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Une nuit au Kozan bar

こうざん

Le vieux Sony Trinitron placé légèrement en retrait sur une étagère dans le fond de la salle y crachait un catch US et heureusement aphone ; quant au son, quelques tubes des années 80 y ambiançait le lieu.

Je m’étais commandé un whisky irlandais, un Bushmill sur de la glace. Après avoir fait tourner machinalement les glaçons dans le verre, j’y tremperai lentement mes lèvres afin de m’assurer de la qualité et surtout de la force de ma consommation, de la même manière que si, ce qui venait de m’être servi avait été un bouillon fumant, peut-être brûlant. Cela faisait un bon bout de temps que je n’avais pas bu de whisky et un Irlandais de surcroit ! Le comptoir en bois était pratiquement vide, les derniers clients, ou presque avaient désertés le lieu peu après mon arrivée. Il était à peu près deux heures, je n’avais pas prévu de m’arrêter au Kozan bar, je n’avais fait que passer devant la large devanture vitrée du rade. J’en avais déjà entendu plusieurs fois parler. Juste voir à quoi ressemblais ce lieu si populaire chez les oiseaux de nuits du coin. Je ne faisais que passer devant la devanture vitrée de l’établissement lorsque je remarquai que l’on me faisait de grands signes depuis l’intérieur.

 » – Qu’est-ce que tu fais dans le coin à cette heure-ci  ? Rentre donc ! « 

J’ai raté le dernier métro et je m’apprête à partir à la découverte de ce quartier qui m’a vu débarquer il y a si peu de temps. Marcher by night dans ces petites rues pittoresques, dans ce qui semble être un énième village tokyoite, un lieu d’histroireS réservés aux seuls initiés, comprendre pourquoi les habitants de cet endroit aiment tant y vivre et pourquoi ceux qui y sont étrangers, les envient toujours … Finallement je prendrai place au comptoir après que la femme de mon patron m’ait invitée à m’asseoir. Je saluai également, une amie à elle, accompagnée d’une de mes clientes, un vieil Anglais qui réside dans l’immeuble au-dessus de « mon » bar puis enfin le bar-tender lui-même que j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer et qui, je l’apprendrai ultérieurement, habite à quelques pas de chez moi, dans une ville voisine à la mienne. Je ne me serais pas attendu à connaitre les trois-quarts de cette improbable assemblée, cela me fit sourire. A cette heure presque avancée, l’ambiance était festive et on s’amusait à sortir des jeux de mots pour tenter de faire rire la compagnie présente.

 » – Tu ne connais pas Niku Jaga ( ? ), le leader des rolling stones ? « 

 » – Ah ah ah ! « 

Le temps passa tranquillement, avec ce petit monde et nous bûmes ensembles quelques verres, jusqu’a ce qu’ils prirent congés de moi et tant pis pour ma balade de nuit  !

After à Kagurazaka.

Après un coup d’oeil à l’horloge murale qui indiquait à présent trois heures, puis à mon verre dont il ne restait plus qu’un peu de glace qui nageait dans une eau légèrement aromatisée au Bushmill ; je commandais alors « la même chose ».

 » – Do you live in Kagurazaka ? « 

Cela venait de ma gauche. Il était donc à peu près trois heures, le bar-tender n’avait pas encore remplacé mon verre aromatisé par un nouveau Bushmill et j’avais des voisins de comptoir à ma gauche. Il y avait là une dame, dont j’estimais l’âge à la soixantaine passée, à la voix extrêmement abîmée, une voix roque qui se mélangeait aux tubes des années 80. Une voix fort déplaisante mais qui au final collait parfaitement avec le décor de mon étape nocturne, un bar ! Cela devait certainement être le fruit de trop nombreuses années de consommations alcooliques et de tabac dans les bars de Kagurazaka, à moins qu’elle n’eut à subir une opération de la gorge mais son hygiène de vie ne devait pas y être étranger. Tant pis pour le confort d’écoute de ces vieux hits qui commençaient à me rappeler quelques souvenirs de jeunesse. Quant à celui qui m’avait posé la question en anglais, je l’avais remarqué pour l’avoir précédé de peu dans ce bar. Il avait d’abord cherché des yeux une quelconque connaissance avant de se résigner à chercher une place autour du comptoir, il se cala alors entre la vieille dame, qu’il devait connaitre au moins de vue, et moi. La cinquantaine toute proche, son allure se démarquait néanmoins ostensiblement du salary-man moyen. Il portait un costume dépareillé aux tons sombres au dessin plutôt moderne et dont la qualité du tissus permettaient de penser qu’il s’agissait là, du travail d’un bon tailleur ou de celui d’un grand couturier. Il n’avait cessé de fixer du regard, tête baissée, son verre de scotch jusqu’à ce qu’il tente d’engager la conversation avec moi. Nous nous présentâmes alors brièvement. Je pris possession de mon nouveau whisky irlandais ; la vieille dame se commanda un nouveau Gin Rickey ; l’homme triste me demanda si je connaissais Jacques Attali et je crois bien que c’est la première fois que je rencontre un Japonais qui connaisse ce personnage. Voilà qui me changeait des références habituellement entendu, Adamo, Polnareff, Jean Reno ou plus récemment Sarkozy. L’homme au scotch on the rocks etant dans le conseil stratégique économique et financier, quelque chose comme ça ; c’est ce que je compris tout du moins. On enchainera alors quelques bavardages sur le thème de l’économie mondiale, chacun de nous deux y cherchant ses mots dans les profondeurs de son verre. Quant à la vieille dame, elle cherchait à participer à la conversation mais ne parvenait à sortir de sa bouche que des évidences inintéressantes, que sa voix bousillée accentuaient. L’homme ne cherchait pas à la mettre de côté, préférant prendre son temps ou bien le perdre pour lui expliquer le monde d’aujourd’hui. Le problème des retraites, la privatisation de la poste, le nationalisme nippon ; un tableau sombre se dessinait, l’éclatement de la bulle immobilière, internet puis les subprimes, la chute des exportations et le chômage, le Japon et ses voisins et puis l’Inde qui est le prochain grand pays à surveiller.

 » – Par contre, le Japon, … C’est fini, ter-mi-né ! « 

Je laissais mes yeux dans le fond de mon irlandais et me laissais aller à quelques réflexions personnelles. Je pensais à mon emploi actuel, gérant-barman d’un bar à vin dans le quartier ; aux objectifs que j’aurais du mal à atteindre, tout du moins, ce mois-ci ; aux améliorations que je pourrais apporter et je restais silencieux laissant mes voisins débattre seuls sur l’avenir.

 » – Tiens, voilà 3000 yen paye-toi donc avec ça, il m’emmerde celui-là avec son économie, moi je rentre ! »

Finallement elle se commanda un nouveau Gin Rickey.

La Porsche jaune criard de mon patron s’arrêta devant le bar, il était presque 4 heures le matin, c’est à cet instant que je remarquai que le soleil avait fait lui aussi son apparition. C’était sa femme qui lui avait apprit que je stationnais dans ce bar puis salua le bar-tender qui lui préparait un jus de fruits. Ils parlèrent tous les deux automobiles. Le bar-tender finit par abandonner son comptoir et accepta sans se faire prier les clefs de la belle auto pour un tour de manège autour du pâté de maison. Nous en profitâmes pour parler travail et je lui fis un rapport express de la soirée. Au retour du bar-tender, la conversation reprit son thème automobile et nous raconta son périple en Porsche. Il évoquait la direction ultra-sensible ; les accélérations aussi qu’il avait également pu tester quelques secondes durant  en empruntant la Sotobori doori. Mon patron aimerait bien pouvoir s’offrir une Aston Martin, le dernier modèle mais, quand il aura un peu plus d’argent.

 » – Ah ? « 

On se séparera ainsi, je refuserai d’aller dormir quelques heures dans le bureau et remerciai, préférant marcher un peu dans Kagurazaka qui s’éveille, juste avant de prendre le premier métro. Le bar-tender pourra ainsi fermer ce bar qui venait tout juste de se séparer de ce drôle de couple de comptoir, sans que je le remarque vraiment. Le bolide du patron disparut dans un train d’enfer puis j’entendis le chant des oiseaux qui m’accompagnaient dans cette dernière promenade.

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Je finis par m’engouffrer dans la bouche du métro n° B3 de la station Iidabashi, sur la ligne Yurakuchô, je finis par trouver à nouveau une lumière artificielle en ce dimanche matin. Un agent de Tokyo-Métro me salua depuis son comptoir « informations » juste avant que je n’accède au quai n°4. En descendant ces marches, je vis juste devant l’escalator, celui qui mène au bout du quai, une petite forme noire qui gisait sur les bandes jaune de guidage pour mal-voyants. C’était Ratatouille l’imprudent, qui avait très certainement trouvé sur son chemin de la mort-aux-rats. Son petit coeur battait encore. Il tentait à fréquence régulière de se remettre sur ses pattes afin de fuir mais n’y parvenait pas. Le lieu était encore désert, on annonça l’arrivée imminente du premier métro. Depuis la banquette où je pris place, je pouvais observer une dernière fois le rat gisant  jusqu’à la fermeture des portes.

La veille j’avais raté mon métro et le rat est mort, pensais-je. Je fredonnais un air entendu au Kozan bar, un vieux hit des années 80 puis je m’assoupis bercé par le roulis de la râme.

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Bei-goma et autres jeux a Nambata

 

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Il avait plu à tres grosses gouttes le jour des enfants (5 mai) et ce sans discontinuer pendant trois journées. Alors, lorsque ce samedi, il se remit à faire beau, c’est à la ferme Nambata que nous nous rendîmes, pour s’y aérer un peu, pour  y jouer à ces jeux anciens qui sont à la disposition des visiteurs et que nous avions remarqué lors de notre dernier passage. A la ferme Nambata parce qu’après la pluie, il se mit à faire tres chaud et l’endroit permet de trouver comme souvent dans les vieilles batisses, quelques zones plus ou moins fraîches. 

 

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Ah le lancer de toupies ! Surtout ces derniers temps, partout ou je vais, j’en rencontre ! Et pendant que ma famille et les autres visiteurs s’adonnaient au lancer de wanage, à chausser take-uma ou à faire preuve d’habilité en frappant daruma-otoshi ; j’observais ces quatres enfants, se mesurer entre-eux à bei-goma. Ces petites toupies en métal (toupie US) que l’on lance sur une piste de toile tendue. Je me risque à une comparaison avec le sumo où le but du jeu un peu similaire consiste à sortir la toupie de l’autre, de la piste après qu’elles se soient entrechoquées. Véritables petits pros de la toupie, ceux-ci en possédaient chacun une bonne quinzaine de ces bei-goma de compét’, soigneusement rangées dans de petites boîtes en plastique. Ils étaient donc venus à Nambata pour s’affronter avec leur propre matos un peu à l’image de ces gens qui viennent dans les salles de billards avec leurs propres queues et leur craie, la c’était avec bei-goma ! Il n’y a pas que la Playstation dans la vie, ouf !

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Bei-goma et koma dans leur casier et les autres jeux de la ferme :

 

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Wanage (ci-dessus) et Daruma-otoshi (ci-dessous)

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Doronko a Kumagaya

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Le département de Saitama c’est, bien évidement la grosse ville de Saitama-shi à l’Est, avec ses grands immeubles de bureaux comme dans n’importe quelle ville d’importance. Il y a aussi Kawaguchi-shi qui jouxte la grosse capitale. Encore un peu plus à l’Est, en allant vers Chiba, c’est le Saitama des petits ateliers industriels. Alors qu’à l’Ouest, ce sont les montagnes et le parc naturel de Chichibu qui dominent. Enfin, au Nord, … Et bien au Nord, c’est la plaine et ses cultures maraîchères ainsi que quelques rizières, comme à Kumagaya par exemple. 

 

Et bien, tiens justement ! A Kumagaya, il y a une fois l’an, un événement  un peu particulier, organisé par une toute petite association de Saitama. 

Pensez à apporter  – Un maillot de bain ; un vieux T-shirt ; des sandales en plastiques ; des vêtements de rechange ; des lunettes de plongée ( conseillées pour les enfants )   Alors nous nous sommes équipés !

 

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Après le train puis le bus, c’est en navette (un peu ) spéciale que l’on débarquera enfin dans l’arène. Une navette qui appartient à l’entreprise du jardinier-paysagiste  voisin, également membre de l’association. 

 

 » – terminus, tout le monde descends ! « 

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Plus que des mots, en images, une journée dans la boue à Kumagaya, pour un Doronko en rizière, comme cela se pratiquait régulièrement autrfois. Il est midi, un peu de soupe miso, quelques nigiri en libre-service sous les tentes de la cantine et …

Que les jeux commencent … Sta-tooooo !
 

 

 » – On va commencer avec un jeu, tout simple, vous poserez votre tête sur un axe en bambou, et effectuerez une dizaine de tours sur vous même, puis vous vous élancerez jusqu’à la ligne d’arrivée que vous devrez franchir en sautant par-dessus la corde ! « 

 

… Splash !!

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 On peut cliquer l’image ci-dessus pour l’agrandir 

 

 

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En fin d’après-midi, l’eau se fait fraîche, le goudron près de l’aire de jeu a quant à lui, emmagasiné  un peu de chaleur 

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 » – Oh regarde ! C’est Kaiji-kun !! »

 » – Qui ca ? « 

 » – Kaiji-kun, le danseur qu’on voit sur la NHK, celui-la meme qui a joue dans the taste of tea !! »

 » – Ah !? »

 

 

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 » – Et l’eau pour la douche ? « 

 » – Ca chauffe ! Ca chauffe … ! « 

 

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Il est 17 heures, nous repartirons comme nous sommes venus, avec un de ces camions à plateau, les cheveux au vent et l’envie d’y participer à nouveau un jour prochain …

 

 

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Golden Spa

« – Bon ça suffit maintenant, éteins-moi cette télé et habille toi, on part à Ikaho-onsen ! »

 

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 » – RAh et même en sortant de l’autoroute, c’est bouché ! « 

Depuis l’autoradio, le traffic information, produce by Kenwood ! Golden-week oblige et ses grands departs, les flash-infos dédiés aux trafics autoroutiers sont plus réguliers qu’à l’accoutumé. Beaucoup plus stressant aussi : 

 » – … Autoroutes Joetsu, 5 km ;  Tohoku, 12 km ; Kan-etsu, 8 km … Couic ! »

Je n’aurai donc pas eu souvent l’occasion de dépasser les 60 km/h sur la Kan-etsu ce dimanche ! La faute à, et Golden-week et à cette nouvelle mesurette anti-crise pour faire consommer de la bagnole aux Japonais. Ainsi depuis près d’un mois déjà, les week-ends et jours fériés, les véhicules équipées de la carte d’accès aux péages RFID, qui répond au nom de « ETC », l’autoroute est à seulement 1000 yen et ce quelque soit la distance parcourue ! Ca aurait été bien de pousser jusqu’à la mer, mais comme nous avions prévu quelque chose pour le lendemain, il ne nous restait qu’une journée devant nous pour compléter cette Golden-week, façon grand-départ comme (presque) tout le monde. Nous avions donc choisis une destination que nous connaissions déjà parce que pas trop loin surtout,  c’était Ikaho-onsen. Carte postale :

 

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 » – Pouah ! …  « 

 » – Qu’est-ce qu’il y a ? « 

 » – Elle a un goût de fer cette eau de source du onsen ! « 

 

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A Ikaho donc ? Oui, pour y contempler la forêt, y écouter le chant des oiseaux et y sentir ce vent légér et rafraîchissant. Pour y regarder cette coulée ocre que l’on peut voir depuis le pont rouge, on l’imaginerait bien lourde, épaisse et se mouvant très lentement, il n’en est rien, c’est une rivière. Forte de sulfate et d’acide carbonique mais une rivière !

 

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A Ikaho ? Avant tout pour s’y baigner dans un bain relaxant et bienfaisant qu’il parait. Pas de traffic- information pourtant il y avait, comme sur la Kan-etsu, du monde dans ce rotenburo !


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A Ikaho ? Pour y grignoter du poisson grillé juste apres le bain, juste avant les 360 marches de la ishidan-gai et son cortège de touristes Japonais et cette succession de boutiques de souvenirs … Ah le Mont-Saint-Michel !

A Ikaho et ses nombreux ball-traps retros, vestiges des premières heures du tourisme de masse où il fallait bien occuper ces baigneurs en journée. 300 yen les 10 coups !

 

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 » – facile ! Pour shooter le goret, tu vises le groin ! Allez, c’est une pièce a cinq points ! « 

 

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… Et de repartir avec un porte-monnaie à l’effigie de « ocha-ken« , un pipeau qui fait des bulles de savon, un réveil-matin, une voiture miniature à friction, etc … Son père n’aurait pas fait mieux ! Si tu pouvais te concentrer autant pendant les cours de maths, dis … Hein !

A Ikaho, pour y manger des manjyu … Pas géniaux les manjyu de Ikaho !

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… Ou mieux, des yaki-manjyu ; non parce que les crèmes glacées, ça dégouline de partout !

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A Ikaho mais pour se rappeler aussi ces souvenirs collectifs devant Yoshino-ya, le marchand de toupies et de jouets anciens, qui invite les badauds à dévoiler leur habilité. Oh, déjà cinq heures,

il y a de la route à faire jusqu’à Saitama, ce sera pare-chocs contre pare-chocs avec tous ceux qui rentreront comme nous, d’une journée de vacances, de Gunma ou d’ailleurs !   


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Alors, ça barbotte ?

 

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Sur les rives de la Kuromegawa

 

Bon, … J’ai un peu forcé sur les couleurs … Ok ok !

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Cela faisait un petit bout de temps (quelques années en fait) que je voulais faire une promenade le long de cette petite rivière, que j’aperçois chaque jour depuis le train. Non, pas celle d’où l’on peut saluer Fuji-san, une autre un peu plus loin ; juste avant d’entrer en gare d’Asakadai (en venant de Tôkyô)  

Aujourd’hui, il faisait un temps magnifique pour aller voir avec Lumika, des cerisiers qui commencent tout juste de fleurir. Une promenade sur les rives de la Kuromegawa.  

Si la floraison n’en est a qu’à ses premices, les lampions ont quant à eux fleuris depuis plus d’une semaine, un « sakura by nignt » devrait être bien sympa a faire.

 

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Mince, ne serait-ce pas la une grue ? 

 » – L’illustration semble correspondre ma petite mais quelqu’un a arraché la page des explications … Hum-hum ; il semblerait que quelqu’un ne souhaite pas que nous découvrions le secret de la Kuromegawa ! « 

 » – … Quoi ?? « 

 

En fait, après recherches il s’agirait d’un héron (sagi) ! 

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Donc, des canards sauvages, un corbeau qui lui aussi raffole des potato-chips aux algues et puis quelques pigeons (eux ça aime tout !). Ah oui, le héron aussi !

 

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J’aurais désespérément attendu, qu’un train jaune desservant la ligne de métro Yûrakuchô daigne passer à cet endroit, pour la carte postale. Bad timing, je n’aurais seulement eu droit aux nouveaux modèles de la Tôbu ( entres autres mais on s’en fout )

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Ah que c’est con tout de même, ce bleu, ce jaune …

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Classé dans CartePostale, Four Seasons

Une journée à Minakami

 

Une nouvelle escapade. Une nouvelle carte postale. Un petit voyage à Gunma cette fois-ci. Le département situé juste « au-dessus » de Saitama à deux heures de route – oui, tout de même – par l’autoroute kan-etsu

Nous y avons à nouveau respiré le grand air, avec la petite cette fois-ci.

 

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On y a aussi ; regardé le bleu du ciel et les feuilles des arbres qui patientent encore un peu avant de rougir leur belle couleur d’automne, écarlates, 

couru dans les prés verts avec les Ingals en se tenant tous par la main – ben ouais – 

jusqu’à ces champs aux pieds des monts où nous avons, nagé autour de pommes en suspensions,  

et puis, nous nous sommes arrêtés quelques instants, dans une baraque discrète pour y regarder la lune dans un bol de udon, parce que ca réchauffe. 

 

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Et puis, et puis, sur la route du retour, il y avait DJ Taro dans l’autoradio …

… Qui nous accompagnera jusqu’au péage de la kan-etsu. 

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Udon Tsukimi, 350 yen

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 » – On achete des pommes non ? Ca vous dit des pommes ? »

 

Denki Groove  » Shangri-la »

En fait, il n’y a que sur la route que je peux écouter ce genre de truc …

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Du bois et de l’eau à Naguri

 » – Je viens d’appeler. Il faut que l’on aille jusqu’à Ikebukuro – 35mn – d’où l’on prendra la ligne Seibu Ikebukuro  jusqu’à Hanno, il y a une bonne quarantaine de minutes de trajet. De la gare de Hanno, il y a 50 mn de bus qui nous emenera à destination. L’arret de bus est à approximativement quarante minutes a pieds. « 

 

Nous avions à présent dépassé l’agglomération de Hanno ; dans l’autoradio, y passait un morceau chanté par une jeune femme, en allemand. Une mélodie plutôt suave, aux accents country qui collait parfaitement avec ce que nous pouvions voir par delà le pare-brise de la voiture. Une belle route assez large à l’enrobage lisse sinuant autour d’une petite chaine de montagnes densément boisées. Aussi, par moment et souvent après avoir franchi un petit tunnel, se présentait à nous, confortablement installées sur des plateaux, quelques maisons éparses et leurs jardins verdoyant. Si nous avions été en Europe nous aurions parlé de villages traversés, ici nous parlerons de quartiers excentrés de la ville de Hanno à l’extrème Est de Saitama. Il y avait tout de même du monde sur cette route ; peut-etre l’unique route desservant les environs. Alors, lorsque celle-ci devint un peu plus étroite, je redoublais d’attention au volant car ces riverains connaissant par coeur leur trajet quotidien au milieu des montagnes, roulent à allure plutot soutenue. Comme ces bus que nous croisâmes à deux ou trois reprises qui faisaient le voyage entre la gare Seibu de Hanno et ses différents quartiers, parfois perdus en hauteur et situés plutôt loin de toute agitation comme la où nous allions ce jour-là. Un de ces bus que nous aurions eu a prendre si nous n’avions pas opté finallement pour la voiture, juste après le coup de fil que Noriko avait passé avant le depart.

Mercredi 29 octobre, deuxième jour de congés. Un petit voyage d’une demi journée à Naguri. Jusqu’à ces montagnes que l’on devine parfois, par temps clair depuis les fenêtres des chambres de l’étage supérieur de la maison mais qui procure les sensations d’un lointain périple tant le contraste est saisissant.

La veille Noriko avait reçu un mail d’une connaissance qui évoquait cet endroit.  Elle y parlait de ces monts boisés, de ce bois qui ne demandait qu’a être exploité, qu’il y avait un réel potentiel économique s’inscrivant dans une démarche écologique.  

 

 » – J’aimerai bien que vous y fassiez un tour, tous les deux avec ton mari. Peut-être que ce lieu vous donnerait de l’inspiration. Mon patron voudrait travailler avec l’atelier de menuiserie artisanal qui surplomble le lac de Naguri. »

 

Je ne sais pas si son patron, s’était réveillé un beau matin avec l’envie d’oeuvrer pour la planète parce qu’il se sentait concerné ou s’il avait envie de flirter avec l’air du temps en lancant un business ecolo ; je ne sais d’ailleurs rien sur l’activité principale de cette société et bien entendu, rien sur le degré de relation qu’ils entretenaient avec la petite menuiserie. Tout ce que je savais, se résumait en une phrase : Une petite entreprise basée dans un des quartiers d’affaires de la capitale, cherchait à travailler avec une petite menuiserie perdue dans les montagnes de Saitama dont l’unique employée nous avait demandé de faire le voyage jusque-là afin d’y réflechir à ce qu’il serait possible de créer. Et voilà comment nous nous retrouvions sur le chemin de la menuiserie des montagnes de Saitama.

Durant le trajet, Noriko en avait profité pour me raconter une petite anecdote sur son amie. Celle-ci avait été à Disneyland avec son patron dans le but d’y étudier d’un peu plus près, le marketing maison qui était selon eux, un des meilleurs au monde. Parce que même avec une démarche écologique, il fallait savoir sans inspirer.

Enfin ! Après une côte au pourcentage élevé et ces courbes en pleine forêt, nous finîmes par arriver dans un lieu dégagé et très lumineux, le lac artificiel de Naguri se présentait à nous. Un petit lac hydro-electrique mais dont la petite taille me laisse supposer que celui-ci ne doit pas pouvoir alimenter en électricité un nombre élevé d’habitations à moins que cela ne soit surtout pour servir l’activité forestière de la région que cette pièce d’eau a été créée …   Un peu plus loin, surplombant le lac, se dressait un bâtiment en bois qui dépassait légèrement des cîmes d’arbres jeunes. Nous comprîmes tout de suite qu’il s’agissait là, de notre destination finale à la vue de ces quelques canoës en bois qui y étaient amarrés, en contre-bas sur le lac. L’atelier de menuiserie de Naguri, ayant pour activité principale, la fabrication de canoës d’inspiration canadienne et le plan d’eau d’ailleurs, servant également au club de canoës qui est animé par la menuiserie elle-meme. Pendant les beaux jours, on peut même se faire ballader sur le lac dans un grand canoë de 16 metres de long.

Nous garerons la voiture sur le petit parking adjacent, juste après avoir passer en revue, en roulant au pas, l’atelier situé sur le bord de la route et la réserve à bois qui lui faisait face. L’endroit était particulièrement calme tout comme les environs d’ailleurs. Aucune autre habitation et autre bâtiment n’avait été visible près de ce lac en chemin à part, celui de la petite usine hydro-électrique qui semblait ne pas fonctionner à ce moment là.

La porte était grande ouverte. Nous entrâmes à l’intérieur après avoir lancé un ; « bonjour » amical signalant notre présence. Nous resterons planter là quelques secondes attendant que quelqu’un surgisse nous accueillir, il n’en fut rien. Il y avait bien à l’entrée ce petit comptoir qui semblait faire office d’accueil mais personne n’y était assis derrière. Seul un gros chien y roupillait à côte du pôele à bois qui chauffait cette partie de l’atelier. Ce dernier ouvrit une paupière puis la referma presqu’aussitôt. Le clebs en avait strictement rien à foutre de notre visite et dans un sens, c’était tant mieux n’ayant jamais été fan de ces truffes froides qui te reniflent partout. Pendant que Noriko faisait une petite revue des prospectus touristiques du coin et avant de se décider à visiter la menuiserie seuls, j’observai cette grande photo sous cadre qui était accrochée au mur devant nous. Il s’agissait d’une photo remémorant la visite de l’empereur héritier qui avait fait le déplacement jusqu’ici. Il portait un costume déparaillé ; un pantalon en flanelle et une veste écossaise de couleur ocre. Ce qui donnait au personnage un petit côté britannique en campagne de chasse. Cette photo m’amusait beaucoup et c’est surtout le choix de cette tenue vestimentaire pour cette visite officielle au kitch profond qui m’amusait. On voyait également le maître de ces lieux, qui lui par contre portait un simple bleu de travail. Celui-ci semblait expliquer la fabrication des canoës au monarque qui avait l’air extrêmement attentif et concentré.   

L’endroit sentait le bois fraîchement coupé. Tout était en bois, le bâtiment, les canoës, les étageres, les bureaux ainsi que quelques objets-souvenirs qui était vendu sur place. Cela très certainement pour tous ceux qui n’ont pas un coffre suffisamment large pour repartir avec une embarcation d’inspiration canadienne. Ce qui nous permettait alors de penser qu’eux aussi avaient déjà réfléchit à diversifier leur activité. D’exposés, il y avait des bijoux fantaisies en bois, des porte-bouteilles décoratives, des dessous de plats, des planches à découper, des jouets anciens en bois, des cadres ; tout un bazar en fait, ce qui ne pouvait intéresser que le touriste de passage qui repartait avec son bibelot « I love Naguri » et qui finirerait par atterrir dans la vitrine du buffet de la cuisine du vieille tante. Rien de plus. 

M.Yamada finit par nous apparaitre, il était accompagné par un petit groupe d’éco-touristes venus apprendre les mystères de la forêt et son écosystème et puis, les canoës et leur fabrication bien sûr. Nous commencions à nous impatienter. Il y avait bien un ouvrier dans le fond de l’atelier avec qui on aurait pu entamer une discussion en attendant comme par exemple, sur l’histoire de ce lieu, sur les differents produits qui y sont fabriqués mais juste au moment ou nous le hélions, il mit en route une machine à bois qui émettait un bruit puissant l’empêchant ainsi de nous entendre, empêchant notre message de solitude de parvenir jusqu’à ses oreilles tout au fond de l’atelier. Il était occupé aux finitions d’une embarcation ; peut-être une commande importante.

Nous aurions du, en fait, prendre rendez-vous avec ce monsieur Yamada avant de venir, lui aussi était visiblement très occupé ce jour-là. C’est un petit bonhomme d’une cinquantaine d’années, aux cheveux gris légèrement bouclés et à la tete ronde. Il portait un bleu de travail comme sur la photo qui était accrochée au mur. Il se dirigea rapidement vers nous, profitant que son petit groupe ne s’était pas encore reuni dans sa totalité près de lui. Il nous accueilli avec un large sourire chaleureux. Noriko profita de ce très court instant pour se présenter à lui et sans entrer dans les details, lui présenta l’objet de notre visite ainsi que le nom de la jeune fille qui nous avait demandé de visiter ce lieu. En le regardant, je trouvais qu’il avait vraiment la tête de l’emploi. Je me disais aussi que si nous avions évolué dans un film de cinéma, M.Yamada aurait été sans aucun doute, l’acteur recherché pour jouer ce menuisier écolo qui fabrique des canoës en bois près d’un lac de montagne. Noriko lui dit, avec politesse, que nous repasserions le voir prochainnement pour bavarder avec lui, cela pour ne pas géner notre homme qui ne pouvait guère nous accorder de temps. Nous nous dirigeâmes alors vers les canoës exposés dans l’atelier et faisions mines de découvrir son travail pour la première fois. M.Yamada nous salua.

 » – A bientôt ! « 

 

 

Nous quittions l’atelier, seuls pour reprendre la voiture et nous décidâmes de faire le tour du lac en roulant lentement pour mieux observer ce coin de nature qui, bien que faconnée en partie par l’homme, semblait vivre en harmonie avec celui-ci. Nous y croisions quelques randonneurs et de l’autre côté de la rive nous aperçûmes M.Yamada et son petit groupe qui le suivait de près en partance pour une nouvelle visite extérieure.

Du bois, il y en avait et pas seulement dans la menuiserie. Avant de quitter Naguri, après avoir une nouvelle fois garer la voiture, nous pénétrâmes dans la dense foret, empruntant un petit sentier aménagé. 

Nous respirions l’air que nous trouvions pur, l’odeur de la mousse, des champignons et du bois. Nous écoutions les sons des oiseaux, des branches qui craquent sous les pieds, de cette cascade qui gronde au loin. Je me disais que c’était plutôt cette jeune fille qu’il nous fallait rencontrer à présent. Comprendre ce qu’ils ont vraiment derrière la tête …    

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