Coffee and cigarettes : Café Aya

 » – Tu vas toujours au café Aya pendant ta pause ? « 

 » -Pas toujours, mais presque … En tout cas, je ne reste pas dans la boîte, j’ai besoin de sortir respirer, de voir d’autres têtes, de sentir une autre ambiance … Euh, tu connais le café Aya ? « 

Je revenais de cette heure de break, du café « Aya » situé à deux pas du travail. Je venais de croiser Kinnori (*) qui lui revenait du deuxième sous-sol, là ou il avait prit l’habitude d’y faire la sieste durant la pause, depuis son arrivée récente dans l’entreprise. Nous avions encore un peu de temps devant nous avant de ré-attaquer, nous bavardions un peu.

 » – Oh que oui ! Je connais bien … ! A une epoque … »

Il marqua un temps d’arrêt, j’attendais la suite. Il s’alluma une cigarette, puis jeta un oeil aux alentours afin de s’assurer que les collègues n’étaient pas encore rentrés de pause, puis poursuiva :

 » – A une epoque, lorsque je faisais des choses pas très bien ! »

Je lui répondis d’abord par un large sourire avant de lui expliquer que j’avais compris de quoi il voulait parler. Le Café Aya, ou plutot, les deux cafes Aya sont situés en plein dans Kabuki-chô (tout comme l’entreprise aussi d’ailleurs). Ce dont les guides touristiques  nomment avec facilité « quartier des plaisirs ». Je ne sais pas si c’est vrai mais on m’avait dit un jour qu’il y avait la plus de 5000 filles qui exercaient dans ses clubs à hotesses, ses pink-salons, ses deli-health, ces kyabakura, ses salons de massage, ses soap-land, ses … Je ne sais quoi encore. Konnori, t’es un vrai coquin !

« – Kabuki-chô, c’est vrai, c’est aussi ça … Mais c’est aussi, la dope ! »

Alors il me raconta qu’avec sa copine, avant d’aller danser en club sur de la techno ou de la transe, ils fumaient de temps en temps de la Marie-Jeanne mais c’était surtout la coke et puis l’exta également qu’ils prenaient en couple.

« – A Kabuki-chô, on trouve de tout, d’ailleurs la plupart des filles qui s’y prostituent se droguent ! »

Il m’expliquait également qu’autrefois beaucoup de cette came provenait de Coree du Nord mais depuis quelques temps, depuis que la tension à fortement monté entre les deux pays, c’est surtout de Chine que ça arrive.

Konnori (*) et son amie ont tout arrêté du jour au lendemain. D’abord parce que lui, n’assurait plus du tout au travail et puis aussi parce qu’ils voudraient se marier.

« – En plus, son père est flic, tu vois un peu, valait mieux arrêter ! »

Il travaillait il y a peu dans la boîte à Ginza qui s’est faite racheté par notre entreprise et a été muté à Shinjuku, a Kabuki-chô, à deux pas de là où il prenait autrefois sa dope dans un café, le café Aya !

Konnori, n’y a jamais remit les pieds. Moi, pendant ma pause, j’y observe cette faune du quartier des plaisirs. Qui s’y arrête boire un café a 180 yen, qui accessoirement s’y maquille, s’y coiffe, … Tout en feuilletant le Playboy du mois passé. J’y ai vu aussi, une descente de flics en civil, controlant l’identité de certaines jeunes filles, des jeunes filles habillées comme des putes. Il semblait vérifier l’origine de ces filles.

 

(*) Le prenom a ete changé

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2 Commentaires

Classé dans Coffee and cigarettes, les gens

2 réponses à “Coffee and cigarettes : Café Aya

  1. Kabuki-cho, éternelle errance de la dépravation.

    J’aime toujours autant.

    On prévoit une sortie ?

    Clarence, débauché notoire

  2. yosh'

    hum hum, omoshirosou… je note pour le prochain voyage (je dois vraiment emmener ma femme avec moi ???) LOL

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