Archives mensuelles : février 2008

Coefficient 4

« – Ne serait-il pas préférable que vous ne différiez votre voyage en France d’une dizaine de jours ? » 


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Deux-trois jours durant, c’est la tête baissée, la démarche lente et les yeux mouillés qu’elle rentrait de l’école. J’avais fini par comprendre que la raison de cet état avait pour nom Nawatobi, le saut à la corde. J’avais un peu rit avant de lui dire qu’il y avait dans la vie, des choses bien plus importante que de savoir sauter à la corde. Lumika ne semblait pas convaincue par mon discours, j’essayais alors d’en savoir un peu plus en commencant par me renseigner sur l’attitude de ses camarades. Ceux-ci se moquaient-ils d’elle ? Non, au contraire, apparemment, ils l’encourageaient tous à reussir des aya-tobi, des oshiro-tobi, des kenken-tobi, des oshiro-aya-tobi ou encore des buiji-dome

Quelques jours plus tard, Noriko me dit qu’elle rencontra Madame Misawa, la maîtresse de Lumika au sujet de Nawatobi. Lumika était la derniere de sa classe « en saut à la corde » mais aussi en Koma-mawashi, le lancer de toupie. Elle ajouta dans la foulée que, comme elle commençait à faire quelques progrès visibles, il était ainsi peut-être préférable de différer de quelques jours ce voyage en France qu’elles doivent faire toutes les deux, quelques temps avant la fin de l’année scolaire (en mars).

« – Tu étais fort toi, en Nawatobi à l’école ? »

Je compris donc, en discutant avec Noriko que ce qui était, à l’epoque où j’étais un tout jeune marmot, « un sport de récré » était sous ces latitudes, une veritable matière scolaire de cours primaire ! Alors, le soir même de notre discussion, je filais au 100 yen shop du coin afin d’équiper toute la famille en cordes à sauter et en toupies et dès le lendemain matin, juste apres le petit-dejeuner nous nous entrainions pour l’examen final. Le papa du petit Haru-kun se joindra à nous. Lui il était sacrement balèze en koma-mawashi.

Lumika reussit de justesse son examen et pourra donc partir à moindres frais pour Paris dans quelques semaines, avant que les prix eux aussi ne s’envolent.

 Plus! Dans la meme « collection » :

Rentree des classes, les 2 jours J (avril 07) – ; – Sauterelles squatteuses (juillet 07) – Histoires naturelles (juillet 07) – ; – Des p’tits ronds avec Madame Misawa (septembre 07)

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Classé dans Les enfants

Après la tempête

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Il fait encore bien froid ma p’tite dame. C’est pas encore le Printemps, mais le vent très fort de ces derniers jours, celui la même qui nous a « arroser » de kôsa, ce sable ocre-jaune qui vient de Chine a aussi chasser ces nuages bas. Ainsi, cela faisait un petit moment que l’on ne pouvait le voir a travers la vitre du wagon de queue, comme presque chaque matin d’hiver ou depuis la bypass 254 aussi, lorsque l’on vient de Saitama-Shintoshi en direction de Kawagoe. Il y a quelques spots intéressants à Fujimi-shi (litt. fuji-voir) pour contempler le symbole Fuji-san même si je préfère la place confortable d’un shinkansen pour capturer le célèbre mont.

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Le quartier qui s’éveille, Fuji au levant et Fuji au couchant

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Classé dans Four Seasons, meteo

100 ans

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Pas exactement pris du même endroit, pour cause de constructions nouvelles depuis le temps, vous imaginez bien ! Pas de datation précise non plus pour ce qui concerne la deuxième photo. On ne se trompera pas, je le pense, en estimant à une centaine d’année, l’espace temps entre ces deux photographies. La ligne Tôjô  hier et aujourd’hui, seul un temoin de ce passé subsiste. Le voyez-vous ?


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Department story : Ginza, c’est bath !

 « – Et m’ssieur Roban, il va toujours travailler à Ginza ? »

La « smoking-room » du deuxieme sous-sol de ce grand magasin tokyoïte, est l’endroit idéal pour causer avec moults personnages que l’on a pour habitude de croiser dans ces couloirs, docks de livraisons, vestiaires ou encore cantine du personnel, salle des frigos, bref ; toutes ces parties que la clientèle ne verra jamais … Aujourd’hui, le billet du jour, c’est avec ces messieurs, Mori et Naito, livreurs pour une grande compagnie de transports et logistiques que nous le passons. 

Cela fait de tres nombreuses années que notre couple vedette livre quotidiennement des gâteaux que ces dames de Ginza dégusteront avec un coffee blend à un étage élevé de ce department store.

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Ce dimanche dernier, je leur avais dit que j’irais peut-etre au mois de mars, m’occuper de l’ouverture d’un nouveau point de vente prévu a Ikebukuro, situé également dans un grand magasin. C’est en choeur qu’il me feront un petit « sightseeing-Tokyo-tour » facon Mori et Naito :

« – Aaaah ! Mais pourtant Ginza, c’est ce que l’on fait de mieux au Japon ! Tu ne vas tout de meme pas aller à Ikebukuro ! »

Me dit l’un avant que son compère ne renchérisse. Visiblement, j’avais à faire à des fans de Ginza :

« – Oui, à Tôkyô, que dis-je au Ja-pon ! C’est Ginza le top. Partout ailleurs, c’est gucha-gucha. Ikebukuro c’est gucha-gucha. »

« – Oui ! Ikebukuro, c’est gucha-gucha mais Shinjuku aussi, c’est gucha-gucha, Ueno ou encore Shibuya c’est gucha-gucha !

Ne pouvant en placer une, sur le fait par exemple que Ikebukuro était plus proche de mon domicile. Je reussirais finallement a clore cet inventaire des quartiers de la capitale fournis en grands magasins. En m’inquiétant sur la raison pour laquelle je n’avais pas vu mes deux amis dans la matinée comme à l’accoutumée. 

 

« – Ah la la ! Ne nous en parle parle pas de ce marathon ! Quel bordel, impossible de traverser Ginza, ils avaient fermer tous les accès !

 

 

 

 

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Tokyoites – 9 –

Une rencontre furtive. Une banquette de train, une banquette de metro et les voyageurs qui y ont pris place pour un voyage a l’interieur de la Megalopole. Une petite plongee dans le vrai Japon de tous les jours en deux photos. Tokyoites.

On parle souvent de ces differences amusantes que l’on peut remarquer entre les deux grandes villes du pays, Tokyo et Osaka. Tiens ! Comme  par exemple sur un escalator ; a Tokyo on se laisse transporter en se rangeant sur la file de gauche alors qu’a Osaka, c’est en se placant sur la file de droite qu’on laisse ses contemporains presses gravir les marches de l’escalier mecanique.

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On dit aussi que, si a Tokyo on somnole dans le train ou le metro, le plus souvent la tete en avant ; a Osaka, pour faire partie du paysage, c’est la tete en arriere que l’on s’abandonne sur la banquette.

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Par contre, je remarque une petite faute de gout sur notre deuxieme personnage : Si la casquette est assortie a la banquette, elle ne l’est pas avec la jacket. Tsouin-tsouin !

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Capsule et sauna

Il finira bien par me donner mal à la tête celui-ci, à force de répéter continuellement au micro qu’il s’agit du dernier train pour Narimasu – omnibus qui plus est – le conducteur de queue de la rame. Narimasu, dernière gare Tokyoite de la ligne Tôjô avant Saitama. Peut-être presque 20 kilometres avant mon arrêt habituel. Comment avais-je pu oublier que le week-end, les trains se couchent plus tôt ! J’étais donc parti pour passer une nouvelle nuit dans un de ces mangakissa qui, à cette heure-ci, accueille une clientèle constituée majoritairement de gens qui tout comme moi, ont laissé filer leur dernier train. Ceci dit, cela ne colle t-il pas parfaitement avec l’actualité de mon journal ? J’en parlais déjà, il y a deux jours de ces lieux. Comme cela est bien fait. Mais je m’en serais bien passé.

Cependant, à l’approche du terminus, j’aperçus et ce pour la première fois, alors que je passe très souvent par cette gare, une enseigne-néons bleue située sur un batiment moderne qui allait finallement changer mes plans pour la nuit : « Capsule et sauna« .

 

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« Capsule et sauna » ! Apres tout, je n’avais encore jamais testé cette formule d’hotellerie. C’était l’occasion et je dois dire que cela m’a bien amusé en fait. J’allais donc passé la nuit dans un hôtel-capsule.

3500 yen la nuit dans une des capsules, moitié moins cher qu’une chambre classique du 2ème étage (6800 yen). J’aurais bien aussi pu dormir dans cette grande salle du 3ème étage ou une vingtaine de lits se cotoyaient (1575 yen) mais je tenais à mon espace … en polypropylène. La réception, que l’on accède directement par un ascenceur, car située au 4ème étage, ainsi que les vestiaires et enfin le sentô ou je me prélasserai rapidement. Je finis par rejoindre, en yukata de l’hotel,  le 1er étage ou m’attendait mon « lieu » pour la nuit. 

Il y a quelques va-et-vients dans les couloirs de l’établissement. Personne ne porte attention à mon étrangeté, personne ne me regarde dans les yeux comme cela l’aurait été dans un hotel classique. Je me joindrais dans le mini-salon-bibliothèque réservé aux « clients capsules », à un homme d’a peu près le même âge que moi. Il lit avec passion, un des tomes d’une manga qu’il a du certainnement lire à plusieurs reprises. Il y a un aussi un distributeur de bières et de nihon-shu à proximité. Ce soir ça suffit, c’est bien à cause de cette soirée alcoolisée que je me retrouvais ici. Je m’allumai une cigarette avec un café en cannette et après ce sera au lit. Sur l’étagère il y avait « battle Royal » en manga, que je remarquai alors que je feuilletais rapidement le Playboy du mois.  

Dans ma cabine, un peu par automatisme, je passai en revue les programmes de la nuit des chaines de TV, mais le petit haut-parleur situé a hauteur d’oreille ne me permet pas de capter grand-chose de ce qui s’y dit. Un peu par curiosité, j’insérerai également 100 yen dans le boitier qui me permettra de visionner dix minutes des programmes de Yellow Cherry TV. Ce coup-ci, je trouvais que le son diffusé par le petit haut parleur était trop fort, tout comme celui que fit la piece en tombant dans ce boitier métallique, je ne rajouterai pas d’autre pièce. A gauche, en bas, peut être à droite aussi, ça ronflait mais l’heure tardive me permit néanmoins de trouver le sommeil.

C’est peut-être cette promiscuité qui me procura les sensations d’un voyage lointain. Un voyage que je mis fin, assez tôt le matin en attrapant un train qui me ramènera enfin chez moi, depuis la gare voisine d’à peine deux minutes de marche.

 

 

 

Plus! Par ici le Lien wikipedia

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Coffee and cigarettes : BLD

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Ma voisine de gauche, s’était installée sur la banquette. Après avoir commandé un café-filtre, elle se leva et alla chercher une couverture sur une étagère. Une couverture qu’elle posa sur ses genoux. Elle ouvrit son livre et je ne revis plus ses yeux. C’est sûr, c’était une habituée des lieux.

Archi-commerciale :

Je cherchais sur admirable-design, un vieil article que j’avais consulté par le passé sur ce que pourrait être le commerce de proximité parisien re-dessiné par des designers spécialisés en architecture commerciale. L’Arabe du coin revisité en somme. Cela parce que je suis persuadé qu’au pays des conbini et des supermarchés 24h, il y a forcement de la place pour des épiceries de ce type. Un commerce où la dimension sociale prendrait le dessus sur le formatage ridicule et robotisé de ses employés. Je le remarque depuis que justement, je travaille dans le commerce au Japon. Une grande part de ma clientèle cherche avant tout, à communiquer avec moi ou avec le staff japonais. Certains s’y arrêtant même pour discuter durant un bon quart d’heure. L’achat de biens, étant presque un prétexte. Je m’étais donc perdu dans les archives de ce site à la recherche de cet article, lorsque je fus attiré par le titre d’un billet daté de janvier 2007 qui attisa ma curiosité  : « Masturbation shop ou sex design ». Il est vrai que l’on en parle pas souvent du business du cul sur Internet  Du business, hein ! Parce que du cul, ca on en trouve ! Avant de poursuivre la lecture de ce billet, je vous invite donc a lire Masturbation shop ou sex-design  …

Le Japon, c’est trash !

Tout est donc possible dans ce pays. Vous avez raison, tous les concepts inimaginables ou les plus fous peuvent en effet trouver leur clientèle dans ce pays. Oui, presque ! Le Japon c’est trash et c’est surement pour ne pas épuiser le mythe du pays ou l’on mange des sushi sur des corps de femmes nus, du pays ou les distributeurs de petites culottes usagées de lycéennes sont légion, que le site Admirable design nous a pondu au début de l’annee 2007, ce papier. Allons bon, le pays aurait donné naissance à une chaine qui se serait spécialisé dans le plaisir solitaire de sa clientèle. Des boutiques pour branleurs ? Je ne connaissais pas cette chaine répondant au nom de Takarashima24, pour ma part, je prefere Create. Peut-etre parce que j’y ai ma carte de membre, ce qui m’évite d’avoir à remplir à chaque fois un formulaire d’enregistrement. Car oui ! Il m’est arrivé quelques fois … De voir s’éloigner mon dernier train depuis le quai de la gare quasi-vide et d’être ainsi bien heureux de trouver un mangakissa qui me permettra de passer la nuit au chaud avec une connection à Internet (entre autres) pour quelques 1000 yen la nuit. Car si Takarashima24, la chaine mentionnée dans ce site francophone du design et du marketing a developpé une offre érotique plus importante que ses concurrents dans son catalogue de DVD, de magazines ou de manga, il s’agit bel et bien d’une chaine de mangakissa comme les autres et non d’un nouveau concept de sex-shop spécialisé dans la branlette ! Si l’on peut bel et bien se masturber dans ces petites pièces privées (après tout, pourquoi pas !) on fréquente ce genre de lieu parce que l’on a loupé son train, pour y passer le temps en lisant des manga tout en buvant (a volonté) des boissons, on peut y jouer à des jeux videos, y regarder TV et DVD, les plus modernes sont mêmes équipés de salles de douches ! Pour ceux qui chercheraient néanmoins à visiter des boutiques spécialisées dans la masturbation, alors je ne saurais trop leur conseiller de se rendre dans les magasins de « vidéos » à consulter sur place ou bien dans ce que l »on appelle aussi les « relaxation club » mais ne mélangeons pas tout !

Comment, dans un site qui se voudrait des plus sérieux, un pareil article puisse y avoir été publié? Un article ecrit par un Japonais ! C’est un cannular ! Dites … ?  (bande de branleurs !)

Billet, pre-maché au BLD, autour d’un cafe : 

Je m’étais promené dans l’arrondissement populaire d’Arakawa. A quelques pas de la station, j’avais franchit la porte de cette boulangerie qui possede « au fond » une salle de café. Un café espresso à 360 yen et quelques viennoiseries. Des mamies qui discutent et une jolie voisine plongée dans ses lectures. Le café n’était pas super bon mais le lieu fort sympathique.

Plus! BLD ou le Bateau Lavoir Dining à 3mn de la station Odai sur la Toden Arakawa line  

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