Quelle foire !

 

 » – Bon et … Bien, à cet automne alors ! « 

 

Je venais tout juste de rendre mon badge, ma carte et mon pass Suica permettant l’accès aux portillons automatiques des différentes entrées reservées aux staffs du magasin. M. Yamazaki me saluait une dernière fois ; ainsi s’achevait cette folle semaine, la semaine des vins et fromages du monde. Une foire bi-annuelle qui se tient chaque année au 11ème étage du grand-magasin Daimaru de la gare de Tôkyô.

J’arpentai à présent le long couloir qui relie les quartiers de Yaesu à Marunouchi afin d’attraper mon métro. Ces deux entrées principales dont « Gran-Sta« , le centre commercial inaguré il y a a un peu plus d’un an traverse en souterrain les lignes de trains classiques JR et celles de Shinkansen. « Gran-Sta » grosse veine de circulation qui permet également de relier les sous-sols des buildings de Marunouchi et cela jusqu’à la gare de métro de Ootemachi. Ce sont des centaines de commerces de services, de boutiques de souvenirs ou de bentô pour voyageurs pressés, bars et restaurants et dont le Daimaru en est la … Locomotive commerciale ! En attendant l’achèvement de « Gran-roof« (sic !) un toit de verre qui coiffera la vieille gare en briques rouges de style 1900, la gare de Tôkyô. Il était presque dix heures, mis à part quelques rires et quelques bruits de tablées qui s’échappaient des izakaya de la galerie marchande, l’ambiance tranchait avec ce que je venais de vivre pendant une semaine à la foire des vins et fromages du monde. J’étais sur les rotules mais d’humeur joyeuse et me remémorait ces instants passés et encore bien frais, ces bruits et ces odeurs, ces paroles échangées avec les clients, ces impressions derrière un show-case gâvé de Roquefort papillon, de Langres de Champagne, de Taleggio, de Mimolette extra-vieille ou de Selles-sur-Cher. Une fois de plus, j’aurais donc vendu du fromage dans un grand magasin de la capitale mais cette fois-ci, à des Tokyoites sur-excités. Récit :

 

daimaru-wine1

 » – Aujourd’hui, il y a encore un con qui s’est appuyé sur mes bouteilles pour y faire une pause, il font chier ! »

La belle équipe,

La foire aux vins et aux fromages du monde, c’est deux fois par an, au Printemps et en Automne, une foire commerciale qui réunit plus d’une cinquantaine d’exposants, principalement des marchands de vin. Comme par exemple, M.Yamazaki, qui y distribue quelques crus bourguignons. Pour d’autres, ce seront les petits vins de pays du Sud de la France ; les vins d’Italie, d’Allemagne, du Chili, les Côtes du Rhône, les vins en canettes, le Bordelais puis la Bourgogne again et puis, outre le fromage, viennent se greffer un vendeur de saucisse germanique, de bacon Iberico ou encore; un importateur de bière belge ou un producteur de fruits secs, et voilà je crois que je n’oublie personne.

Et donc, deux fromagers se partageront les clients de cette foire venus d’abord, parce qu’il y a quelques bonnes affaires à faire au niveau du vin. Il y a donc, l’importateur pour lequel je travaille, dans le circuit depuis de très nombreuses années mais qui a bien du mal à résister à la concurrence agressive de … Euh, ses concurrents ! Et, il y a surtout, le number one du secteur, l’ogre crémier nippon, the king of the piece of Camembert in Japan, Chesco ! Oui, ce même Chesco qui fournit la majorité des supermarchés du pays de ses fromages, tient également boutique à la foire du Daimaru avec des produits que tout le monde connaît en fait. Seulement voilà, cette année, the King devra se contenter chaque jour d’un chiffre d’affaire de moitié de celui du petit importateur ! Coup dur pour le leader, dont l’arrivée en cours de semaine de quelques cadres du groupe venus finalement épauler les jeunes filles en arbaito, ne suffira pas ! Il faut dire que le petit fromager avait cette année mis les moyens sur ses forces de vente en composant une equipe de choc, un casting hollywoodien, oui, un 4-4-2 d’exception qui ne laissera aucune chance à son concurrent pourtant, dix fois plus gros !

Comme chaque année et deux fois par an, la jeune et très jolie et très dynamique, Mlle Ozawa ; fan de Brigitte Fontaine (sic !) également chanteuse dans un petit groupe de rock amateur et ayant pour signe particulier de ne pas savoir monter à vélo (mais est-ce bien nécessaire que cela apparaisse ici ?) dirige du haut de ses 25 ans, une petite équipe de quelques dames, la cinquantaine passée. L’équipe est bien rôdée et a une bonne connaissance du monde fromager mais, … Mis à part Miss Ozawa, tout ça est plutôt mou comme un Taleggio bien fait ! Alors pour y remédier, notre crémier fera appel à deux personnages atypiques, à deux jokers pour renforcer cette équipe et appuyer ainsi le pep’s d’Ozawa :

Le premier de ces personnages ; allez, on commence par lui… Et bien c’est moi ! Oui, moi l’auteur de ces lignes. Déjà quelques expériences réussies en grands magasins de la capitale, pour qui la vente de fromages n’est pas une nouveauté ; j’y apporterais mon expérience, une touche d’insolence (oui aussi) et puis également, un peu de masculinité au milieu de toutes ces femmes, un peu d’AOC aussi, au vue de ma tête et de mon japonais parfois approximatif ! 

 » – Et oui M’ssieurs-dames, c’est un Irish-Porter, un fromage à la bière brune, allez on en profite, c’est plutôt rare comme fromage ! »

 » – Aah ? A la bière brune ? Irish porter ?! « 

 » – Non m’dame, je n’ai pas dit que c’était le fromage de Harry potter, Ah ah ah ! »

 » – Ah Ah Ah ! Bien, je vous en prends un ! »

Enfin, la deuxième recrue de ce mercato de printemps, elle aussi pour la première fois au Daimaru-Tôkyô. Une personne qu’il n’était pas nécessaire de me présenter car nous nous connaissions déjà. Je n’avais pas remarqué dans l’immédiat sa présence. Puisque, tout juste après avoir enfilé mon tablier et après avoir salué timidement le staff qui se tenait à mes côtés, J’inspectais les show-cases avec Mlle Ozawa afin de prendre la température de ce que nous avions à vendre durant cette semaine. C’est à ce moment là, qu’elle m’apprit par exemple, qu’il y avait 600 sets de fromages à pâte pressé à 2100 yen pièce, à écouler ! Merde, tant que ça, pensais-je. Elle, la nouvelle, je l’a remarquai environs cinq minutes après, lorsqu’elle passa devant moi, avec son tablier ocre et son béret aux couleurs de notre fromager, tenant dans ses mains, un fromage …

 » – Eh ? … Mais ? … Ca alors ? Mais c’est … Mais qu’est-ce qu’elle fait là elle ? … Mary ?? … Mary ! »

 » Roban, … Euh ! »

Elle éclata de rire, je fis de même puis elle passa son index le long de sa gorge, mimant son égorgement, … Couic ! Un signe qui exprime le licenciement ici au Japon. Mary ou, la mère supérieure comme nous aimions l’appeler autrefois. Autrefois ? Oui, Mary fut ma chef de département lorsque je travaillais en entreprise dans ce quartier d’affaire de Hamamatsu-chô. Elle y dirigeait le service relation clients et promotions. Ensemble, nous voyagions très régulièrement à travers tout le Japon afin de rencontrer nos plus gros acheteurs ; à Oosaka, Nagoya, Fukuoka, Mito, … Et nous logions dans les plus grands hôtels comme les New Otani, Imperial hotel, Hilton, Sheraton, … C’est aussi elle qui me recruta avec le N°2 de la boîte, un jour de juin 2005, à l’hôtel Concorde Lafayette à Paris ! Aujourd’hui, elle venait de se faire licencier et en attendant d’intégrer une nouvelle entreprise, prévu pour le mois de Juin, elle acceptait quelques missions en intérim, … Mary est Taiwanaise naturalisée Japonaise.

Après de si longues années passées dans cette entreprise, Mary avait gardé ce style si particulier de langage et d’attitudes que l’on utilise lorsque l’on s’adresse à une clientèle qui s’apprête à débourser de grosses sommes pour l’achat d’un bien. Ainsi, ses clients du Daimaru étaient chouchoutés comme jamais, surtout pour l’achat d’une pointe de Brie de Meaux à 1050 yen ! L’ensemble avait un petit côté comique qui faisait sourire toute l’équipe mais moi seul, était apte à en comprendre l’origine. Ce qui m’amène à dévoiler le constat suivant ; chacun, avec ses différences marquées, fruit d’improbables rencontres, il se créera en un temps record, un groupe soudé et complémentaire, une force de vente exceptionellent efficace qui travaillera dans la joie et dans une incroyable bonne humeur ou de fréquents éclats de rires ponctueront ces longues journées. Mlle Ozawa refusant le rôle de petit chef qui lui incombait pourtant et puis aussi, l’absence de pointeuse ainsi que l’absence d’objectifs chiffrés inlassablement répétés comme trop souvent dans ces situations, participeront aussi, je le pense, à cette ambiance particulière. Cette semaine-ci, au Daimaru de la gare de Tôkyô, le chiffre d’affaire explosa et les 600 sets de fromages s’écoulèrent presque tous, si bien que nous dûmes rapidement limiter la vente à deux sets par personne de crainte de ne plus rien avoir à vendre les jours suivants.

 » – Alors il parait qu’on rigole bien ici ! »

Cette facon d’appréhender le travail est rarissime dans ce pays et c’est encore plus vrai en department-store. Ce qui d’ailleurs fera déplacer les différentes huiles du grand-magasin venu voir d’un peu plus près, cette equipe qui ne respecte pas les règles usuelles mais à qui on pardonnera tout aux vues des chiffres réalisés chaques jours. Alors oui, le spectacle avait pris place derrière les show-case du fromager mais le spectacle était surtout dans les allées de la foire aux vins et aux fromages du monde. Il suffisait de se promener autour des différents stands, d’y tendre l’oreille, d’y ouvrir grands les yeux aussi pour s’en rendre compte. Pour ceux qui, pris par des obligations professionnelles, ne pouvant trop sortir de leur show-case, il restait la salle de pause du 11 ème étage ou chacun y allait de sa petite histoire.

Le « gratos » du jour !

Oui, j’irais de surprises en surprises durant cette semaine. Je remarquerais par exemple, que nos amis deviennent d’années en années de plus en plus amateurs de fromages. N’hésitant pas à réclamer de la mimolette extra-vieille alors que je tentais de liquider le stock de la jeune (la mimolette !) en la proposant à la dégustation, en arguant qu’elle était parfaite pour aller avec la bière ou même avec le nihon-shu ! Je me rappelle aussi, cette époque pas si lointaine que cela, ou je devais absolument insister auprès de ma clientèle pour qu’ils prennent leur courage à deux mains afin d’avaler cette petite bouchée de Roquefort que je proposais en dégustation. « Non-non, les fromages à moisissures, je ne peux vraiment pas », que l’on me répetait. Au Printemps 2009, ce genre de réponses n’étaient certes pas inéxistantes mais beaucoup plus rares,

 » – Auriez-vous un fromage assez fort à me conseiller ? « 

 » – Ah oui, ce Maroilles devrait faire l’affaire. Goûtez donc ! »

 » – Ah-Oui-bof-, … Non, vous ne m’avez pas compris ! Je cherche un claquos’ qui, lorsque l’on ouvre le frigos’ empeste dans toute la cuisine, vous avez ça ? « 

Et sans compter tous ceux qui savaient reconnaître un Langres d’un simple coup-d’oeil ou encore ceux qui savaient différencier un Brie de Meaux d’un Brie de Melun, chapeau ! 

Les Japonais aiment les grands-magasins et il y a apparemment plus d’un fan de ce genre de commerces. Je me demande ainsi, si au Japon, on ne pourrait pas classer ce genre d’activité économique comme « Industrie de loisirs » au même titre que, tiens par exemple, ce que peut-être « Tokyo Disney Land » ou tout autre parc d’attractions, tant une grande partie de la clientèle semble s’y déplacer à la recherche du  meme but. S’y amuser !

 » – Oh !! Mais je vous connais vous, vous n’êtes pas à Ginza d’habitude ?! »

  A l’affut, du moindre evennementiel organise par les department-stores, ils les font tous ! Le Daimaru mais aussi et surtout, les Isetan, Mitsukoshi, Takashimaya, Printemps, Matsuya … Les « depaa-puro » du week-end ! 

Enfin on terminera avec la surprise king-size  de cette semaine passée : Les Japonais et leur comportement en société, une image pas toujours aussi lisse que ce que l’on se fait généralement de ce peuple si discipliné, si attentif aux notions de respect vis a vis de son prochain, si … Bref, qui dit, foire aux vins, dit dégustation … Non, dégustations ! Comme il l’est mentionné plus haut, c’est donc une cinquantaine de stands qui on investit le 11 ème étage du Daimaru de la gare de Tôkyô. Une cinquantaine de stands qui attendent le client avec une dizaine de bouteilles 0,75 l ouvertes, et des petits gobelets en plastiques. Oui, cela fait donc plus de 500 bouteilles environs à goûter ! Alors bien sur, la grosse majorité des visiteurs de la foire, goûteront quelques crus, quelques petits vins de pays et repartiront avec deux ou trois bouteilles, parfois beaucoup plus lorsque enchanté par ce qu’ils avaient dégusté sur place. Seulement, dans le lot, il y a un nombre impressionnant de visiteurs qui connaissent depuis quelques années la combine du Printemps puis celle qui suit en Automne ; où l’on peut se bourrer la gueule pour pas un yen et ce, durant une semaine durant, dans notre grand magasin vedette ! 

 » – Bah, comme chaque année, je ne vends pas énormément. Je suis la seule à vendre de la bière ! Et de toute facon, la majorite des clients qui viennent goûter ma bière, c’est pour se désaltérer ! Ils ont soif après tout ce vin ingurgité ! »

L’exposante de bières belges, n’est pas crédule, elle sait que son stand est perçu comme une oasis, un point d’eau dans le désert ; d’ailleurs les clients se plaignent si souvent que ces gobelets beaucoup trop petits ne permettent pas d’étancher sa soif !

 » – Oh tu sais, c’est deux fois par an la meme chose et chaque année, il y a toujours au moins une fois, une ambulance qui vient chercher un client qui nous a fait un coma éthylique ! » 

Après cette remarque de M.Yamazaki, entendue dans la salle fumeurs, je pensais immédiatement à cette jeune femme, à la chemise maculée d’une énorme tâche de vin, prenant à pleines poignées, ces petits morceaux de Camembert de Normandie que j’avais coupé et deposé sur une assiette en carton. Je dus l’arrêter en lui signalant qu’il  s’agissait là de « samples » pour faire connaître le produit et non du repas de ce soir, … Enfin quoi !! Elle n’était pas la seule et j’avais commencé à repérer ce genre d’oiseaux. Ils commençaient toujours par tourner autour du stand et ne s’intéressaient qu’aux fromages mis en dégustations – avant de demander à goûter celui-là puis celui-ci – c’est l’haleine lourde, les lèvres noires, la diction difficile parfois, les yeux globuleux souvent … Je les envoyais finalement au stand d’à côté, celui du concurrent ! Je ne risquais rien de raconter cette histoire dans cette salle de pause, aucun de chez Chesco ne fumait. Un des vendeurs de vins nous raconta qu’aujourd’hui  encore, un con s’était appuyé sur ses bouteilles parce qu’il ne se sentait pas bien ! Le vendeur de saucisses germanique nous parla un peu de son stand aussi.

 » – Avec toutes ces dégustations que j’organise, je dois vous avouer un truc … Les saucisses, ça va faire bientot dix ans que je ne peux plus en manger !  »

 » – Et quand tu fais un chahan ? (sorte de riz cantonnais a la japonaise ) « 

 » – Je n’en mets plus dans le chahan non plus, je ne peux plus !!  » 

M.Yamazaki regarda sa montre, il était temps de regagner son stand afin d’aider son collègue qui était seul face aux visiteurs, dans une heure à peine, tout cela ne sera plus que souvenirs. 

 » – Bon, soyez sur vos stands à 21h messieurs-dames, j’offre la tournée ce soir. »

La vendeuse de bières belges, venait de jeter sa cigarette dans le cendrier et s’apprêtait à suivre M.Yamazaki. De toute façon, c’est chaque soir qu’elle nous offrait deux bouteilles de blanche  » Vedett » après le travail. Pour le dernier soir, le vendeur de bacon et de jambon Iberico passa lui aussi nous voir, avec un assortiment de charcutaille et quant à nous, nous réalisâmes quelques petits plateaux de fromages pour ces collègues avec qui nous avons partagé quelques agréables moments ensemble.

 

 » – A cet Automne ! ? « 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 Commentaires

Classé dans Department Story et autre

8 réponses à “Quelle foire !

  1. lolo

    Whoua !…

    Le passage « La belle équipe » ferait une trame de scénar de manga idéal pour les fans du fromage : l’histoire d’un apprenti affineur qui intègre une force de vente etc… etc… « Chizu Masuta »

  2. Ah oui pourquoi pas ! Apres, « Bar-tender », « La sommeliere » bientot dans vos rayons  » Le cremier » oh non, si on prenait Mlle Ozawa pour modele ce serait plutot pas mal, ce sera « La cremiere » … Elle a des formes, elle est pas mal du tout la petite Ozawa !

  3. Par contre, son papa… XPTDRRR

  4. Quel bel article ! un regal, mais j’ai faim, du coup…

    Mlle Ozawa…si elle avait un lien de parenté avec Marie, va falloir m’appeller, hein ?
    http://www.mariaozawa.us/

    • Senbei, … Senbei !! Doux Jesus, Marie, Joseph ! Je trouve que ton PC regorge de trucs tournant autour de la même thématique en ce moment … Attends un peu qu’Emi passe par là !

      • emi

        ちょ、ちょっと、attends un peu messieurs, que est-ce que ca veut dire^^;? moi, je suis si modeste, plutot a shy woman!! senbei et clacla le savent bien, non? non?
        つか、何で来なかったのよーロバンさあん!

  5. ロバンもシャイから!!(笑)すみませんエミちゃんその日は仕事に行ったよ。また今度二人は飲みに行く、もっと楽しく!!

    • « もっと楽しく”ってどんな意味んだ、ボケ?おまえも死んでいるぜ?>_</

      えみちゃん、気を付けてね +_+°

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