Archives mensuelles : novembre 2008

Jour de pluie

 

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Ce jour-là, comme il pleuvait plutôt fort, nous avons trainé un peu à la maison avant de se décider de trouver une activité sympa à faire de notre journée. C’était ferié ce jour là, le temps n’était pas de la partie mais j’étais également en congé.

Durant le petit déjeuner, comme souvent, Noriko lit le journal en fumant la pipe sur le fauteuil du salon ; pendant ce temps, la petite et moi, nous regardons les prospectus qui accompagnent le canard du jour. En fait, les gagnants dans cette affaire, c’est bien nous, il y a bien plus a lire dans notre programme matinal !

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On s’est sacrement bien amusé à regarder les pubs pour les caleçons auto-chauffants, pour les pierres magiques qui font gagner au loto, pour les tapis adaptés aux hori-kotatsu ou encore pour ce « nouvel oreille-scope » permettant de découvrir un petit monde jusque-là totalement inaccessible !

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 » Whaaa ! »


Finallement Noriko fera de la peinture et puis nous, et nous et bien … Ok-ok on retournera a Kura-zushi. Puis on ira chercher de nouveaux chaussons pour l’école ; ainsi nous nous promènerons tous les deux sous le parapluie dans les environs. Tiens ! On en profitera aussi voir le grand ensemble de logements qui est bientôt termine à côté du Belc et dont les prospectus nous rappellent sans cesse les qualités écologiques de l’ensemble. Ce matin là, j’avais trouvé la pub attirante. Sans doute en partie grâce à la prise de vue plutôt réussie, à ces couleurs chaudes et automnale. J’imaginais alors qu’il devait faire bon de passer un jour férié pluvieux, en vêtements d’intérieurs dans un de ces appartements. Je voulais y vivre tiens !  

 

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Ah, on y est presque !

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Ah ! Finalement … Ca rend pas pareil, hein !?

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De saison

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Qu’il y en ait encore un qui écrit que les trains nippons arrivent toujours à l’heure et je cogne !

 

«  – Bah ! C’est normal, c’est la saison des jinshin jiko, tu sais ! »

Il aurait tout aussi pu me dire que c’était la saison des cerisiers en fleurs, la saison des pluies, la saison des sanma ou allez, des fraises pendant qu’on y est ! Ce collègue que je venais de saluer, à qui j’avais rapporter mes petits soucis de transports publics, m’aurait très certainement répondu de la même façon et en y employant le même ton. La saison de ces « accidents de voyageurs » (+18 ans) arrive donc vers la fin de l’année, à une époque où les difficultés financières, professionnelles ou existentielles semblent être plus insurmontables qu’à d’autres moment de l’année.

 

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« – Il fait super froid aujourd’hui ! »

« – Désormais, à partir d’aujourd’hui, il fera toujours froid »

« – Ca y est, l’été est terminé ? »

« – Ah ah ah ! »

« – Ah ah ah! »


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« Ah ah ah » mais je blaguais à moitié, lorsque pour changer de conversation, je passais à une discussion plus consensuelle ; la météo du moment (le comble, c’est moi qui cherche le consensus avec un Japonais ?) En effet, il fait plutot bien frais et je n’avais pas envisagé un seul instant que les températures chutent brutalement de cette façon, bien que tous les ans c’est la même chose ! Je ne voulais pas voir, ces signes avant-coureurs qui auraient dû me préparer à cette entrée progressive dans la saison hivernale. Ainsi, je n’aurais pas porter attention au retour des canettes de cafés chauds dans les distributeurs automatiques ; aux petits coussins qui recouvrent le métal glacial des sièges du quai de la gare ; au retour du vendeur de kerozene qui sillonne le quartier ou celui du vendeur ambulant de patate douce grillé. Je n’aurais pas non plus fait attention, aux retours de ces plats d’hiver, à ces feuilles des arbres qui opèrent leur lente mutation chromatique, …

Jusqu’à ce jour où, je ressortai du placard ce confortable et molletonné pardessus, jusqu’à ce matin-là où, j’aperçus le kotatsu sur les tatami du salon. Jusqu’au retour de ce ciel bleu, un bleu si pur que l’on observe qu’à cette saison.

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Et pourtant … Où que j’aille, il y en avait des dizaines et des dizaines d’autres, de ces signes censés me rappeler la fin de l’été, le début de l’automne, l’entrée de l’hiver ! Comme ces deux petites bogues de châtaignes que j’aurais tant aimé pouvoir ramasser …

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Tokyoites – 24 –

 

Une rencontre furtive. Une banquette de train, une banquette de métro et les voyageurs qui y ont pris place pour un voyage à l’intérieur de la mégalopole. Une petite plongée dans le vrai Japon, le Japon de tous les jours. Tokyoïtes.

 

 

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En fait, je crois bien qu’autrefois je ne savais voir que des costumes sombres en semaines dans les rames du train et du metro tokyoites.

 

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Et puis en fait non. 

Parfois, ce voisin ou cette vosine assis sur la banquette d’en face, nourrit toute une serie d’interrogations indiscretes. Parfois, j’aimerais bien les suivre et essayer d’en savoir un peu plus sur ces vie que je croise, furtivement …

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Neo-metal by The Gazette

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Ils étaient venus super très nombreux assister au petit concert gratuit du super groupe de néo-pop-metal – apparemment super populaire – devant la sortie Est de la gare JR de Shinjuku, juste devant le célèbrissime Studio Alta. Des milliers de fans, qui pendant de nombreuses heures ont poirauté sous un ciel incertain durant plusieurs heures avec, pour seul point de vue, un rideau noir masquant ainsi une scène sur laquelle se trouvaient, parmi d’autres je suppute, un certain Ruki. J’en déduis alors qu’il est le leader de ce groupe qui va offrir une prestation à ses fans dans un peu moins d’une heure et demi à présent. J’en déduis aussi que ce Ruki, doit être super séduisant puisque je découvrirais dans la foule exitée, une jeune fille qui semble l’être tout autant, si ce n’est plus, arborant un masque sur lequel y est écrit de sa main ; « fuck me Ruki ».  

 

Pour dire vrai, au début je pensais que c’était Jack Rose qui avait trouvé un peu d’argent pour faire un vrai live a Shinjuku ou que l’on lui avait prêté une scène. C’était pas lui.

 

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Oui, je déparaye aujourd’hui avec mon costume gris sombre et la chemise verte qui va si bien avec cette cravate aux multiples nuances de verts ; au milieu de tous ces petits jeunots qui dans leur grande majorité avaient opté pour le noir ! On pouvait entendre, ces milliers de petits coeurs battre à l’unisson à chaque gratouillage de basse et a chaque  » Anh-Anh, wan-tsu, wan-tsu » provenant de derrière ce fichu rideau noir. Des cris aussi parfois, à chaque passage du camion promotionnel qui tournait dans le quartier, diffusant des extraits sonores du groupe dont je le rappelle, Ruki doit être le leader. La petite grosse à ma gauche sautillera hystériquement, en plaquant un de ses seins avec ses mains tout en hurlant à sa voisine, qu’elle avait pense que le live avait – enfin – commencé. Ben non pas encore. 

Plus tard, après quelques recherches sur Internet sur le dit-groupe de néo-metal, dont j’avais jusqu’à ce jour ignorer l’existence. J’apprendrai qu’il s’agissait en fait, ce samedi là, d’un secret-live organisé pour la sortie du nouvel album du groupe «  The Gazette  » intitulé  » Leech « . Alors, de me poser la question : Puiqu’il s’agissait d’un secret-live comment se fait-il qu’ils étaient tous venus déguisés en Ruki et que j’étais presque le seul à … Enfin, bref personne ne m’avait prévenu, moi.  Tu parles d’une organisation ! 

 

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Tes shoes, elles sont trop-bi-en !


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Je m’étais dit un jour que ce chantier prenait beaucoup de temps … VIP-room ? (click to enlarge )


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Et dire que Ruki est juste derrière ce rideau … Trop dure la vie !


Tout ça pour dire que je n’aurai pas assister au secret-live de Ruki et ses amis, pas le temps d’attendre encore une heure de plus, j’ai cependant adoré … Le marketing autour.  voici cependant ce que cela a pu dû donner :

 

 

Il y en a qui connaissait ?

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Le Fumikiri de Fujimishi

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« – Ca va, vous arrivez de comprendre l’annonce de les hauts-parleurs ? »

« – Euh … Oui bonjour madame, oui-oui, je comprends qu’aujourd’hui, c’est donc plutôt tranquillement que je me rendrai au travail puisqu’aucun train n’est prévu avant midi ! »

« – Je vous connais, vous venez de temps en temps à la bibliothèque, n’est-ce pas ? Je suis bibliothécaire. Je vous ai déjà vu là-bas. »

« – Ah ? Enchanté ! Oui en effet mais de temps en temps seulement. »

Le bordel ! Quand tout va de travers, il n’y a que ça de vrai pour favoriser les relations humaines. Quelques mots échangés devant la ligne de franchissement en compagnie de la bibliothécaire. Quinze minutes en sa compagnie ; à présent moins de deux heures d’attente et toujours pas de bus de substitution. Pourtant la compagnie de chemin de fer qui exploite cette ligne transportant des milliers d’employés sur Tokyo exploite également une dizaine de lignes de bus. Aucun véhicule ne sera pourtant affrété jusqu’à la gare situé au-delà de l’accident. Nous saurons nous contenter des excuses maintes et maintes fois répetées par les agents d’astreintes.   

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Personne ne s’est jeté sous un train aujourd’hui. Aujourd’hui, il s’agit d’un accident de passage à niveau, pas très loin d’ici. D’ailleurs entre deux annonces d’excuses mielleuses on peut entendre ces hélicoptères des télévisions tournoyant dans le ciel voisin pour le news-live du jour :

FNN (Fuji news network)

« – Dîtes-moi madame, comment saviez vous que j’étais Français ? C’est bien la première fois que l’on m’adresse la parole directement en français et je dois dire que j’ai été très surpris ? »

« – Ah, non ? Vous êtes Français ?? Ooh ! Quelle chance, j’adore parler le français mais il n’y en a pas beaucoup de ce côté-ci n’est-ce pas, je pensais que vous étiez italien ou espagnol voire turque … « 

« – … ? Ah … Oui … »

 

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Shoganai ne !

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Dans la même série :

Le Fumikiri de Tokiwadai

 

« – Ah Ah ! C’est madame Ito avec qui tu as bavardé ce matin, en effet, elle travaille à la bibliothèque où les habitués la salue en français. D’ailleurs, elle parle français avec tout le monde ! »


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La boîte à crayons

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« – Dites les enfants ; est-ce que vous savez ce qu’il y a dans cette boîte ? Il y a … Il y a … ? »

« – Des craa-y-yons »

« – Oui, il y a tout un tas de crayons ! » 

 

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« – Oui il y a des crayons et pas seulement ! Qu’y a t-il donc d’autre dans cette boite ? Oh mais il y a aussi des gommes, un masque et un mouchoir en tissus. C’est qu’il y en a des choses dans cette boîte et tenez, même des crayons bi-couleurs bleu et rouge. »

« – Ooh ! »

 

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« – Et bien dans cette boîte, ce sont VOS crayons, VOS gommes et puis ce masque aussi ; que VOUS avez oublié dans la classe et que vous n’avez jamais réclamé ! « 

Petite lecon de choses illustree aujourd’hui en classe : Il faut savoir prendre soin de ses affaires.

« – Regardez les enfants … Cette trousse, c’est celle de Sensei. Cette trousse a quinze ans et certains crayons ont le même âge ; quinze ans, vous avez sept-huit ans, vous n’étiez même pas nés ! Je l’aime bien d’ailleurs cette trousse. »

« – Quin-ze ans ?? … Waaah  »  

 

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 » – Tu te rends compte, j’étais moi aussi, dans la même école que notre fille, Sakai-sensei n’a jamais été mon professeur mais elle était déjà là elle aussi. En fait, j’en ai aussi marre de cette ville. »

« – Oui, je comprends … Je comprends. On va penser à déménager.  » 

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Une journée à Minakami

 

Une nouvelle escapade. Une nouvelle carte postale. Un petit voyage à Gunma cette fois-ci. Le département situé juste « au-dessus » de Saitama à deux heures de route – oui, tout de même – par l’autoroute kan-etsu

Nous y avons à nouveau respiré le grand air, avec la petite cette fois-ci.

 

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On y a aussi ; regardé le bleu du ciel et les feuilles des arbres qui patientent encore un peu avant de rougir leur belle couleur d’automne, écarlates, 

couru dans les prés verts avec les Ingals en se tenant tous par la main – ben ouais – 

jusqu’à ces champs aux pieds des monts où nous avons, nagé autour de pommes en suspensions,  

et puis, nous nous sommes arrêtés quelques instants, dans une baraque discrète pour y regarder la lune dans un bol de udon, parce que ca réchauffe. 

 

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Et puis, et puis, sur la route du retour, il y avait DJ Taro dans l’autoradio …

… Qui nous accompagnera jusqu’au péage de la kan-etsu. 

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Udon Tsukimi, 350 yen

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 » – On achete des pommes non ? Ca vous dit des pommes ? »

 

Denki Groove  » Shangri-la »

En fait, il n’y a que sur la route que je peux écouter ce genre de truc …

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Tokyoites – 23 –

 

Une rencontre furtive. Une banquette de train, une banquette de métro et les voyageurs qui y ont pris place pour un voyage à l’intérieur de la mégalopole. Une petite plongée dans le vrai Japon, le Japon de tous les jours. Tokyoites.

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 » Regards croisés » ou … Et pas toujours si invisible que ça 

 

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Clarence Boddicker, m’avait appris que Luc Delahaye, ce grand reporter de guerre de chez Magnum avait photographié des anonymes dans le métropolitain parisien.

Et puis, dernièrement, c’est au tour d’Alex, que je rencontrai dernièrement sur Tokyo, de satisfaire ma curiosité sur le sujet qui m’envoie un mail :

« – Apparement t’as passé un bon looong week-end !?
Hier soir il y avait Araki Nobuyoshi à l’Institut franco-japonais (30 oct.) ! Il y avait foule !
D’ailleurs, le photographe américain qui faisait du « tokoïtes » avant l’heure dans le métro new-yorkais, c’est pas Lewis Hine comme je pensais, qui photographia le New-York du debut de siècle (précédent) dès les années 1910, mais Walker Evans, qui lui est né un peu plus tard et qui a effectivement pondu plusieurs séries passablement floues et au grain bien prononcé de voyageurs anonyme dans le métro, des années 30 jusqu’au années 60.
Comme quoi, faut pas croire tout ce que je dis quand je suis bourré ^~^! »

Alors, résumons : Delahaye à Paris, Evans à New-York et Suparoban à Tokyo ? Non-non, Araki a également fait lui aussi une serie sur ces anonymes du métro, à Tokyo justement … Pfff, et moi qui me prenait pour un original ! 


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Pigmon

 

 

 » – Oh ! Regarde, c’est quoi ce truc ? « 

 » – Je n’en ai strictement aucune idée, il y en a là-bas aussi et puis, regarde un peu plus loin aussi, … ! » 

 

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 » -Il s’agit d’un fruit mais … Bon, allez on rentre ! »

 


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Du bois et de l’eau à Naguri

 » – Je viens d’appeler. Il faut que l’on aille jusqu’à Ikebukuro – 35mn – d’où l’on prendra la ligne Seibu Ikebukuro  jusqu’à Hanno, il y a une bonne quarantaine de minutes de trajet. De la gare de Hanno, il y a 50 mn de bus qui nous emenera à destination. L’arret de bus est à approximativement quarante minutes a pieds. « 

 

Nous avions à présent dépassé l’agglomération de Hanno ; dans l’autoradio, y passait un morceau chanté par une jeune femme, en allemand. Une mélodie plutôt suave, aux accents country qui collait parfaitement avec ce que nous pouvions voir par delà le pare-brise de la voiture. Une belle route assez large à l’enrobage lisse sinuant autour d’une petite chaine de montagnes densément boisées. Aussi, par moment et souvent après avoir franchi un petit tunnel, se présentait à nous, confortablement installées sur des plateaux, quelques maisons éparses et leurs jardins verdoyant. Si nous avions été en Europe nous aurions parlé de villages traversés, ici nous parlerons de quartiers excentrés de la ville de Hanno à l’extrème Est de Saitama. Il y avait tout de même du monde sur cette route ; peut-etre l’unique route desservant les environs. Alors, lorsque celle-ci devint un peu plus étroite, je redoublais d’attention au volant car ces riverains connaissant par coeur leur trajet quotidien au milieu des montagnes, roulent à allure plutot soutenue. Comme ces bus que nous croisâmes à deux ou trois reprises qui faisaient le voyage entre la gare Seibu de Hanno et ses différents quartiers, parfois perdus en hauteur et situés plutôt loin de toute agitation comme la où nous allions ce jour-là. Un de ces bus que nous aurions eu a prendre si nous n’avions pas opté finallement pour la voiture, juste après le coup de fil que Noriko avait passé avant le depart.

Mercredi 29 octobre, deuxième jour de congés. Un petit voyage d’une demi journée à Naguri. Jusqu’à ces montagnes que l’on devine parfois, par temps clair depuis les fenêtres des chambres de l’étage supérieur de la maison mais qui procure les sensations d’un lointain périple tant le contraste est saisissant.

La veille Noriko avait reçu un mail d’une connaissance qui évoquait cet endroit.  Elle y parlait de ces monts boisés, de ce bois qui ne demandait qu’a être exploité, qu’il y avait un réel potentiel économique s’inscrivant dans une démarche écologique.  

 

 » – J’aimerai bien que vous y fassiez un tour, tous les deux avec ton mari. Peut-être que ce lieu vous donnerait de l’inspiration. Mon patron voudrait travailler avec l’atelier de menuiserie artisanal qui surplomble le lac de Naguri. »

 

Je ne sais pas si son patron, s’était réveillé un beau matin avec l’envie d’oeuvrer pour la planète parce qu’il se sentait concerné ou s’il avait envie de flirter avec l’air du temps en lancant un business ecolo ; je ne sais d’ailleurs rien sur l’activité principale de cette société et bien entendu, rien sur le degré de relation qu’ils entretenaient avec la petite menuiserie. Tout ce que je savais, se résumait en une phrase : Une petite entreprise basée dans un des quartiers d’affaires de la capitale, cherchait à travailler avec une petite menuiserie perdue dans les montagnes de Saitama dont l’unique employée nous avait demandé de faire le voyage jusque-là afin d’y réflechir à ce qu’il serait possible de créer. Et voilà comment nous nous retrouvions sur le chemin de la menuiserie des montagnes de Saitama.

Durant le trajet, Noriko en avait profité pour me raconter une petite anecdote sur son amie. Celle-ci avait été à Disneyland avec son patron dans le but d’y étudier d’un peu plus près, le marketing maison qui était selon eux, un des meilleurs au monde. Parce que même avec une démarche écologique, il fallait savoir sans inspirer.

Enfin ! Après une côte au pourcentage élevé et ces courbes en pleine forêt, nous finîmes par arriver dans un lieu dégagé et très lumineux, le lac artificiel de Naguri se présentait à nous. Un petit lac hydro-electrique mais dont la petite taille me laisse supposer que celui-ci ne doit pas pouvoir alimenter en électricité un nombre élevé d’habitations à moins que cela ne soit surtout pour servir l’activité forestière de la région que cette pièce d’eau a été créée …   Un peu plus loin, surplombant le lac, se dressait un bâtiment en bois qui dépassait légèrement des cîmes d’arbres jeunes. Nous comprîmes tout de suite qu’il s’agissait là, de notre destination finale à la vue de ces quelques canoës en bois qui y étaient amarrés, en contre-bas sur le lac. L’atelier de menuiserie de Naguri, ayant pour activité principale, la fabrication de canoës d’inspiration canadienne et le plan d’eau d’ailleurs, servant également au club de canoës qui est animé par la menuiserie elle-meme. Pendant les beaux jours, on peut même se faire ballader sur le lac dans un grand canoë de 16 metres de long.

Nous garerons la voiture sur le petit parking adjacent, juste après avoir passer en revue, en roulant au pas, l’atelier situé sur le bord de la route et la réserve à bois qui lui faisait face. L’endroit était particulièrement calme tout comme les environs d’ailleurs. Aucune autre habitation et autre bâtiment n’avait été visible près de ce lac en chemin à part, celui de la petite usine hydro-électrique qui semblait ne pas fonctionner à ce moment là.

La porte était grande ouverte. Nous entrâmes à l’intérieur après avoir lancé un ; « bonjour » amical signalant notre présence. Nous resterons planter là quelques secondes attendant que quelqu’un surgisse nous accueillir, il n’en fut rien. Il y avait bien à l’entrée ce petit comptoir qui semblait faire office d’accueil mais personne n’y était assis derrière. Seul un gros chien y roupillait à côte du pôele à bois qui chauffait cette partie de l’atelier. Ce dernier ouvrit une paupière puis la referma presqu’aussitôt. Le clebs en avait strictement rien à foutre de notre visite et dans un sens, c’était tant mieux n’ayant jamais été fan de ces truffes froides qui te reniflent partout. Pendant que Noriko faisait une petite revue des prospectus touristiques du coin et avant de se décider à visiter la menuiserie seuls, j’observai cette grande photo sous cadre qui était accrochée au mur devant nous. Il s’agissait d’une photo remémorant la visite de l’empereur héritier qui avait fait le déplacement jusqu’ici. Il portait un costume déparaillé ; un pantalon en flanelle et une veste écossaise de couleur ocre. Ce qui donnait au personnage un petit côté britannique en campagne de chasse. Cette photo m’amusait beaucoup et c’est surtout le choix de cette tenue vestimentaire pour cette visite officielle au kitch profond qui m’amusait. On voyait également le maître de ces lieux, qui lui par contre portait un simple bleu de travail. Celui-ci semblait expliquer la fabrication des canoës au monarque qui avait l’air extrêmement attentif et concentré.   

L’endroit sentait le bois fraîchement coupé. Tout était en bois, le bâtiment, les canoës, les étageres, les bureaux ainsi que quelques objets-souvenirs qui était vendu sur place. Cela très certainement pour tous ceux qui n’ont pas un coffre suffisamment large pour repartir avec une embarcation d’inspiration canadienne. Ce qui nous permettait alors de penser qu’eux aussi avaient déjà réfléchit à diversifier leur activité. D’exposés, il y avait des bijoux fantaisies en bois, des porte-bouteilles décoratives, des dessous de plats, des planches à découper, des jouets anciens en bois, des cadres ; tout un bazar en fait, ce qui ne pouvait intéresser que le touriste de passage qui repartait avec son bibelot « I love Naguri » et qui finirerait par atterrir dans la vitrine du buffet de la cuisine du vieille tante. Rien de plus. 

M.Yamada finit par nous apparaitre, il était accompagné par un petit groupe d’éco-touristes venus apprendre les mystères de la forêt et son écosystème et puis, les canoës et leur fabrication bien sûr. Nous commencions à nous impatienter. Il y avait bien un ouvrier dans le fond de l’atelier avec qui on aurait pu entamer une discussion en attendant comme par exemple, sur l’histoire de ce lieu, sur les differents produits qui y sont fabriqués mais juste au moment ou nous le hélions, il mit en route une machine à bois qui émettait un bruit puissant l’empêchant ainsi de nous entendre, empêchant notre message de solitude de parvenir jusqu’à ses oreilles tout au fond de l’atelier. Il était occupé aux finitions d’une embarcation ; peut-être une commande importante.

Nous aurions du, en fait, prendre rendez-vous avec ce monsieur Yamada avant de venir, lui aussi était visiblement très occupé ce jour-là. C’est un petit bonhomme d’une cinquantaine d’années, aux cheveux gris légèrement bouclés et à la tete ronde. Il portait un bleu de travail comme sur la photo qui était accrochée au mur. Il se dirigea rapidement vers nous, profitant que son petit groupe ne s’était pas encore reuni dans sa totalité près de lui. Il nous accueilli avec un large sourire chaleureux. Noriko profita de ce très court instant pour se présenter à lui et sans entrer dans les details, lui présenta l’objet de notre visite ainsi que le nom de la jeune fille qui nous avait demandé de visiter ce lieu. En le regardant, je trouvais qu’il avait vraiment la tête de l’emploi. Je me disais aussi que si nous avions évolué dans un film de cinéma, M.Yamada aurait été sans aucun doute, l’acteur recherché pour jouer ce menuisier écolo qui fabrique des canoës en bois près d’un lac de montagne. Noriko lui dit, avec politesse, que nous repasserions le voir prochainnement pour bavarder avec lui, cela pour ne pas géner notre homme qui ne pouvait guère nous accorder de temps. Nous nous dirigeâmes alors vers les canoës exposés dans l’atelier et faisions mines de découvrir son travail pour la première fois. M.Yamada nous salua.

 » – A bientôt ! « 

 

 

Nous quittions l’atelier, seuls pour reprendre la voiture et nous décidâmes de faire le tour du lac en roulant lentement pour mieux observer ce coin de nature qui, bien que faconnée en partie par l’homme, semblait vivre en harmonie avec celui-ci. Nous y croisions quelques randonneurs et de l’autre côté de la rive nous aperçûmes M.Yamada et son petit groupe qui le suivait de près en partance pour une nouvelle visite extérieure.

Du bois, il y en avait et pas seulement dans la menuiserie. Avant de quitter Naguri, après avoir une nouvelle fois garer la voiture, nous pénétrâmes dans la dense foret, empruntant un petit sentier aménagé. 

Nous respirions l’air que nous trouvions pur, l’odeur de la mousse, des champignons et du bois. Nous écoutions les sons des oiseaux, des branches qui craquent sous les pieds, de cette cascade qui gronde au loin. Je me disais que c’était plutôt cette jeune fille qu’il nous fallait rencontrer à présent. Comprendre ce qu’ils ont vraiment derrière la tête …    

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