Un été à Kusatsu-onsen

J’étais parti, parti en vacances, une journée. Dans le département voisin un peu plus au Nord. A Gunma et pas très très loin de Ikaho ! Par le passé, il nous était arrivés de prendre la voiture, le dimanche midi avec pour seule motivation, de se retrouver dans un petit port de Normandie autour d’un plateau de fruit de mer. Dans un restaurant au cadre un peu vieillot mais dont le Musacadet s’accorderait à merveille avec l’ambiance du lieu … Avec la mayonnaise et le pain de seigle également.

Nous avons fait de meme, ce jour-là. Sauf que le but de notre expédition éclair fut de se baigner dans ces eaux réputées à travers tout le Japon. Des eaux qui soignent de tout ou presque. Un été à Kusatsu-onsen, carte postale :   

Après l’autoroute, après la montagne, ses cols et ses lacets, ces quelques arrets-minutes dans ces rest-houses (a Gunma aussi, tout comme Saitama, soba-udon est la principale spécialité culinaire) Kusatsu c’est aussi une petite station de sports d’hiver, donc avant le bain, et pour faire plaisir à la petite on se fatiguera sur une heure de location de luge à roulettes, avec remontée mécanique illimitée !

Enfin le bain, que l’on aperçoit après quelques minutes de marche à travers un petit sentier boisé. Un des plus grand rotenburo du Japon, en pleine nature. Le spectacle doit être magnifique en automne ou mieux, en hiver sur ce flanc de montagne recouvert de blanc. Le spectacle est aussi pour ces demoiselles qui peuvent observer l’anatomie des baigneurs, malgré la palissade qui ne cache pas grand chose. Le contraire étant impossible, le bain des femmes etant quant à lui mieux protégé.  Si pour cause des congés d’Obon la route jusqu’à Kusatsu-onsen était plutot chargée, si le centre-ville que l’on parcourera un peu plus tard à pieds l’était également, le rotenburo de Sainokawara ne bénéficie pas du même succes et c’est tant mieux ! Quelques petits vieux et quelques jeunes, visiblement les familles préferent le confort des bains de Kusatsu des hotels.      

On poursuivera la promenade, toujours en empruntant ce petit sentier boisé qui offre quelques « attractions » rythmant le parcours. Ici, une source d’eau chaude qui à la particularité de bouillonner seulement à l’abri des regards des visiteurs et qui se fait « discrète » le reste du temps. La un jinja qui propose des sels minéraux qui ont la propriété de rendre heureux, il suffit simplement d’introduire 200 yen dans le tron prévu à cet effet. Finallement le Japon, c’est vrai, c’est pas cher ! Et puis, tous ces petits plans aménagés le long de la Yukawa permettant de relaxant bains de pieds grâce à ces sources d’eaux très chaudes tempérées par celle de la rivière.

Au bout de ce sentier,  nous suivront ces touristes vêtus du yukata de leur hotel qui flanent en lechant les vitrines des boutiques de souvenirs et d’artisanats locaux. Pas de doute, en empruntant nous aussi ce chemin, nous atteindrons le centre-ville touristique de notre séjour. De toute façon cela ne pouvait être l’autre rue, tout aussi étroite ou un vieux panneau ayant subit les attaques du temps et des saisons indiquait « Tokyo« . Ce « spot » me plongeait dans un autre univers faisant appel à des références propre à ma culture. A cet endroit, j’y voyais les premières cartes « Michelin », des stations-services « Antar », des panneaux d’indications en ciment, des Simca 1100 … Et puis ce petit restaurant de fruits de mer un peu vieillot qui donnait directement sur ce port Normand dont le Muscadet bien frais allait avec tout.

Dans ce centre-ville qui a vu défiler des générations et des générations de Japonais en Yukata, ca mitraille, le signe « peace » en sus, parce que c’est la règle, devant la cascade du Yûbatake, ou le champ d’eau chaude qui est l’attraction N°1 de la ville. Un petit écriteau nous apprendera que Kusatsu onsen fait partie d’un ensemble de lieux touristiques sélectionnés pour leur odeur particulière. Il y en a ainsi à travers tout le Japon, je ne connais pas ces autres lieux. Ici, ca sent assez fortement le souffre.

Un dernier brin de causette, un dernier bain de pieds, oui-oui c’est plutot chaud !

Un dernier regard sur ce champ d’eau chaude. Système ingenieux permettant le refroissiment de l’eau sans ajout d’eau de rivière, que les hotels puiseront pour nourrir leurs bains.

 

Tolérance zéro quant à l’alcool au volant, j’aurais pourtant tant aimé m’avaler une bière bien fraîche avant de prendre la route, avec quelques brochettes dans cet izakaya qui semble faire partie du patrimoine local. Au pied de la cascade, les yakitori de cet autre petit magasin sont délicieux, plutôt étonnant dans un tel endroit, envahit par les « obonistes ». Comme cette brochette de langue de boeuf savoureusement grillée comme il le faut.  Un peu plus loin, il y a la queue pour manger un onsen-tamago, un oeuf mollet mais cuit à l’eau chaude de Kusatsu. 120 yen.  

On peut à présent commencer a penser au retour. Il nous faut retrouver la voiture. On rentrera par la route 145 puis 353 et enfin 17 jusqu’a Shibukawa d’où on prendra l’autoroute en direction de Tokyo. La prochaine fois, on y passera une nuit. En périphérie, un vieil hotel affiche des tarifs hors du commun : la nuit à 3000 yen… 

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5 Commentaires

Classé dans CartePostale

5 réponses à “Un été à Kusatsu-onsen

  1. il ne manque plus que l’odeur et le son, et on s’y croirait !!!

    merci beaucoup !!!

  2. Pour les « environnements aromatiques » du Japon, il y en a en effet cent, qui ont été sélectionnés, après un grand recensement national. La liste en a été publiée par le ministère de l’environnement japonais en 2001. J’en parle dans ce billet http://furoshiki.wordpress.com/2008/03/23/japan-100-aromascapes-scented-landscapes/ , où une dizaine sont illustrés plus précisément. Mais cela mérite d’être poursuivi. Merci pour ton billet sur Kusatsu-onsen que je n’avais pas cité.

  3. tamother

    Ah j’en rêve !!
    Merci pour le voyage.

  4. Eva

    Tes photos sont magnifiques !

  5. Yosh, pour l’odeur … C’est un peu comme un oeuf qui daterait un peu. Il est donc facile de recreer l’ambiance olfactif de ce billet depuis chez soi !

    Merci bien Furoshiki pour ta petite explication complementaire quant a ce recensement « aromatique » du Japon.

    Eva, merci beaucoup mais n’exagerons rien tout de meme !

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