreille, d’y ouvrir grands les yeux aussi pour s’en rendre compte. Pour ceux qui, pris par des obligations professionnelles, ne pouvant trop sortir de leur show-case, il restait la salle de pause du 11 ème étage ou chacun y allait de sa petite histoire.

Le « gratos » du jour !

Oui, j’irais de surprises en surprises durant cette semaine. Je remarquerais par exemple, que nos amis deviennent d’années en années de plus en plus amateurs de fromages. N’hésitant pas à réclamer de la mimolette extra-vieille alors que je tentais de liquider le stock de la jeune (la mimolette !) en la proposant à la dégustation, en arguant qu’elle était parfaite pour aller avec la bière ou même avec le nihon-shu ! Je me rappelle aussi, cette époque pas si lointaine que cela, ou je devais absolument insister auprès de ma clientèle pour qu’ils prennent leur courage à deux mains afin d’avaler cette petite bouchée de Roquefort que je proposais en dégustation. « Non-non, les fromages à moisissures, je ne peux vraiment pas », que l’on me répetait. Au Printemps 2009, ce genre de réponses n’étaient certes pas inéxistantes mais beaucoup plus rares,

 » – Auriez-vous un fromage assez fort à me conseiller ? « 

 » – Ah oui, ce Maroilles devrait faire l’affaire. Goûtez donc ! »

 » – Ah-Oui-bof-, … Non, vous ne m’avez pas compris ! Je cherche un claquos’ qui, lorsque l’on ouvre le frigos’ empeste dans toute la cuisine, vous avez ça ? « 

Et sans compter tous ceux qui savaient reconnaître un Langres d’un simple coup-d’oeil ou encore ceux qui savaient différencier un Brie de Meaux d’un Brie de Melun, chapeau ! 

Les Japonais aiment les grands-magasins et il y a apparemment plus d’un fan de ce genre de commerces. Je me demande ainsi, si au Japon, on ne pourrait pas classer ce genre d’activité économique comme « Industrie de loisirs » au même titre que, tiens par exemple, ce que peut-être « Tokyo Disney Land » ou tout autre parc d’attractions, tant une grande partie de la clientèle semble s’y déplacer à la recherche du  meme but. S’y amuser !

 » – Oh !! Mais je vous connais vous, vous n’êtes pas à Ginza d’habitude ?! »

  A l’affut, du moindre evennementiel organise par les department-stores, ils les font tous ! Le Daimaru mais aussi et surtout, les Isetan, Mitsukoshi, Takashimaya, Printemps, Matsuya … Les « depaa-puro » du week-end ! 

Enfin on terminera avec la surprise king-size  de cette semaine passée : Les Japonais et leur comportement en société, une image pas toujours aussi lisse que ce que l’on se fait généralement de ce peuple si discipliné, si attentif aux notions de respect vis a vis de son prochain, si … Bref, qui dit, foire aux vins, dit dégustation … Non, dégustations ! Comme il l’est mentionné plus haut, c’est donc une cinquantaine de stands qui on investit le 11 ème étage du Daimaru de la gare de Tôkyô. Une cinquantaine de stands qui attendent le client avec une dizaine de bouteilles 0,75 l ouvertes, et des petits gobelets en plastiques. Oui, cela fait donc plus de 500 bouteilles environs à goûter ! Alors bien sur, la grosse majorité des visiteurs de la foire, goûteront quelques crus, quelques petits vins de pays et repartiront avec deux ou trois bouteilles, parfois beaucoup plus lorsque enchanté par ce qu’ils avaient dégusté sur place. Seulement, dans le lot, il y a un nombre impressionnant de visiteurs qui connaissent depuis quelques années la combine du Printemps puis celle qui suit en Automne ; où l’on peut se bourrer la gueule pour pas un yen et ce, durant une semaine durant, dans notre grand magasin vedette ! 

 » – Bah, comme chaque année, je ne vends pas énormément. Je suis la seule à vendre de la bière ! Et de toute facon, la majorite des clients qui viennent goûter ma bière, c’est pour se désaltérer ! Ils ont soif après tout ce vin ingurgité ! »

L’exposante de bières belges, n’est pas crédule, elle sait que son stand est perçu comme une oasis, un point d’eau dans le désert ; d’ailleurs les clients se plaignent si souvent que ces gobelets beaucoup trop petits ne permettent pas d’étancher sa soif !

 » – Oh tu sais, c’est deux fois par an la meme chose et chaque année, il y a toujours au moins une fois, une ambulance qui vient chercher un client qui nous a fait un coma éthylique ! » 

Après cette remarque de M.Yamazaki, entendue dans la salle fumeurs, je pensais immédiatement à cette jeune femme, à la chemise maculée d’une énorme tâche de vin, prenant à pleines poignées, ces petits morceaux de Camembert de Normandie que j’avais coupé et deposé sur une assiette en carton. Je dus l’arrêter en lui signalant qu’il  s’agissait là de « samples » pour faire connaître le produit et non du repas de ce soir, … Enfin quoi !! Elle n’était pas la seule et j’avais commencé à repérer ce genre d’oiseaux. Ils commençaient toujours par tourner autour du stand et ne s’intéressaient qu’aux fromages mis en dégustations – avant de demander à goûter celui-là puis celui-ci – c’est l’haleine lourde, les lèvres noires, la diction difficile parfois, les yeux globuleux souvent … Je les envoyais finalement au stand d’à côté, celui du concurrent ! Je ne risquais rien de raconter cette histoire dans cette salle de pause, aucun de chez Chesco ne fumait. Un des vendeurs de vins nous raconta qu’aujourd’hui  encore, un con s’était appuyé sur ses bouteilles parce qu’il ne se sentait pas bien ! Le vendeur de saucisses germanique nous parla un peu de son stand aussi.

 » – Avec toutes ces dégustations que j’organise, je dois vous avouer un truc … Les saucisses, ça va faire bientot dix ans que je ne peux plus en manger !  »

 » – Et quand tu fais un chahan ? (sorte de riz cantonnais a la japonaise ) « 

 » – Je n’en mets plus dans le chahan non plus, je ne peux plus !!  » 

M.Yamazaki regarda sa montre, il était temps de regagner son stand afin d’aider son collègue qui était seul face aux visiteurs, dans une heure à peine, tout cela ne sera plus que souvenirs. 

 » – Bon, soyez sur vos stands à 21h messieurs-dames, j’offre la tournée ce soir. »

La vendeuse de bières belges, venait de jeter sa cigarette dans le cendrier et s’apprêtait à suivre M.Yamazaki. De toute façon, c’est chaque soir qu’elle nous offrait deux bouteilles de blanche  » Vedett » après le travail. Pour le dernier soir, le vendeur de bacon et de jambon Iberico passa lui aussi nous voir, avec un assortiment de charcutaille et quant à nous, nous réalisâmes quelques petits plateaux de fromages pour ces collègues avec qui nous avons partagé quelques agréables moments ensemble.

 

 » – A cet Automne ! ? « 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Nakamura, Shimada puis Iseki

 

 

 » – Prend garde à toi Roban, à la fin du mois je ne serais plus là et tu deviendras à ton tour leur souffre-douleur. « 

Il tira alors à trois reprises sur sa Seven Star. Trois rapides mais grosses bouffées tout en fixant en silence l’extrêmité de sa cigarette qui en se consumant formait une longue carotte rougeoyante puis il quitta l’espace fumeur de l’immeuble sans attendre un quelconque commentaire de ma part. Qu’aurais-je bien pu d’ailleurs lui répondre ?

Il y venait régulierement dans la journée dans ce local qui n’était en fait que le local à poubelles dans lequel on avait déposé un seau de couleur rouge sur un petit tabouret en guise de cendrier. Cela était fort pratique pour Nakamura de pouvoir venir fumer non loin du dépot des ordures qui devenait de ce fait le meilleur alibi qui soit. Ces petits instants volés, lui permettaient certainnement de pouvoir a nouveau encaisser les « coups », de respirer quelques minutes, « avant d’y retourner ». Je pense que l’on puisse dire que Nakamura était persécuté en permanence sur son lieu de travail ; du matin au soir, de l’instant ou il embauchait a 10h30 au soir a la fin de son service peu après 22h30. Il était sans cesse surveillé, ses faits et gestes examinés, épiés a chaque instant et plus particulièrement lorsqu’il avait une tâche a éxécuter. Aussi, à la moindre erreur, Toyoda surgissait de nulle part et il en sortait de sa bouche, un flot d’injures sans discontinué. C’est dans ces moments là que l’on voyait le front de Nakamura perler de mille gouttes. Nakamura avait 35 ans mais il en faisait bien dix de plus. Il avait une tête un peu particulière ; une grosse tête en forme de triangle ; une coupe de cheveux à l’ancienne avec une grande raie qui semblait départager les deux hémisphères de son cerveau. En voyant le personnage, on ne pouvait s’empêcher de penser a ces dessins de caricatures que l’on croque sur les places des lieux touristiques.

 » – Roban, tu n’as pas remarque comme Nakamura sent mauvais ? « 

J’avais répondu à Endo que non, je n’avais pas remarqué ce détail. Bien sûr que je l’avais remarqué et j’imaginais bien que la cause en venait du stress qu’il subissait continuellement. Je ne voulais simplement pas participer a ces mesquineries quotidiennes.

Toyoda vient de fêter ses 28 ans. Il est le manager, le maître du bureau de Shinjuku et cela, meme lorsque le président est dans les murs. Ce dernier lui laissant une totale liberté de management. Toyoda est grand et maigre, plutôt bel homme si l’on en croit les rares femmes qui travaillent dans l’entreprise. D’ailleurs, il attache une attention toute particulière à son apparence et comme il le dit, trouve la force après le travail d’entretenir son corps en faisant des étirements, des pompes et toute une série d’exercices musculatoires. C’est un jeune homme solitaire qui vit seul, sans compagne et sans ami aussi. Dans l’entreprise, Toyoda est craint mais il est surtout détesté et Je devine dans les yeux de mes collègues des envies de meurtres. Les premiers jours où j’avais fait mon apparition dans la boîte, j’avais également détesté ce type et j’espérais alors que l’on m’envoie a Ginza, dans cette nouvelle filliale du groupe avec une partie de l’équipe nominée. Il n’en fut rien, tout du moins pas dans un premier temps. Je n’aimais pas cet être sadique qui donnait l’impression de prendre tous les autres pour de profonds demeurés. Cela était accentué par sa grande taille qui lui permettait de regarder tout un chacun de nous de haut. Ca a été immédiat, lors de la petite formation de base qu’il me dispensa. Le débit de ses mots étaient rapides, des mots qu’il machait même tout en employant un vocabulaire compliqué.

 » – Tu ne prends pas de notes ? « 

Finit-il par me demander après cette longue tirade de mots et de phrases qui couraient le 100 m haies.

 » – Non ! Je ne prends pas de notes M. Toyoda. J’en prendrais lorsque cela s’avèrera nécessaire. Pour l’instant il ne s’agit que de tâches routinières qui rentreront facilement après les avoir exécuté au moins une fois. Si je prenais des notes, cela ne voudrait-il pas dire que je ne comprends pas grand chose au travail à effectuer ? « 

Mon insolence aurait pu, aurait du, me donner quelques petits soucis d’intégration mais je crois bien que j’avais destabilisé, sans l’avoir cherché, mon formateur. Cela me fait penser à ces premiers jours où je vendais du fromage dans ce grand magasin de Saitama. Ma formatrice de l’époque m’avait crié dessus comme quoi, je mettais trop de temps à emballer ces cubes de cream cheese, que pour chaque cube, je devais mettre au plus, 15 secondes. Apres quoi, en utilisant un ton « maternel » me demanda si elle faisait peur ! Je lui avais alors répondu que « non-non, elle ne faisait pas peur, qu’elle etait juste hystérique et que si elle continuait de la sorte, Roban, c’est sayonara qu’il dirait ! » J’avais eu par la suite, une paix royale.

Toyoda me regarda droit dans les yeux, certainement un peu énervé.

« – Ok-ok, on verra ! « 

Puis demanda à Nakamura de m’expliquer tout en détail ou plutôt, ordonna à Nakamura de finir la formation. J’avais alors de la compassion pour ce type brime et harcele par notre manager mais je me rendis compte que mon nouveau collegue allait reproduire avec moi, ce qu’il subissait a longueur de journee avec son tyran. Il ne m’expliquait pas le travail, il m’ordonnait l’execution de taches les plus ingrates qu’ils soient.

 » – Roban, qu’est-ce qu’il t’a dit Nakamura ? « 

« – Je n’ai pas tres bien compris ce qu’il m’a dit « 

 » – Ne t’inquiete pas, ici, personne ne comprends ce qu’il dit celui-la ! « 

Endo m’avait surpris soupirer fort devant Nakamura. Ce genre de soupir que l’on fait lorsque l’on est énervé après quelqu’un. Nakamura était en fait, comme ces enfants battus qui une fois parents, reproduisent exactement les mêmes schémas d’éducation qu’ils vécurent. Nakamura cherchait à reproduire avec le petit nouveau que j’étais, l’attitude de Toyoda. Je ne l’avais pas dit à Endo qui ne se génait pas non plus pour aboyer sur lui. Je ne me rebellerai pas non plus sur mon senpai, il avait sa dose quotidienne, je n’allais pas en rajouter. Nakamura était un être faible à la triste existence, point.

Il y eu par la suite, d’autres chocs avec Toyoda comme celle de « la prise de notes » mais au lieu de me porter préjudice, cela accèlera mon intégration et réussit à me faire respecter au sein de l’entreprise.

Nakamura quitta les lieux a la fin de son préavis comme cela avait été convenu. Il avait été licencié, je ne sais pas exactement pour quelles raisons mais je pense que cela était préférable pour lui de quitter ces lieux et de retrouver sa « liberté ». J’espère seulement qu’il aura réussi a trouver un emploi plus confortable. Après son départ, je repris une partie du travail qui lui incombait mais pas celui de souffre douleur. On pouvait encore, quelques temps après, entendre des moqueries sur son compte. Quelqu’un s’était demandé si le forcené d’Akihabara qui avait foncé sur la foule à l’aide d’un poids lourd puis qui était descendu sur la chaussée poignarder sept personnes, n’était pas Nakamura. Cela ne m’avait pas fait rire, mes collègues, oui, beaucoup.

 » – Enchanté, je m’appelle Shimada « 

 » – Himada-san ? Enchanté moi c’est Roban « 

Toyoda explosa de rire, la nouvelle recrue avait un problème de locution et ne parvenait pas à prononcer correctement le son « Sh ». A chaque fois qu’un mot comportait le son « sh », il se formait sur son visage une sorte de petit rictus du à la contraction de ses lèvres. Shimada était tout comme Nakamura, agé de 35 ans mais en paraissait dix de moins. Je m’étais gentiement moqué de ses chemises a carreaux qui ressemblaient beaucoup à celles que portent les employés de Tokyo-Metro. Toyoda, lui reprenait mon erreur et parlait de Himada en imitant son rictus, parfois presque devant l’intéressé en personne.

Il fallait se rendre à l’évidence, Shimada était certes très sympathique mais il ne semblait vraiment pas doué pour le travail, bien qu’il prenait soin de tout noter sur un calepin, ce qui parfois lui donnait des petits airs d’inspecteurs de police ; d’ailleurs, il ressemblait beaucoup a Columbo, de 20 ans plus jeune. Shimada devait fournir des efforts considérables pour mener à bien le travail qui lui était demandé. Malgré tant d’énergie déployé, il ne parvenait toujours pas à assimiler le travail et ce, même au bout de deux mois après s’être présenté à nous. Shimada était toujours ce petit nouveau à qui il fallait sans cesse tout expliquer, à qui il fallait dresser des listes afin d’éviter de facheux oublis, après qui, il fallait passer derrière pour contrôler le travail. Ce qui, bien sûr, provoquait d’énormes colères de qui on sait.

 » – Shimaaaaada ! Où est-il encore allé celui-là ?  » 

Pouvait on alors entendre a longueur de journee dans les couloirs.

 » – Il fume en secret au meme endroit que le faisait Nakamura, je le sais « 

Répliquait Endo, en pouffant de rire.

 » – Roban, Shimada il n’y arrive pas, il n’y arrivera jamais … Hein !? « 

Bien que la phrase d’Endo était tournée à l’interrogative, cela était en fait une affirmation qui n’attendait plus que mon approbation. Je craignais fortement que se mette en place un « Shimada-bashing » et qu’il lui arrive le meme sort qu’à Nakamura. Quel emploi nouveau aurait-il bien pu trouver ? Il aimait le surf et un peu trop le whisky, difficile d’en faire carrière.

 » – Il est pratique ! Oui, Shimada est pratique « 

Avais-je un jour déclaré afin de mettre fin a une énième plainte collective. Et, c’était vrai qu’il était pratique. C’est Shimada qui passait la serpillère, qui apportait le thé aux clients ou qui restait tard pour finir un travail.

Je fus finallement envoyé a Ginza, cela émanait du président qui souhaitait que je m’occupe des clients étrangers beaucoup plus presents à Ginza qu’à Shinjuku.

 » – Alors comme ca, Shimada est pratique ? « 

Ma petite phrase avait pris la ligne de metro Marunouchi me précédant ainsi. Le manager des lieux ponctua d’une petite tape amicale son message de bienvenue. J’en profiterai alors pour évoquer le cas Shimada avec lui. Je lui expliquait qu’en le menageant et qu’en y allant doucement avec lui, il pourrait sans doute y arriver. Mon nouveau manager, qui ne porte pas Toyoda dans son coeur acquiessait. Les jours passaient, j’avais retrouvé Ginza que j’avais quitté quelques mois auparavant lorsque je travaillais dans ce grand magasin. Je repensais a Mori et Naito, véritables promoteurs du quartier. J’avais de temps en temps des echos de ce qui se passait a Shinjuku, notament lors de réunions ou j’y rencontrais d’anciens collègues.

 » – Avant-hier, il l’a frappé a la tête avec un dévidoir de ruban adhésif et hier, c’est avec un carton de photocopies A4 qu’il lui a porté un coup. Depuis que tu es partis, l’ambiance s’est déterioré, déjà que … « 

Quelques jours suivirent et j’appris à la fin de mon service que j’étais à nouveau rappelé à Shinjuku.

«  – Toyoda est triste sans toi, a partir de demain tu retournes là-bas, il nous a fait tout un pataquès « 

Le manager m’expliquait alors que Shimada, irait quant a lui à Ginza et qu’en le prenant en douceur, il arriverait a en tirer quelque chose.

 » -Ah ! Et puis, Iseki ira aussi a Shinjuku avec toi, tu verras, Iseki est très … Pratique « 

 

 » – Isekiiiiii ! Ou est-il encore passé celui-là ? 

Depuis deux semaines, un nouveau nom circule dans les couloirs avec la même intonation.

 » – Iseki, il fume une cigarette au local a poubelle, comme le faisait Shimada avant, je le sais !

Non, Iseki était cette fois-là aux toilettes, Toyoda s’entrediendra quelques peu avec lui puis se retournera vers moi et sans faire attention à Iseki, mimera de ses deux mains, mille gouttes de sueurs perlant le long de son front. Je regardai Toyoda en secouant la tête.

 » – Toyoda, tu sais ce que tu es ? Un sadique ! « 

 » – Oui, Toyoda est sadique, Toyoda est mechant … Mais, regarde les tous, ils sont faineants, ne savent prendre aucune initiative, ne cherchent pas a reflechir, repetent les memes erreurs et c’est comme ca, ou que l’on aille au Japon. Tu en as deja vecu quelques unes d’experiences dans des entreprises japonaises, tu sais de quoi je parle non ?  »  

 » – Et puis, ils prennent tous des notes mais sont capables de rien ! … « 

 

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Department-story : Comme un sac !

« – Tu as rencontre Amai-san (*) en arrivant ? »

Ce jour-la, voila en gros, les mots qui m’accueillirent lorsque je m’etais presente a la boutique, juste avant de prendre mon service dans le depaa-chika de ce grand magasin de Ginza. Et bien non ; je n’avais pas encore rencontre Amai-san en arrivant. Ce jeune « food expert » comme le precisait sa carte de visite. Amai-san fait en quelque sorte partie d’une brigade qui se melange a la clientele et arpente, sans discontinuer les allees de son secteur respectif afin de superviser le bon deroulement des ventes. Le tout en distribuant des irrashaimase-sourires commercants jusqu’aux oreilles a profusion et le cas echeant, tachera egalement de reperer les cleptomanes, de regler les menus conflits qui arrivent de temps a autres entre un commercant et un aimable client,  d’aider un commercant en cas de problemes avec la caisse-enregistreuse (qui appartiennent au grand-magasin). Mais egalement et peut-etre surtout,  de veiller a ce que les commercants « independants » ou, comme ils le sont appeles en interne, les « partenaires » ; se tiennent bien aupres de la clientele ! Gare au coude pose nonchalement sur le showcase, gare aux bras croises, eventuellement aux doigts dans le nez … L’image du grand magasin, c’est l’affaire de tous !  Bon …

« – C’est sa veste ! C’est l’attraction du jour, je ne t’en dis pas plus, tu verras par toi-meme. Pour te dire, il s’est meme fait remonter les bretelles par le chef du secteur ! »

Ouh la, a ce point ?! Puisqu’il s’agissait de l’attraction du jour, j’etais donc presse de rencontrer notre vedette.

« – Elle est pourtant bien ma veste, non ? »

Personnellement, je l’a trouvais pas trop mal cette veste. En plus, ca change un peu de ces costumes classiques de salary-man que portent ses collegues. Il y avait pourtant quelque chose qui clochait mais je n’arrivais pas a voir dans l’instant. Je lui expliquais que partout, de la salle fumeur a la salle des frigos, du vendeur de cremes glacees au magasin de the, partout on ne parlait que de la veste d’Amai-san. Puis, a force de l’avoir dans mon champ de vision, je finis par comprendre ce qui avait peut-etre provoque la colere de son chef.

« – Ah mais oui ! Je sais ! Tu es habille en fait, comme … Aux couleurs … d’un sac de chez Isetan ! »

Isetan Un grand magasin tokyoite, dont le vaisseau amiral est situe a Shinjuku,  un concurrent en quelque sorte ! La veste d’Amai-san, c’etait de la publicite subliminale ?

 

(*) Le nom a ete deliberement change.

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Department story : Ginza, c’est bath !

 « – Et m’ssieur Roban, il va toujours travailler à Ginza ? »

La « smoking-room » du deuxieme sous-sol de ce grand magasin tokyoïte, est l’endroit idéal pour causer avec moults personnages que l’on a pour habitude de croiser dans ces couloirs, docks de livraisons, vestiaires ou encore cantine du personnel, salle des frigos, bref ; toutes ces parties que la clientèle ne verra jamais … Aujourd’hui, le billet du jour, c’est avec ces messieurs, Mori et Naito, livreurs pour une grande compagnie de transports et logistiques que nous le passons. 

Cela fait de tres nombreuses années que notre couple vedette livre quotidiennement des gâteaux que ces dames de Ginza dégusteront avec un coffee blend à un étage élevé de ce department store.

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Ce dimanche dernier, je leur avais dit que j’irais peut-etre au mois de mars, m’occuper de l’ouverture d’un nouveau point de vente prévu a Ikebukuro, situé également dans un grand magasin. C’est en choeur qu’il me feront un petit « sightseeing-Tokyo-tour » facon Mori et Naito :

« – Aaaah ! Mais pourtant Ginza, c’est ce que l’on fait de mieux au Japon ! Tu ne vas tout de meme pas aller à Ikebukuro ! »

Me dit l’un avant que son compère ne renchérisse. Visiblement, j’avais à faire à des fans de Ginza :

« – Oui, à Tôkyô, que dis-je au Ja-pon ! C’est Ginza le top. Partout ailleurs, c’est gucha-gucha. Ikebukuro c’est gucha-gucha. »

« – Oui ! Ikebukuro, c’est gucha-gucha mais Shinjuku aussi, c’est gucha-gucha, Ueno ou encore Shibuya c’est gucha-gucha !

Ne pouvant en placer une, sur le fait par exemple que Ikebukuro était plus proche de mon domicile. Je reussirais finallement a clore cet inventaire des quartiers de la capitale fournis en grands magasins. En m’inquiétant sur la raison pour laquelle je n’avais pas vu mes deux amis dans la matinée comme à l’accoutumée. 

 

« – Ah la la ! Ne nous en parle parle pas de ce marathon ! Quel bordel, impossible de traverser Ginza, ils avaient fermer tous les accès !

 

 

 

 

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Department story : Premiere fois

Bon finallement, cette neige, n’aura tenue que quelques minutes sur Tokyo-ville, un peu plus sur Saitama cotes champs. Pas eu le temps pour cette bataille de boules de neige  …

Ah ! La neige, ce fut la conversation phare des mamies ce jour-la dans le metro. Ce fut presque les premiers mots de Mami ce matin-la au travail. Elle avait une grande nouvelle a m’annoncer  : 

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« – Ce matin, j’ouvre les rideaux et waaaah ! La neige ! Alors je me suis habillee en vitesse et je suis descendue dans la rue ! »

Je dois dire que je l’aime bien Mami. On s’entend tres bien. Il faut dire qu’elle sait tres bien allier travail et deconnade. On aime aussi parfois se moquer discretement de nos clients ou de certains collegues qui travaillent avec nous dans ce grand magasin de Ginza. On aime regarder les jolies filles qui passent devant notre stand et on prend plaisir a se raconter nos petites vies respectives. C’est aussi dans le travail que l’on s’entend bien, notament lorsque nous sommes dans le jus et qu’il faut gerer plusieurs clients a la fois et ce, avec une seule caisse. Pas besoin de se parler, un seul regard et on se comprend. « Vas-y encaisse ta cliente, j’ai bientot fini de servir le mien » ou bien « je vais encaisser le client que tu es en train de servir, annonce moi ce qu’il a commande« . C’est bien la premiere fois que je rencontre une telle complicite dans le boulot.

Pourtant, lorsqu’elle a evoque ces flocons qui etaient tombes tres tot ce matin-la, je n’avais pas immediatement saisi ce qui pouvait la mettre dans cet etat la. Je crois bien que je lui avais meme repondu d’un ton presque dedaigneux  » Ben ouais, j’ai vu qu’elle etait tombee, la neige » ; je crois.

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 » – Mais … Tu te rends compte, … C’est la premiere fois de ma vie que je vois la neige en vrai, que j’ai pu la toucher ! »

Ah mais oui bien sur ! Il ne neige pas a Okinawa ! Cela va faire deux ans que Mami a quitte son ile pour Tokyo. L’an dernier, je vous le disais bien,  nous n’en avions pas eu de neige !

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Department story : Bouton de travail

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« – Tiens !? Tu portes la casquette toi ? »

Ce n’est pas tous les jours mais assez regulierement tout de meme que je le croise dans la « smoking room » qui est situee juste a cote de la salle des frigos. C’est un jeune Francais qui travaille dans un restaurant, francais lui aussi et situe au dernier etage, de ce grand magasin dans lequel je suis actuellement employe. C’est bien agreable de temps en temps de pouvoir s’entretenir ne serait-ce que quelques minutes, avec une personne qui partage la meme culture, la meme langue. Aujourd’hui, je ne l’ai pas reconnu tout de suite, dans cette « smoking room » qui, grace a la proximite immediate des frigos, permet de s’en griller une petite apres avoir pretexte un controle des temperatures, par exemple ! Il portait une casquette avec  visiere et celle-ci lui masquait presque les yeux.   

« – Oui, enfin rarement. Seulement, j’ai beaucoup travaille cette semaine, si bien que j’ai un bouton qui pousse juste au milieu du front, alors la casquette, ca masque un peu ! »

Lui et moi sommes tout de meme plutot mieux loges que bon nombres de nos amis Japonais. (respectivement 2 et 1 jours de conges par semaine) Je n’avais jusqu’a present encore jamais rencontre une telle concentration de gens travaillant, depuis plusieurs mois, sans relache. Du matin au soir … Oui, sept jours par semaine !

Ci-dessus (photos) Deux vendeuses en salle de repos. Celle en premier plan, resistera peut etre au sommeil grace a l’absorbtion d’une boisson energetique (cafeine, taurine, etc)  

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